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Dengue de type 2 : Mahina, Papara et Faa’a en alerte

mercredi 10 avril 2019

Les autorités espèrent agir efficacement avec les pulvérisations. Si l’épidémie devait vraiment se déclarer, les pulvérisations perdraient alors de leur intérêt. (© archives)

Les autorités espèrent agir efficacement avec les pulvérisations. Si l’épidémie devait vraiment se déclarer, les pulvérisations perdraient alors de leur intérêt. (© archives)


Le Pays tente d’endiguer le risque d’épidémie de dengue de type 2. Face aux premiers cas, des pulvérisations d’insecticide sont organisées à Papeete. Aux doses utilisées, la deltaméthrine est “sans danger pour l’homme”.

Si on s’expose au soleil toute l a journée, mieux vaut porter chapeau et t-shirt. Si ce n’est que pour quelques instants, ça n’est pas nécessaire…
C’est le même raisonnement qui justifie que les agents du Centre d’hygiène et de salubrité publique (CHSP) portent des combinaisons de protection, alors qu’aucune mesure particulière n’est demandée aux habitants des quartiers concernés.

“Nos agents se protègent contre les insecticides. C’est normal et préconisé par la législation”, explique Stéphane Loncke, entomologiste médical du CHSP, en charge de la lutte contre les vecteurs de maladies. “C’est leur métier. Ils sont beaucoup au contact du produit pendant les pulvérisations successives, mais également durant la préparation, lorsque le produit est encore concentré. Je comprends les inquiétudes de certains, mais elles sont injustifiées.”

La toxicité d’un produit est en effet liée à la molécule elle-même, à sa concentration et à la fréquence à laquelle on est exposé. Ce qu’un médecin suisse du XVIe siècle, Paracelse, a résumé par une phrase devenue célèbre : “Tout est poison et rien n’est poison. C’est la dose seule qui fait le poison”.

La deltaméthrine appartient à la famille des pyréthrinoïdes de synthèse. À l’origine, il s’agit de molécules naturelles tirées de certains chrysantèmes, puis l’industrie en a modifié certaines pour améliorer leurs propriétés, leur efficacité. La deltaméthrine est utilisée dans tous les Outre-mer. Au dosage pratiqué, elle ne présente pas de danger pour l’homme. “Elle est en revanche toxique pour les insectes, et c’est bien pour cela qu’on l’utilise, et qu’il faut protéger les abeilles”, souligne l’entomologiste.

 

Pas de molécule alternative

 

Pourquoi utiliser ce produit en particulier ? “La deltaméthrine est préconisée par les instances internationales, notamment l’Organisation mondiale de la santé, pour ce type de démoustication qui n’a rien de spécifique à la Polynésie française”, indique Stéphane Loncke. “Nous préférerions varier mais il n’y a pas d’autre choix, et cela ne nous arrange pas. Parce qu’à utiliser toujours la même molécule, on accélère l’apparition de résistances.” Et pas seulement du fait des services sanitaires qui utilisent le produit de manière restreinte et à faibles doses.

Les particuliers, avec leurs bombes anti-moustiques ou leurs tortillons, utilisent en effet aussi des molécules de la famille des pyréthrinoïdes. La deltaméthrine est utilisée à la dose d’un gramme à l’hectare. “Pour donner une idée, ça fait une cuillère à café de substance active pour dix terrains de foot”, précise le technicien du CHSP .

La dilution est telle que l’efficacité est très peu durable. Le principe est de mettre en suspension un nuage aérosol, avec des toutes petites gouttes calibrées entre 8 et 15 microns. “L’objectif est que les moustiques, pendant leur période d’activité, percutent ces gouttelettes et meurent. L’intérêt, c’est qu’il s’agit de moustiques potentiellement porteurs du virus”, précise Stéphane Loncke. “En revanche, ça ne touche pas les larves dans les gîtes parce que la dose de deltaméthrine est très insuffisante pour cela.”

Aussi bien pour le cas importé à Mahina que pour le cas autochtone à Papeete, il s’agit d’un faible nombre de personnes dans un périmètre limité. Les autorités espèrent agir efficacement avec les pulvérisations. Si l’épidémie devait vraiment se déclarer, ce qui est dorénavant probable, il y aurait multiplication des humains porteurs du virus. Les pulvérisations perdront alors de leur intérêt.

 

Damien Grivois

 

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Stéphane Loncke, entomologiste médical du Centre d’hygiène et de salubrité publique : “Une cuillère à café de deltaméthrine pour dix terrains de foot”. (© Damien Grivois)

alerte dengue

 

Programme des pulvérisations à Faa’a

Le service du centre d’hygiène et de salubrité publique (CHSP) informe les habitants de la commune de Faa’a qu’un nouveau cas de dengue 2 autochtone a été détecté. Cette personne réside à Mahina mais travaille dans la commune.

Des opérations de lutte contre les moustiques seront menées par le CHSP. Leur passage pour les pulvérisations d’insecticide est prévu à 6h du matin, ou repoussées au lendemain en cas de pluie selon le programme suivant :

  • jeudi 11 avril 2019

  • lundi 15 avril 2019

  • jeudi 18 avril 2019.

Le secteur concerné est Auae dans les quartiers côté mer Picard, Cornu, Van Cam, côté montagne Cope, Art et Cuisine et Degage.

Il est recommandé à toute la population de poursuivre sa vigilance. Cette maladie transmise par le moustique possède les symptômes suivants : fièvre, maux de tête, douleurs articulaires, …

La population est appelée à veiller au nettoyage des abords et intérieurs de leur propriété, à l’élimination des gîtes à leur domicile pour ne pas être malade et pour éviter de transmettre la maladie, notamment aux nourrissons et enfants.

Zone concernée par les pulvérisations

carte pulvérisation dengue faa'a

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