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Dépression, addiction, psychose : un plan de santé mentale pour la Polynésie

mardi 16 janvier 2018

santé mentale

L’enquête réalisée par la direction de la santé, en milieu scolaire, montre que plus de 41 % des 3 202 jeunes interrogés, âgés de 13 à 17 ans, ont déjà été ivres et que 14 % des enfants interrogés ont déjà fait une tentative de suicide. (© DR)

La direction de la santé élabore depuis octobre dernier un plan de santé mentale pour la Polynésie française. Selon la directrice, ce plan comporte plusieurs étapes.

Tout d’abord, il y a l’état des lieux qui doit être finalisé cette semaine. Puis suite à cela, la direction de la santé mettra en place des ateliers de concertation avec les professionnels de santé et les associations.

C’est à l’issue de ces échanges et avec l’aide d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que le plan de santé mentale sera rédigé.

La direction de la santé a décidé d’élaborer un tel plan parce que celui-ci est préconisé par le dernier schéma d’organisation sanitaire et parce qu’il n’y en a jamais eu.

“Par le passé, il y a eu beaucoup de rapports d’établis, tout comme il y a eu un certain nombre d’audits menés mais rien n’a véritablement été concrétisé dans le cadre d’un vrai plan de santé mentale qui permette d’organiser les moyens, l’offre de soins et de la distribuer”, explique Laurence Bonnac-Théron, directrice de la santé, qui précise que “ce plan, c’est la mise en cohérence des besoins en santé mentale avec un échelonnement dans le temps, de façon à ce que l’offre soit raisonnée et raisonnable”.

Le Pays doit-il créer un seul centre de pédopsychiatrie et de psychiatrie ? Doit-il envisager, comme dans l’Hexagone, la création d’intersecteurs qui sont des structures qui organisent et répartissent les moyens de prise en charge psychiatrique de la population infantile ?

Quid de l’addiction et du service d’addictologie ? Le Pays doit-il créer en urgence un service de gérontologie pour certains patients qui relèvent de la psychiatrie du fait de leur démence ?

Le plan de santé mentale a pour objectif d’apporter des réponses adaptées à toutes ces questions car, comme le souligne la directrice de la santé, les derniers chiffres concernant l’état de santé mentale de la population sont inquiétants.

“L’enquête menée en 2016 par le docteur Rolland, pour le compte de l’association SOS suicide, et qui est actuellement menée dans une centaine de pays, dont la Nouvelle-Zélande et Tonga, montre que près de 40 % de notre population ne va pas bien”, rappelle Laurence Bonnac-Théron, qui ajoute que pour elle, l’addiction est un vrai pourvoyeur de maladies psychiatriques.

 

Une formation pour les infirmiers

 

Un plan entièrement consacré aux addictions a d’ailleurs été mené à part et devrait être prochainement validé par le ministère de la Santé, avant d’être présenté en conseil des ministres.

Ce plan fait suite à une autre enquête, réalisée en 2016 en milieu scolaire, auprès de 3 202 enfants âgés de 13 à 17 ans.

Celle-ci a, entre autres, révélée que 26 % des enfants interrogés fumaient, que 29 % avaient déjà consommé du cannabis, que 41 % d’entre eux avaient déjà connu l’ivresse, que 3 % avaient touché à l’ice et que près de 14 % avaient déjà eu des tendances suicidaires.

Des chiffres largement au-dessus de ceux de l’Hexagone, selon la directrice, qui annonce d’ores et déjà le développement du service d’addictologie avec la création d’un centre de cure.

“Un bâtiment est en train de se construire au sein du CHPF (centre hospitalier de la Polynésie française, NDLR). Il doit accueillir un pan de la pédopsychiatrie et un pan de la psychiatrie, le service d’addictologie, quelques lits d’hospitalisation et un centre d’action médicosociale précoce, le CAMSP. Ce bâtiment va accueillir ces quatre services, en plus des deux services de psychiatrie et pédopsychiatrie déjà en place à l’hôpital”, souligne la directrice de la santé.

Comme le plan cancer, le plan de santé mentale sera chiffré car il y aura besoin de spécialistes, d’équipes mobiles, de structures et de formations. Une formation destinée aux infirmiers va prochainement être dispensée. Elle a pour but de les outiller pour qu’ils sachent comment agir face à un patient qui décompense. 

 

Jen.R.

 

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