Des escargots endémiques bientôt réintroduits

    samedi 30 mai 2015

    Partula. Ce nom ne vous dit rien ? Il était pourtant bien connu des Polynésiens, il y a de cela plusieurs décennies. Ce genre de petit escargot endémique servait notamment aux artisans pour confectionner des colliers multicolores.
    Mais dans les années 1970, l’introduction d’un autre escargot venu de l’étranger, devenu son prédateur, a pratiquement décimé la colonie. Sur 50 espèces répertoriées à l’origine dans les îles polynésiennes, 43 ont aujourd’hui disparu, selon Claude Serra, ingénieur chargé du milieu naturel terrestre à la direction de l’environnement. “Depuis 2003, nous avons évalué la population vestige. Il ne reste que quelques petites populations. Ce sont un peu des reliques. Il n’y a presque plus rien.”
    Mais le Partula, tel le phénix, pourrait bientôt renaître de ses cendres grâce au travail acharné de zoologues étrangers.
    Ceux-ci avaient en effet prélevé différentes espèces sur le territoire avant qu’elles ne s’éteignent. Des spécimens qui ont ensuite été “élevés”, de génération en génération, en différents lieux du globe. C’est le cas notamment au parc zoologique de la ville de Detroit aux États-Unis. Et celui-ci s’apprête à faire parvenir en Polynésie, via la Société zoologique de Londres, environ 500 spécimens pour qu’ils soient réintroduits dans leur île d’origine après avoir passé une période de quarantaine.

    “Héritage naturel”

    Une réserve, conçue spécialement pour les accueillir, a ainsi d’ores été déjà été bâtie dans le parc Te Faaiti à la Papeno’o. Les précieux animaux devraient y faire leur entrée au mois de juin ou juillet.
    “La première partie de l’expérience consistera à introduire des espèces similaires à celles qui subsistent encore en Polynésie pour vérifier que ces individus élevés depuis 30 ou 40 ans parviennent à se réadapter dans leur milieu naturel. Pour voir s’il n’y a pas eu une modification comportementale, génétique ou autre, avec le temps”, précise Claude Serra.
    Si l’opération rencontre le succès escompté, il sera alors envisagé, dans un deuxième temps, de réintroduire d’autres espèces de Partula qui, elles, ont disparu du fenua.
    “Il en existe sept ou huit dans des parcs zoologiques à l’étranger. On pourra donc rendre à la Polynésie une partie de son héritage naturel”, se félicite l’ingénieur. Ces expériences auront également un intérêt scientifique notamment pour les généticiens qui pourront effectuer des comparaisons entre les individus  qui se sont reproduits en captivité et les autres restés “sauvages”. 
    J-B.C.

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