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Dengue 2 : pas de nouveau cas, mais toujours en alerte

mercredi 6 mars 2019

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Pas de cas secondaire au cas importé de Nouvelle-Calédonie. Les opérations de pulvérisation et de sensibilisation vont peut-être porter leurs fruits.

 

Trois semaines après les pulvérisations d’insecticide dans le quartier Pugibet à Mahina aucun cas secondaire n’a été déclaré. En raison des temps d’incubation, chez l’homme et chez le moustique, il faut attendre jusqu’au 23 mars pour être certain que le cas importé par un touriste calédonien n’a pas fait d’autres malades.

La rapidité de l’intervention de l’équipe de lutte anti-vectorielle à Mahina aura-t-elle permis d’empêcher le virus de la dengue 2 de se répandre dans la population ? C’est encore un peu tôt pour le dire. Mais depuis la découverte d’un cas importé de Nouvelle-Calédonie par un voyageur calédonien, aucun cas secondaire n’a été signalé dans le quartier Pugibet où il a séjourné, ni ailleurs sur le fenua.

Il ne faut pourtant pas encore crier victoire. Car l’alerte ne sera levée que le 23 mars. C’est le temps qu’il faut pour dire que le virus ne circule plus dans le sang d’un humain ou d’un moustique. Il faut en effet compter 45 jours avant de dire que le touriste calédonien n’a finalement pas déclenché une épidémie.

Arrivé pour une mission au cours de la deuxième semaine de février, l’homme a manifesté la maladie au cours du week-end, et a été hospitalisé. Il était infecté par le virus depuis plusieurs jours. La période d’incubation intrinsèque chez l’homme – période avant laquelle on devienne malade – peut varier entre 3 et 7 jours. En devenant malade, il est également devenu contagieux pour les moustiques. En réalité, la période de virémie – période au cours de laquelle le virus circule dans le sang – débute même la veille ou l’avant-veille de l’apparition des symptômes. La phase virémique peut durer entre quatre à huit jours.

 

Incubation aussi chez l’insecte

 

Bien que le touriste ait été mis à l’isolement à l’hôpital, il a pu fort bien être piqué par des moustiques et transmettre son virus. Voilà pourquoi il était important de tenter de tuer tous les moustiques adultes dans la zone de son hébergement, dans le quartier Pugibet, à Mahina. Le 12 et le 15 février, des pulvérisations ont été organisées et des pièges posés. Le service de lutte antivectorielle, en partenariat avec la commune, a également conduit des opérations de dégitages et d’informations pour s’assurer que la population de ce secteur se signale en cas de symptômes. Une nouvelle période d’attente était ouverte, car comme pour l’homme, le moustique subit également une période d’incubation extrinsèque – période au cours de laquelle le virus se multiplie dans l’insecte – qui peut durer entre trois à dix jours. Avant que le virus ne gagne les glandes salivaires, le moustique ne peut pas transmettre la dengue. Au terme de l’incubation, la transmission du virus est alors possible.

 

Importation de nouveaux cas possibles

 

Pour ainsi dire, l’insecte porteur du virus était opérationnel à la mi-février. Et si un moustique infecté a piqué un humain, les premiers cas secondaires auraient dû se manifester la semaine dernière. Ce n’a pas été le cas. Mais c’est oublier un peu vite que le moustique va rester contagieux tout le reste de sa vie, soit trois semaines. S’il n’a pas encore piqué et transmis le virus, rien ne dit qu’il ne pourra pas le faire en ce début mars. Jusqu’au 23 mars, tout est encore possible.

Au bureau de veille sanitaire, on se veut prudent. Le dernier bulletin des services de santé en Nouvelle-Calédonie fait état d’une progression du nombre de cas. Et si le cas de Mahina ne débouche pas sur des cas secondaires, l’importation de nouveaux cas n’est pas à exclure avec un vol par semaine entre nos îles. La prudence est de mise.

LDT

 

 

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Le cycle de transmission virale. (Crédit : DR)

 

 

 

« Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle importation »

Docteur Marine Giard, responsable du bureau de veille sanitaire

 

Quinze jours après les pulvérisations, que peut-on dire ?

Nous sommes toujours en période l’alerte jusqu’au 23 mars. Pour calculer cette période d’alerte, on prend en compte les périodes d’incubation intrinsèque et extrinsèque, chez le moustique et chez l’homme, pour voir jusqu’à quand on peut avoir des cas secondaires issus de ce cas importé.

Il n’y a pas eu de nouveau cas ?

Non, il n’y a pas eu de nouveaux cas à Mahina, ni ailleurs.

Les actions ont été utiles ?

On a fait ce qu’il y avait à faire. Il y a eu des pulvérisations à deux reprises dans la zone concernée à Mahina. Il y a eu du porte-à-porte pour effectuer du dégitage, pour effectuer une recherche de cas. Nous avons demandé aux gens s’ils étaient malades et on leur a rappelé de consulter rapidement s’ils étaient malades. Enfin, d’une façon générale, parce qu’il y a de la dengue 2 en Nouvelle-Calédonie, et de toute façon depuis deux ans en Polynésie, on recherche le type tous les cas de dengue pour lesquels on fait un diagnostic. On fait une surveillance renforcée, ce qui nous permettrait de dire qu’il y a un nouveau cas de dengue 2 le cas échéant.

Il faut continuer à faire la guerre aux gîtes ?

Même en dehors des périodes d’alerte, il faut toujours continuer à faire la guerre aux gîtes. Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle importation. Nous avons un avion par semaine qui arrive de Nouvelle-Calédonie. On est aussi toujours en saison des pluies. Il faut aussi être vigilant sur la survenue des symptômes, que les personnes consultent pour qu’on puisse faire le diagnostic et donner l’alerte.

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