Des milliers de personnes rassemblées à Paris en hommage aux victimes de Charlie Hebdo

    mercredi 7 janvier 2015

    « Plus de 5.000 » personnes  se sont rassemblées mercredi en fin d’après-midi à Paris en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, a affirmé à l’AFP une source policière, (plus de 15 000 selon des journalistes sur place) précisant que ce chiffre pourrait être revu à la hausse. 
    La place de la République était noire de monde, la circulation était coupée, tandis que des gens continuaient d’affluer, ont constaté des journalistes de l’AFP peu avant 18H30.
    Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées mercredi en fin d’après-midi à Paris et dans plusieurs villes de France, en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, qui a fait au moins 12 morts, ont constaté des journalistes de l’AFP.
    A l’appel de plusieurs syndicats, associations, médias et partis politiques, les participants, de tout âge, se sont réunis à partir de 17H00 sur la place de la République, noire de monde, non loin du siège du journal satyrique.
    Dans la foule compacte et silencieuse, beaucoup arboraient un autocollant noir ou une pancarte « Je suis Charlie« , un slogan de solidarité envers les victimes qui circule également sur Twitter. Certains se recueillaient, une bougie à la main. 
    Parmi les pancartes, on pouvait voir « Charb mort libre ». Le dessinateur Charb figure parmi les victimes de la tuerie, tout comme Cabu, Tignous et Wolinski, autres figures emblématiques du journal. 
    Une autre pancarte proclamait « Liberté d’expression, non à la connerie ».
    Certains disaient ne pas être des lecteurs réguliers du journal, mais jugeaient important de manifester pour la liberté d’expression.
    « J’ai grandi avec les dessins de Cabu, Wolinski », raconte avec tristesse Sophie Herbiche, artiste peintre issue d’une famille d' »anars ».
    « Les religions c’est de la merde. Charlie, c’est le droit de penser ça. Tant de gens reculent devant une morale à la con », explique une manifestante, Béatrice Cano, la cinquantaine, le dernier numéro du journal à la main. « C’est dramatique que ces gens soient assassinés. Demain les gens ne pourront plus parler. Nous devons être des milliers à sortir dans la rue », demande-t-elle.
    Un professeur d’histoire-géographie de Montmorency (Val-d’Oise) tenait une pancarte « La liberté de la presse n’a pas de prix ». « Si c’était des militants d’extrême gauche qui avaient attaqué Minute, je serais venu. Je serais venu un peu moins vite, mais je serais venu », explique-t-il. 
    Mélinée, élève de première, dit être une lectrice régulière de Charlie Hebdo, comme ses parents. « Au début je n’avais pas les noms (des morts, ndlr), ça m’a semblé irréel », dit-elle.
    Des étudiants en journalisme, qui s’étaient déjà rassemblés dans l’après-midi près du siège de Charlie Hebdo, arboraient une banderole « Les étudiants journalistes solidaires ».
    Pour Adrien Tiberti (PCF), adjoint au maire du 11e arrondissement, où se situe le siège du journal, « on est là car la République est en danger.(…) Se rassembler c’est trouver les moyens de dépasser ça ».
    « S’il faut manifester tous les jours on manifestera tous les jours », insiste une autre adjointe, Isabelle Charpentier (PCF). « Personne ne mérite de mourir pour ses idées. »
    A Strasbourg, un premier rassemblement a eu lieu en milieu d’après-midi devant le bâtiment principal de la collectivité urbaine (CUS) où des centaines d’agents, d’élus et de syndicalistes ont observé une minute de silence.
    A Besançon, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur une place du centre-ville. « Je les connaissais tous, Tignous était un ami personnel, c’est lui qui m’a fait rentrer dans le métier », a confié à l’AFP le dessinateur bisontin Bauer, très ému. Des manifestants brandissaient une pancarte « Charlie Hebdo confirme : Allah n’existe pas ! « .

    AFP

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