Départementales: environ un Français sur deux a boudé les urnes

    dimanche 29 mars 2015

    Un Français sur deux environ a boudé les urnes dimanche, au second tour des élections départementales, une abstention forte qui, sans atteindre le record des cantonales de 2011, a pesé dans ce scrutin, nouvelle défaite pour la gauche.
    Face à une nette victoire de la droite alliée au centre et à un « score beaucoup trop élevé pour l’extrême droite », Manuel Valls a jugé que « les Français par leur vote et même leur abstention ont dit à nouveau leurs attentes, leurs exigences, leur colère, leur fatigue face à une vie quotidienne trop difficile, le chômage, les impôts, la vie trop chère ».
    L’abstention devrait s’élever de 49,8% à 51%, selon quatre instituts de sondages. Plus de 40,6 millions d’inscrits étaient comptabilisés dans les 1.905 cantons restant à pourvoir.
    Ni Paris ni Lyon (où les fonctions des conseils départementaux sont exercées par d’autres organes), ni une partie des outremer n’étaient concernés.
    Ces taux sont nettement inférieurs aux chiffres constatés par le ministère de l’Intérieur lors des cantonales de 2011 (55,29% au second tour). Si ces niveaux apparaissent égaux, voire supérieurs à celui de dimanche dernier (49,83%), les configurations étaient très différentes au premier et au second tour (duels, triangulaires…).
    Pour l’ancienne ministre PS Aurélie Filippetti, « les électeurs de gauche ne se sont pas mobilisés car ils sont mécontents des résultats de la politique du gouvernement ».
    Le numéro un du PCF Pierre Laurent, qui a parlé dimanche de « +coup monté+ du tripartisme », a considéré que « ce scénario mortifère pour la gauche sous-tend l’abandon des classes populaires à l’abstention et au Front national », entre autres.
    Après un premier tour marqué par une abstention importante (49,83%), quoique plus faible qu’anticipé, la gauche cette fois rassemblée tablait sur un sursaut de ses électeurs pour éviter la perte de plus de la moitié des 61 départements qu’elle administre. « Est-ce qu’ils se sont levés ce matin ? », a lancé François Hollande, avant de voter dimanche dans son fief corrézien de Tulle.
    Le Premier ministre avait maintenu dans l’entre deux tours sa mobilisation contre le danger du FN et condamné comme une « faute politique et morale » le choix de l’UMP d’appeler à ne voter « ni PS ni FN » là où la droite a été éliminée dimanche dernier. Comme d’autres membres du gouvernement, la ministre de la Justice Christiane Taubira avait appelé la semaine dernière, en Essonne, les abstentionnistes à voter pour les candidats de gauche qui défendent « la justice sociale et la solidarité ».  
     

    – ‘Démocratie de l’abstention’ –

     
    Comme au premier tour, ce sont les départements plus ruraux qui ont voté le plus, alors que la région parisienne fermait la marche.
    Le profil des abstentionnistes est resté similaire: plus souvent jeunes (73% d’abstention chez les 18-24 ans, 59% chez les 25-34 ans), employés (58%), ouvriers (53%), selon une enquête Opinionway diffusée dimanche. Et 47% des électeurs de François Hollande au second tour de la présidentielle se sont abstenus, 33% de ceux de Nicolas Sarkozy, au vu de ces données.
    Les cantonales, devenues les départementales, sont un scrutin où la participation est allée decrescendo depuis la moitié des années 1980 (pic à 70,3% au second tour des cantonales de 1982), surtout lorsqu’elles sont dissociées d’un autre type d’élection (municipales, régionales). Les prochaines régionales auront finalement lieu en décembre, sur la base de la nouvelle carte des régions.
    Mais, présidentielle exceptée, la quasi totalité des scrutins sont désormais marqués par une faible mobilisation des électeurs en France, faisant parler de « démocratie de l’abstention » aux chercheurs Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen depuis 2007.
    Bruno, étudiant en arts du spectacle à Evry qui ne s’était pas déplacé ce dimanche pour ces élections à ses yeux « pas assez médiatisées », comptait voter à la présidentielle de 2017, car « c’est plus important ». 
    Ne pensant pas que « le résultat de ces élections dites locales puisse changer (s)on quotidien », Brahim, 29 ans, habitant de Tulle employé dans la finance, jugeait qu' »il serait temps que les politiques de tous bords se remettent en question face à la montée de l’abstention! »

    AFP

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete