Des habitants de Nauru s’en prennent aux réfugiés

vendredi 20 mars 2015

Près de 350 personnes ont manifesté une nouvelle fois, aujourd’hui, à Nauru, pour protester contre le traitement réservé aux réfugiés, et pas seulement par les autorités : de plus en plus, ils sont la cible de Nauruans, dénoncent-ils.
En tout, plus de 400 anciens demandeurs d’asile ont obtenu le statut de réfugiés, mais ils n’ont pas le droit de rejoindre l’Australie, c’est à Nauru qu’ils doivent vivre. Une situation critiquée par les réfugiés, mais aussi par la population locale. Les attaques se multiplient, ces derniers jours. Un réfugié a ainsi été battu à l’aide d’une batte de baseball, mercredi dernier. Deux jours plus tôt, deux autres réfugiés ont été attaqués à coups de pierres par des Nauruans, alors qu’ils circulaient à moto. Parmi eux, Zahra, une Iranienne de 28 ans, réfugiée à Nauru depuis 10 mois. Elle raconte comment s’est déroulée l’attaque : « Ils nous ont jeté des pierres, l’un d’entre eux a visé le visage de mon mari, qui a alors perdu le contrôle de la moto, et on est tombé. Il a des blessures sur son visage, sa poitrine, ses bras, sa main et son pied, et moi, je suis blessée à l’épaule, à la main et à la jambe. »
Zahra craint que cela ne se termine par un meurtre. Elle dit avoir appelé les autorités de Nauru à l’aide, sans succès.
Selon Ian Rintoul, le porte-parole de la Coalition de l’action pour les réfugiés, ces attaques sont en augmentation. Il rappelle qu’en novembre dernier, un réfugié a perdu la vue d’un œil après avoir été agressé à coups de pierres.
Beaucoup de ces gens qui ont fui la violence et la guerre se retrouvent donc aujourd’hui face à une population dont le ressentiment grandit à leur égard. Il y a quelques mois, des Nauruans les ont accusés de leur voler des emplois et de sympathiser avec des femmes locales.
Constantinos, un réfugié iranien présent sur l’île depuis 20 mois, raconte que dans presque chaque famille, au moins une personne a été attaquée : « Mon père et un de ses amis font partie des victimes. Ils avaient l’habitude d’aller à la pêche. Une fois, deux habitants sont venus les voir et leur ont donné des coups de pieds. Mon père et son ami ont fait une chute de quatre mètres de haut dans le port. Ils se sont alors cachés derrière des rochers et sont allés à l’océan. »
La plupart de ces réfugiés ont obtenu des visas de cinq ans à Nauru, sans savoir ce qu’il adviendrait ensuite.
Depuis plusieurs années, l’Australie envoie tous les demandeurs d’asile qui arrivent sur son territoire à Nauru ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée, sur l’île de Manus. Après enquête, ceux qui obtiennent le statut de réfugiés se voient accorder des visas locaux, mais ils ne peuvent pas s’installer en Australie. Officiellement, les autorités cherchent ainsi à décourager la venue de demandeurs d’asile par bateau.
En échange de l’accueil de ces immigrés, Nauru et la Papouasie-Nouvelle-Guinée reçoivent des aides financières.
 
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