Dengue – « Le médecin m’a dit qu’elle a frôlé la mort de justesse »

    jeudi 11 février 2016

    Même si on ne peut parler d’épidémie, la dengue de type 1 sévit toujours et touche en particulier les enfants ou les visiteurs non immunisés. Cette maladie devenir très grave et les parents doivent être vigilants lorsque leur enfant en est atteint. Voici le témoignage de la maman d’une fillette qui a été sauvée de justesse.

    Alors que la dengue continue sa progression chez les personnes les plus sensibles, en particulier chez les enfants non immunisés, Tiare*, petite fille de six ans qui réside à Moorea, a été transportée à l’hôpital de Afareaitu lundi en fin de journée, dans un état grave. Touchée, comme beaucoup d’enfants par la dengue de type 1, celle-ci a évolué au bout de trois jours en maladie très grave. Après avoir été admise aux urgences lundi en début de soirée, la petite fille a été admise en soins intensifs. Aujourd’hui elle est sortie d’affaire, mais, comme l’a précisé le médecin chef de l’hôpital de Afareaitu, « quelques heures de plus sans soins auraient suffi pour que l’on ne puisse pas sauver cette petite fille.»
    Afin de relayer ce message d’alerte, La Dépêche s’est rendue auprès de la maman de Tiare. qui a bien voulu répondre à nos questions « pour que chaque maman, chaque papa, en cas de maladie de son enfant, reste toujours à son écoute ». Sa maman raconte.

    LDT :  Comment cela a-t-il commencé ?
     « Tiare a six ans. Elle est tombée malade juste avant le week-end. Mais les choses ont paru s’aggraver lundi dans la matinée. Son parrain l’avait emmenée chez le médecin, qui lui a prescrit une prise de sang. Pour des raisons que je ne connais pas, la prise de sang n’a pas pu se faire, ma fille est donc rentrée à la maison. Dans la soirée de lundi, vers 18h30 alors que je rentrai du travail je suis allée la voir, je l’ai touchée et là, j’ai senti qu’elle était froide. Complètement froide. Cela m’a fait peur. Je n’ai pas réfléchi, j’ai pris ma petite et je l’ai emmenée à l’hôpital.

    Quand et comment s’est manifestée la maladie ?
    Dès vendredi, elle a commencé à avoir de la fièvre. Pas de vomissement, mais elle avait mal au ventre. J’avais déjà dit au parrain qu’il fallait l’amener au médecin le matin.

    Qu’est-ce qui t’as fait penser qu’elle n’était pas bien du tout ?
    Sa température. Son corps était froid et elle était complètement affaiblie. Elle n’était pas comme d’habitude, elle ne parlait pas. Elle pleurait un peu et se plaignait qu’elle avait mal, parfois au ventre, parfois à la tête.

    Que s’est-il passé quand elle a été prise en charge ?
    Je suis allée à l’hôpital, taote Biarez l’a tout de suite prise en consultation en urgence. Il ne m’a pas dit tout de suite la gravité de sa maladie. Il m’a confirmé qu’elle avait une dengue. Je les ai laissés faire et puis, bien après il m’a dit elle avait frôlé la mort de justesse.

    Comment va-t-elle depuis ?
    Son état ne fait que s’améliorer depuis. Je suis restée auprès d’elle, ça va, elle est mieux qu’hier. Elle a encore un peu mal au ventre, mais rien à voir avec son état lors de son admission.

    As-tu un conseil à donner aux mamans ?
    Soyez vigilants. Soyez à l’écoute de l’appel des enfants. Lorsqu’ils ont mal au ventre à la tête, il ne faut pas hésiter à alerter son médecin. Si vous n’avez pas les moyens, allez à l’hôpital. Ce qui m’a véritablement alerté, c’est son état qui n’était pas comme d’habitude, et surtout ce corps froid. J’ai compris qu’il fallait de suite agir.

    De notre correspondant Jeannot Rey

    (*Tiare est un prénom d’emprunt)

    « Il y a beaucoup de gens atteints, avec des risques de forme grave de la maladie »

    Philippe Biarez, médecin chef de l’hôpital de Afareaitu, nous a donné des précisions sur la situation à Moorea, ainsi que sur ce cas et sur la conduite à tenir devant cette maladie.
    « Nous avons la dengue tout autour de Moorea pour une raison simple, c’est que c’est la dengue 1, pour laquelle nous avons eu plusieurs épidémies de suite, n’est jamais vraiment partie de Moorea. Les gens qui sont là depuis un certain temps, sont pour la plupart protégés. Cette dengue va donc atteindre les enfants qui n’ont pas encore été infectés ou des gens qui arrivent par exemple de métropole. Depuis le mois de décembre, et en particulier en janvier, nous avons constaté une belle remontée. On ne parle pas de réelle épidémie, mais malgré tout il y a beaucoup de gens malades avec des risques de forme grave de la maladie comme cette petite. Cette enfant (Tiare) dans la journée de lundi n’avait plus de fièvre, un peu comme si c’était la fin de la maladie. Dans la soirée elle a commencé à avoir mal au ventre. Elle était froide de partout, car le sang n’arrivait plus dans les extrémités. Elle était fatiguée et ne répondait plus aux parents. La maman a bien fait de nous l’amener tout de suite, à l’arrivée, cette enfant était en « état de choc » avec plus assez de pression artérielle, c’est le début de la grande gravité. Elle aurait attendu trois heures de plus je ne sais pas si on aurait pu la sauver.
    Il faut bien comprendre que la dengue est à deux phases. Durant la première phase, il y a rarement de problème. Les gens sont bien évidemment malades et il faut aller voir son médecin. On a mal partout, on a de la fièvre, on a mal à la tête, on peut même saigner des dents, des choses qui peuvent paraître inquiétantes mais pas nécessairement graves. On n’en meurt pas. La maladie devient grave dans un deuxième temps lorsque la fièvre tombe. Le malade a alors le droit de se plaindre d’une seule chose, d’être fatiguée, ce qui est normal. Mais tout autre symptôme doit amener le malade à aller à l’hôpital. Comme cet enfant, c’est-à-dire mal au ventre, mal à respirer, des sensations de malaise etc… Pourquoi la maladie passe à la gravité ? On ne le sait pas vraiment, par contre on sait ce qui se passe. Les vaisseaux deviennent poreux, la pression artérielle fuit… et le corps n’est plus irrigué normalement.
    Un conseil très important, il ne faut pas oublier de s’hydrater. Les gens qui ont bien été hydratés pendant la fièvre en buvant beaucoup d’eau, sont moins souvent touchés par une aggravation de la maladie. »

    Propos recueillis par Jeannot Rey

    tari 2016-02-12 11:52:00
    Franchement tu aurais pu l'amener chez le médecin plus tôt ta fille !
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