La Dépêche Dimanche – La Tetiaroa Royal Race les 16 et 17 septembre : une course d’élite en V6 sur 120 km. Un défi sportif et logistique organisé tous les deux ans entre Arue et Tetiaroa

    lundi 12 septembre 2016

    tetiaroa

     

    “Une bataille féroce dans des conditions extrêmes, mais aussi du beau spectacle”

     

    Treize équipages de V6 engagés, l’élite du va’a polynésien sur la ligne de départ dans la baie de Matavai, La Tetiaroa Royal Race promet d’être l’événement sportif de l’année. Un parcours de 120 km Arue/Tetiaroa/Arue, avec un vent latéral en permanence, une course physique et éprouvante dans des conditions extrêmes.

    Un vrai défi ! Pour remporter ce trophée et ainsi écrire l’histoire de la première Tetiaroa Race, les rameurs vont tout donner. La rédaction de La Dépêche Dimanche est allée à la rencontre du maire de la ville de Arue, Philip Schyle pour recueillir ses impressions à la veille du coup d’envoi prévu  le vendredi 16 septembre à 7h.

    Retour prévu le 17 septembre à 11h au tombeau du roi Pomare. L’élu est enthousiaste, il promet du grand spectacle et une belle bataille sur l’eau. Il nous a confié que cette course, c’est aussi le rêve de Boris Léontieff qui se réalise. Au delà de l’exploit sportif, la médiatisation de cette course d’élite sera aussi une formidable promotion pour le fenua. Interview.

     

     

    À quelques jours du coup d’envoi de la course La Tetiaroa Royal race, qui dans quel état d’esprit êtes-vous ?

    Philip Schyle : “à la fois serein, parce que conscient de la qualité du travail réalisé par tous les membres du comité organisateur et excité à l’approche d’une course dont l’organisation a relevé du défi. Nous sommes tous impatients de voir aboutir ce projet, qui a été décidé il y a un peu plus d’un an et qui a pris forme après plusieurs mois de travail.

    La Tetiaroa Royal Race sera un événement. Mais c’est aussi un défi logistique comme sportif. Logistique, parce qu’il aura fallu contourner tous les obstacles liés aux particularités de l’atoll de Tetiaroa. Il s’agit notamment de l’absence de passe, qui oblige le stockage des pirogues à l’extérieur du lagon. Je pense aussi aux capacités limitées d’hébergement sur le motu Onetahi où seules 350 personnes pourront être accueillies sur la base vie. Sportif ensuite, une épreuve longue de 120 kilomètres en deux étapes, soit deux fois la course de Molokai.

    Un vent de côté quasi-permanent. L’absence de repère lors de la 1re étape. La commune de Arue a l’expérience dans l’organisation et la gestion d’événements. Mais organiser une telle course de va’a, La Tetiaroa Royal Race, c’est une première pour nous. Nous nous sommes donc entourés des meilleurs spécialistes dans ce domaine, Tamatoa Perez et Charley Maitere, que je tiens à remercier vivement pour leur engagement efficace et sans faille aux côtés de mes équipes communales.

    Je souhaite aussi remercier l’AS Arue Va’a de Luc Faatau et Paddling Connection de Wilfrid Ah-Ming, deux clubs de Arue qui se sont impliqués sans hésiter dès le début de cet aventure”.

     

    Faut-il s’attendre à une bataille féroce entre les rameurs ou plutôt à un beau spectacle sur l’eau ?

    “Bien entendu, nous nous attendons tous à une bataille féroce mais aussi à un beau spectacle. Douze équipages sont engagés. L’élite du va’a polynésien, une équipe néo-zélandaise composée des meilleurs rameurs de Nouvelle-Zélande et un 13e équipage invité symboliquement à effectuer une seule étape, celui du Brando.

    On sait, bien sûr, que les grands clubs viendront pour en découdre, comme Team OPT, EDT, Paddling Connection. Mais on peut s’attendre aussi à de beaux combats sur l’eau avec des clubs plus jeunes qui ont réalisé de bons résultats lors des dernières courses du calendrier. Chaque club aura à cœur de vouloir marquer de son coup de rame cette 1re édition de La Tetiaroa Royal Race.

    Les Polynésiens pourront aussi profiter du spectacle. Ainsi depuis la plage et le long de la route du Tahara’a jusqu’au point de vue, pourront-ils voir le départ qui sera donné vendredi 16 septembre à 7 h dans la baie de Matavai au bas du Tahara’a.

    Le lendemain samedi 17 septembre, depuis les mêmes hauteurs du Tahara’a et la plage entre le Tahara’a et le tombeau du Roi, ils pourront aussi assister au retour des va’a et à leur arrivée au Tombeau du roi à partir de 11 heures”.

     

    Qu’est ce que cela représente pour vous cette course de va’a ?

    C’est un défi. Jamais avec mes équipes communales nous n’avons organisé de course de va’a de cette dimension. Mais mes élus et mes techniciens ont accepté avec une motivation renouvelée de relever ce défi. Je les en remercie tous. C’est aussi un rêve qui se réalise. Boris Léontieff m’en parlait de temps en temps, alors que j’étais son adjoint chargé de la jeunesse et du sport”.

     

    Pourtant, il s’agit d’une simple course de va’a à l’image du Hawaiki Nui ou de Molokai, qu’est ce qui change alors ?

    La Tetiaroa Royal Race  n’est justement pas une simple course de va’a. En deux jours, il faudra parcourir 120 km sur 2 étapes de 60 km chacune, uniquement en haute mer, avec un vent de travers en permanence. Du jamais vu je crois.

    C’est une course difficile qui nécessitera donc d’être fort physiquement et aussi mentalement. Cette course est aussi l’opportunité extraordinaire de promouvoir le tourisme et le patrimoine naturel, historique et culturel de notre fenua, au travers de deux îles dont la renommée est internationale.
    Tetiaroa est réputé grâce à Marlon Brando et aujourd’hui avec l’éco-hôtel The Brando.

    Cet atoll recèle aussi d’importantes richesses archéologiques et historiques, ainsi qu’une biodiversité exceptionnelle. Tahiti est une île haute qui est aussi connue dans le monde. Le pays a d’ailleurs bien compris l’enjeu touristique et culturel de la Tetiaroa Royal Race, dont il est un partenaire essentiel.

    C’est aussi l’occasion de promouvoir notre culture, notre histoire, notre biodiversité et notre tourisme. C’est dans cet objectif que les photos de l’affiche et du programme ont été réalisées à Tetiaroa. Les différents reportages diffusés sur Polynésie 1ère et dans Va’a News poursuivent la même finalité.

    Un journaliste de “La Tribune” viendra également pour réaliser un reportage sur cette course mais aussi sur l’économie touristique de la Polynésie. Cette campagne promotionnelle a donc pour nous, autant d’importance que la course en elle-même. à et égard, je tiens à remercier l’effort réalisé aussi par le groupe La Dépêche de Tahiti pour promouvoir cet évènement”.

     

    Cette année, il n’y aura que des hommes, alors dans l’avenir, est-il concevable d’avoir des équipes féminines sur la ligne de départ ?

    Peut être. Ce n’est pas l’envie qui manque, mais davantage les contraintes logistiques d’hébergement à Tetiaroa qui s’imposent. Mais on en reparlera d’ici deux ans pour la deuxième édition”.

     

    Pourquoi cette course mythique ne se déroule d’après le calendrier tous les deux ans ?

    L’organisation de cette course est lourde. C’est un véritable projet qui mobilise de nombreuses personnes travaillant en commission, qui fait appel à de nombreux partenaires privés et publics, que je tiens une fois encore à remercier.

    Plusieurs mois ont été nécessaires pour le mener à bien. Comme quoi, un bon partenariat Public/Privé peut soulever des montagnes. On devrait s’en inspirer en économie et développer ce concept. Mais vous comprenez bien que mobiliser autant de monde pendant autant de temps tous les ans, c’est tout simplement impossible”.

     

    C’est la bonne période (le mois de septembre) pour organiser cette course vers Tetiaroa ? Ne faut-il pas changer de date ?

    Pour fixer la date, nous nous sommes fiés encore une fois à des spécialistes du va’a, à nos amis les pêcheurs et à notre partenaire qu’est la Fédération tahitienne de Va’a. Le mois de septembre est un mois assez calme au niveau des conditions météorologiques et le créneau retenu était aussi disponible pour insérer notre course dans le calendrier officiel de la fédération. On espère d’ailleurs que les conditions météorologiques nous resteront favorables”.

     

    Pourquoi engager aussi des équipes étrangères ?

    Notre volonté est de faire de La Tetiaroa Royal Race une course de va’a internationale. Nous avions ainsi prévu d’ouvrir la première édition à trois équipages étrangers. Les Américains et Hawaïens, dont nous attendions la confirmation, se sont finalement désistés, préférant se réserver pour la Hawaiki Nui. Seule la Nouvelle-Zélande a répondu présent, dans l’élan, je pense, des derniers championnats du monde. Cette équipe est constituée de rameurs chevronnés. On s’attend donc à du beau spectacle entre ces derniers et nos rameurs locaux qui voudront démontrer qu’ils restent les leaders dans les conditions extrêmes”.

     

    Quel est le budget global de cet événement sportif ?

    Une quinzaine de millions financés par la commune, le Pays, Tahiti Beachcomber SA et de nombreuses entreprises locales qui ont cru en cette aventure. Nous les avons invités à suivre cette course sur un catamaran”.

     

    Quelles sont les retombées que vous espérez de cette course aussi bien pour la commune que pour l’association ?

    Les retombées pour cette première édition seront essentiellement promotionnelles. Tous les outils de communications seront bien entendu conservés et distribués avant, pendant et après la course. Nous travaillons déjà à l’après et notamment sur la réalisation d’une brochure en papier glacé qui reprendra l’histoire de cet évènement, le déroulé de la course en photos, mais aussi un résumé historique et culturel de l’atoll de Tetiaroa et de la Ville de Arue. Véritable outil promotionnel, cette brochure sera distribuée durant les deux prochaines années”.

     

    Cette course relève plutôt de l’exploit sportif ou bien d’un défi surhumain ?

    “Les deux, en fonction des conditions météo. Pour avoir fait la traversée en bateau sous des conditions météorologiques défavorables, cette course peut s’avérer devenir un véritable défi humain.”

     

    Quels conseils donnerez-vous aux treize équipes inscrites dans cette course ?

    Il s’agira d’une course physique mais aussi mentale. L’équipe qui gagnera sera certainement celle qui aura le mental plus fort pour aller jusqu’au bout des deux étapes sans rien lâcher physiquement”.

     

    Pourquoi ne pas confier l’organisation de cette course à la Fédération tahitienne de va’a ?

    La Tetiaroa Royal Race est une course de va’a voulue par le conseil municipal de Arue. Elle se déroulera dans les eaux territoriales de la commune entre l’atoll de Tetiaroa, qui se trouve à Arue et Tahiti. C’est aussi une manière de commémorer le passé, en rappelant qu’autrefois, la reine Pomare se rendait très régulièrement en pirogue sur Tetiaroa.

    Avec notre expérience dans l’organisation et la gestion d’événement, assistés de spécialistes du va’a et en constituant une association, nous avons souhaité relever le défi d’organiser nous-mêmes cette course. Mais bien évidemment, nous avons aussi sollicité le partenariat de la Fédération tahitienne de va’a”.

     

    Pourquoi dans la commune de Arue il n’existe pas de courses de va’a interquartier ? À l’image de Pirae et de Papeete ?

    Nous organisions régulièrement des courses de pirogues interquartiers il y a quelques années. Aujourd’hui, ces courses sont toujours organisées dans le cadre d’évènements comme le mémorial Boris Léontieff ou le Noël de la jeunesse”.

     

    Former la jeunesse à la pratique de la rame est-il difficile  ?

    La persévérance n’est pas la qualité principale de nos jeunes. Cela se constate dans le va’a et aussi dans d’autres domaines comme la recherche d’un emploi. Généralement les jeunes qui s’accrochent arrivent à s’en sortir et participent aux activités organisées par nos services jeunesse et social. Nous comptons toutefois beaucoup sur l’école de va’a que dirige Tamatoa Perez sur le motu de Arue, pour développer cette pratique et encourager davantage des jeunes de nos quartiers. Le Contrat de Ville pourrait nous aider à atteindre cet objectif”.

     

    Quel message souhaiterez-vous adresser à la population de Arue ?

    J’invite toute la population à venir nombreux, vendredi 16 septembre à 7 h, assister au départ de La Tetiaroa Royal Race dans la baie de Matavai au bas du Tahara’a et le lendemain samedi 17 septembre à 11 h, à l’arrivée au tombeau du roi”.

     

    Propos recueillis par
    John Hiongue

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