Des étudiants américains au fenua pour apprendre la langue de Molière

    mardi 12 janvier 2016

    La très discrète école de français langue étrangère, installée rue Gauguin, a déjà plus de douze ans d’existence. Centre d’examen de l’Alliance française, agréé par cette dernière, il dispense des cours de français par des professeurs diplômés.
    Près de 130 étudiants et adultes passent chaque année dans cet établissement qui, en ce moment, reçoit une dizaine de jeunes âgés de 20 à 22 ans du Simpson College, un établissement de l’Iowa, aux États-Unis, et qui souhaite damer le pion à la Nouvelle-Calédonie, qui accueille, elle, près de 2 000 étrangers par an, venus approfondir la langue de Molière.
    Sages comme des images, les dix jeunes Américains — deux hommes, sept femmes et une accompagnatrice — de cet état agricole des États-Unis ont posé le pied, jeudi dernier, sur le sol tahitien, pour quatre mois. Ils ont reçu leur planning, hier matin, dans les locaux d’Horizons francophones, quelque peu impressionnés mais ravis de leur présence, dans une contrée paradisiaque.
    Ce sont seize semaines de formation qui les attendent, répartis en deux groupes de niveaux, répondant aux normes du cadre européen commun de référence pour les langues (CECR), composé de six niveaux. “Débutants” et “avancés” sont les deux groupes de ce 4e séjour linguistique du Simpson College, première des nombreuses structures anglo-saxonnes – États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande —, intéressées par ces échanges culturolinguistiques dans le Pacifique.
    Ce fut un travail de longue haleine, mais qui a porté ses fruits. “Nous avons parcouru de nombreux salons durant plusieurs années pour nous faire connaître auprès de différents établissements”, a confié Marie-Hélène Oulé, directrice d’Horizons francophones, depuis ses débuts. Avec des partenaires comme Air Tahiti Nui et Tahiti Tourisme, mais aucune autre aide du Pays, Horizon francophones séduit une centaine d’étudiants par an.
    Lors de séjours, plus ou moins longs, comme celui organisé aujourd’hui, les étudiants et leurs accompagnateurs sont pris en charge et encadrés par l’équipe d’enseignants. Logés à l’hôtel, dans des familles d’accueil ou bien au foyer des jeunes filles de Paofai, les apprentis francophones bénéficient de 36 heures de cours “classiques”, d’une durée d’une heure trente par session.

    Le français sous toutes ses formes

    C’est peu certes pour de la théorie, mais là où Horizons francophones s’illustre, c’est dans la mise en scène de la pratique que les choses prennent tout leur sens.
    “Le but, au final, est de pouvoir se débrouiller partout”, a expliqué un des professeurs de l’organisme, qui a également initié un partenariat avec l’Université de la Polynésie française (UPF), afin de proposer à ces étudiants de suivre en parallèle des cours à l’université.
    Ces derniers, durant leur séjour, vont bien sûr bénéficier de leurs week-ends pour sans doute découvrir nos îles, mais aussi effectuer un voyage découverte dans la région Pacifique. Mais surtout, et c’est aussi le but hormis de découvrir le français, ils vont être amenés à faire un tour complet de la Polynésie.
    En effet, ils seront encouragés à écrire des critiques culinaires sur des restaurants de la place, mais aussi sur le tatouage. Ils assisteront également à différentes conférences à l’UPF dont ils feront une synthèse.
    Ils tenteront également le français lors de saynètes de pièces de théâtre comiques pour améliorer leur aisance à l’oral et s’essayeront aux jeux de rôles, tendance tourisme, où, à tour de rôle, ils joueront au touriste et à l’agent de voyage.
    Enfin, ils se verront dispenser également diverses activités culturelles et artisanales, en français bien sûr.
    Horizons formations dispense également des cours de français en langue étrangère pour des étrangers (ou leurs conjoints) résidents en Polynésie, mais aussi des formations de lutte contre l’illettrisme. Quoi qu’il en soit, cette piste, ouverte par cette école pour un tourisme linguistique, mérite d’être développée ou, en tout cas, d’être connue. C’est désormais, chose faite.

    Christophe Cozette

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