Délibéré le 19 mai dans l’affaire Lhomme-Davet

mercredi 18 mars 2015

Déjà renvoyé deux fois, le procès en diffamation intenté par l’ancien président du Pays Gaston Flosse contre les journalistes du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, a finalement été évoqué, hier, devant le tribunal correctionnel de Papeete.
Le leader du Tahoera’a Huiraatira avait déposé plainte contre les deux journalistes d’investigation après la publication par le quotidien, le 13 mars 2013, en pleine campagne électorale des territoriales, d’un article sur les évolutions de l’enquête dans l’affaire de la disparition du journaliste et opposant politique Jean-Pascal Couraud. Un livre, L’homme qui voulut être roi, sortait en librairie une semaine plus tard.
Intitulé L’enquête sur la mort d’un opposant à Gaston Flosse relancée et illustré par une photo de Gaston Flosse entouré de ses avocats, l’article de nos confrères avait vivement fait réagir l’ancien président, les accusant de faire l’amalgame entre cette affaire toujours à l’instruction, dans laquelle il n’est pas mis en examen, et son exercice du pouvoir à l’époque.
Le parquet n’a pris aucune réquisition, hier, à l’issue des débats, “s’en rapportant” à la décision du tribunal.

“La liberté de la presse, une liberté supérieure”

Le ministère public avait requis un non-lieu dans ce dossier en mars 2014, estimant que la présentation juxtaposée de la disparition de JPK en 1997, sa mise sous surveillance par le GIP de Gaston Flosse à la même époque et les allégations incertaines de l’ancien membre du GIP Vetea Guilloux n’étaient pas “suffisamment précises” pour constituer le délit de diffamation.
Le réquisitoire du parquet indiquait également que la liberté de la presse est “une liberté fondamentale” et qu’il “incombe” à la presse de communiquer des informations sur “toutes les questions d’intérêt général”.
Relayée depuis de nombreuses années par les médias, l’affaire JPK pouvait donc être considérée comme “intéressant un grand nombre de citoyens”.
Un argument repris hier par l’avocat des journalistes Lhomme et Davet, Me François Saint-Pierre, aux micros de leurs confrères de la presse locale : “Le Monde a enquêté pendant des années avec le plus grand sérieux sur Gaston Flosse, ses mandats et sur la vie publique en Polynésie. (…) Ces articles de Gérard Davet et Fabrice Lhomme n’ont pas d’autre but que d’informer la société de la façon dont fonctionnaient les institutions polynésiennes à l’époque de M. Flosse. Mon message est le suivant : nous ne cesserons jamais de publier des informations importantes sur des sujets d’intérêt public, dont doivent être informés nos concitoyens. La liberté de la presse est une liberté supérieure.” L’avocat a plaidé la relaxe.
De l’autre côté de la barre, l’avocat de Gaston Flosse, Me Quinquis, a défendu sa vision radicalement différente du dossier : “Il y a d’évidence diffamation. La personne qui est visée par cet article n’est absolument pas les deux GIP mis en examen (dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour assassinat dans l’affaire JPK, NDLR), mais bien M. Gaston Flosse. D’abord parce que le titre évoque le seul Gaston Flosse et que celui-ci est pris en photo. Il n’y en a que pour lui dans le dit
article.” 

Raphaël Pierre

 

LEPETANT 2015-03-19 07:36:00
L'aspect physique de GF sur la photo fait vraiment pitié. C'est notre lot à tous, quand nous serons vieux. Hélas, personne ne pourra y échapper.
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