Habillage fond de site

Bannière sur-titre PI

Délinquance routière – Des ateliers pour lutter contre la récidive

mercredi 14 juin 2017

contrôle routier alcool

En Polynésie, le taux de récidives des violences routières atteint les 40 %. (© archives LDT)

Le service pénitentiaire d’insertion et de probation de la Polynésie française innove. Ainsi, depuis novembre dernier et jusqu’en décembre 2017, des ateliers pour lutter contre la récidive des infractions routières ont vu le jour. Une première, en Polynésie, où le taux de récidives des violences routières atteint les 40 %. 

“L’objectif de ce programme, c’est de conscientiser les gens”, assure Lionel Lecomte, directeur fonctionnel du service.

“Souvent, les routiers condamnés ne se considèrent pas comme des délinquants. Ils pensent juste : je me suis fait sanctionner parce que j’ai été attrapé ! Ils n’ont pas conscience qu’ils ont dans les mains un objet qui peut donner la mort.”

Pour preuve, le tribunal correctionnel regorge, chaque semaine, de cas de récidives de violences routière.

“On est dans un travail expérimental. On va suivre quinze personnes, tous volontaires et tous récidivistes de conduite sous l’emprise de l’alcool ou du paka. Pendant leurs 18 mois de mise à l’épreuve, ils vont suivre, tous les deux mois, une journée d’ateliers avec des pompiers, des gendarmes et des juges.”

Ainsi, aujourd’hui a lieu le deuxième volet de ce programme inspiré des méthodes canadiennes, qui se déroule en cinq journées bimestrielles.

 

Une approche collaborative

 

Ces infractions touchent monsieur et madame tout le monde. “Dans notre atelier, on a une femme enceinte, un homme qui travaille, une femme âgée… C’est une délinquance qui touche toutes les couches de la population”, constate Lionel Lecomte.

“Pendant ces journées, on interroge les croyances et les valeurs des récidivistes. Comme : je suis un homme, je suis fort, je résiste à l’alcool. L’idée est de savoir comment la personne se représente son infraction pour en modifier sa perception, ce qu’elle considère comme “grave”, est-ce qu’elle mesure que conduire, c’est difficile.
On essaye de vraiment travailler sur ces croyances pour changer les mentalités. Et l’innovation, c’est que l’on a une approche éducative et collaborative. Il y a une sacrée différence entre la culpabilité et la responsabilité. La sanction est normale, mais il faut analyser le rapport à la loi pour donner du sens à cette sanction.”

Cette approche, utilisée au Canada mais aussi en Australie et en Angleterre, a fait ses preuves :  30 % à 35 % de ceux qui suivent ces ateliers ne récidiveront plus.

 

Claire Allavena

 

 

4
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Les extractions doivent-elles se poursuivre dans la vallée de la Papeno'o ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete