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Démineur, un métier sous haute tension

lundi 4 mars 2019

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Ils ne sont que six mais c’est sur cette sizaine que repose la sécurité du fenua en matière d’explosifs et de produits dangereux. Le GrIN, Groupement d’Intervention Nedex (Neutralisation, enlèvement, destruction des explosifs) est en veille permanente en Polynésie française. Exceptionnellement, l’équipe de démineurs, composée de quatre militaires de l’armée de terre, d’un militaire de l’armée de l’air mais aussi un de la marine, nous a ouvert ses portes pour dévoiler un pan de son travail localement. Un groupement interarmées très spécifique à la Polynésie française depuis 1984.

Ces hommes, qui participent à des opérations à hauts risques, aux quatre coins du globe où la France est engagée militairement, sont tous en poste en Polynésie française pour des périodes assez courtes.

À raison d’une moyenne de 25 interventions par an, les équipes Nedex en Polynésie française sécurisent là où la population pourrait se retrouver en danger. Deux missions leur sont le plus souvent confiées, toujours sur sollicitation du haut-commissariat.

 

Deux missions principales

 

La première, c’est la destruction d’engins explosifs datant d’anciens conflits. Et la Polynésie, loin du théâtre barbare européen des guerres mondiales du début du XXe siècle, renferme dans sa chair quelques vestiges qui refont parfois surface. Des bombes encore plus vieilles datant de la fin du XIXe sont aussi régulièrement retrouvées. Des munitions oubliées par les descendants de collectionneurs décédés sont aussi retrouvées, parfois.

Pour la population, les consignes sont alors très claires : on ne touche plus à l’objet. On prévient mutoi et gendarmes, qui vont sécuriser la zone et, sur demande du haut-commissariat, les équipes Nedex interviennent. Obus, grenades et vieilles munitions sont alors détruites sur place, lors de procédures calibrées au millimètre. Une fausse manipulation sur un engin explosif, aussi vieux soit-il, et c’est la vie du démineur et peut-être celle des populations voisines, qui est en jeu.

Les autres missions sont principalement tournées sur ces colis oubliés, dans les aéroports ou des lieux stratégiques et qui, en raison de la triste époque qui est la nôtre, ne peuvent pas être considérés comme des objets sans importance.

Si tata Jacqueline oublie sa valise à l’aéroport, avec téléphone portable, clefs et autres pièces de métal ou de plomb, ce sera la perte totale ou presque. Non pour le plaisir de faire sauter des objets, mais parce que les démineurs, loin de ces têtes brûlées dont la vie se borne à choisir entre le fil rouge et le fil bleu dans les séries Z, ont d’abord pour tâche de protéger la population.

Et pour cela, il faut éliminer les doutes. Si, après visualisation par un robot et radiographie, des doutes subsistent sur ce que contient une valise oubliée, cette dernière sera neutralisée comme un objet pouvant détenir une bombe.

« La priorité, toujours, c’est la sauvegarde des personnes et des biens », confie l’un d’entre eux, lors d’un exercice à Arue.

Enfin, d’autres missions font aussi partie de leur quotidien. Ils seront, par exemple, prochainement en charge de la sécurisation des accès lors de la venue du président Macron, en décembre, en Polynésie française.

 

Protéger et rester en vie

 

La vie de démineur est spéciale. À chaque intervention, c’est un gros risque qui se joue. Aussi, même en Polynésie, pour une valise oubliée ou un vieil obus rouillé, les mêmes gestes sont répétés. Pas de routine, pas d’endormissement, pas d’habitude et entre deux interventions. Le travail, toujours.

Révision des différents projectiles, des techniques de désamorçage de bombes artisanales, mise à niveau avec les nouvelles technologies, entretien du matériel… Leur vie dépend avant tout de ces gestes, dont la précision est justement faite pour protéger la population.

« C’est sûr. Nos compagnes sont inquiètes quand nous sommes sur le terrain, mais on leur ment et on dit que tout va bien », explique un démineur, qui a choisi cette voie par amour de la technique et de la patrie.

Bertrand Prévost

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