Des “négligences”, mais pas d’escroqueries pour l’avocat de William Bernier

    mardi 13 octobre 2015

    Ce n’est pas moi, c’est l’autre. Tel devrait être, en substance, l’axe de défense de l’ancien dirigeant de la Sofipac, William Bernier, qui comparait depuis hier, et pour toute la semaine, devant le tribunal correctionnel. Cet homme de 71 ans aujourd’hui est suspecté d’être au cœur de la plus vaste escroquerie présumée au dispositif de défiscalisation jamais perpétrée sur le sol polynésien. Avec onze autres prévenus originaires du fenua, le septuagénaire aurait monté des centaines de dossiers non éligibles à la loi Girardin en usant de fausses factures, en surévaluant les coûts des matériaux ou encore en faisant bénéficier des infrastructures non neuves de la défiscalisation.
    Grâce à ses services, porcheries, exploitations agricoles, fermes perlières, serres à vanille et pensions de famille disposaient de financements d’investisseurs métropolitains qui, eux, obtenaient en retour une réduction de leurs impôts.
    Au total, le montant des fausses factures supposées atteindrait quelque 3,8 milliards de francs et le préjudice pour l’État, via les crédits d’impôts versés, serait de 1,37 milliard de francs. L’ex-patron de la Sofipac aurait investi les sommes qu’il percevait au passage dans des assurances-vie, un appartement dans le XVIe arrondissement parisien ainsi que dans une villa à Aix-en-Provence.
    Durant cette première journée de procès, William Bernier a été placé sur le grill, invité par le tribunal à détailler les contrats liant sa société avec les porteurs d’affaires locaux, les exploitants et enfin le cabinet métropolitain avec lequel il travaillait.
    S’en sont suivis des échanges parfois complexes entre l’intéressé et les magistrats donnant à la salle d’audience de faux airs de succursale bancaire.

    “Rendre service

    aux petits” Pour autant, l’homme s’est présenté comme n’étant “pas un spécialiste fiscal”, mais uniquement une petite main qui “montait des dossiers” transmis ensuite au cabinet métropolitain qui, lui, n’est pas poursuivi. Des projets qui flirtaient toujours avec le seuil des 36 millions de francs au-delà duquel un agrément du ministère des Finances était nécessaire.
    “Moi, ce que je voulais, c’était rendre service aux petits. Les gros dossiers, cela ne m’intéressait pas tellement”, a-t-il indiqué à la barre. En marge de l’audience, son avocat, Me Pascal Gourdon, a martelé que son client n’avait “jamais organisé quoi que ce soit”, assurant que les exploitants de vanille, de perles et autres avaient “reçu l’argent qui leur était destiné”. “Il a certainement des responsabilités qui sont liées à sa négligence, à sa confiance (…). D’autres personnes en ont profité pour se servir grassement”, a ajouté le conseil selon qui son client n’est “pas du tout” le “cerveau” du dossier : “Il suffit de regarder où est allé l’argent. Pas sur le compte de M. Bernier”. Par “autres personnes”, l’avocat vise certains des prévenus et notamment Yolande Wong Lam, chargée d’apporter des dossiers au patron de la Sofipac.
    Cette femme de 71 ans, déjà condamnée par le passé pour escroquerie, aurait participé au montage de plus de 200 projets présumés bidons et aurait empoché au passage 267 millions de francs.
    Ce sont les services fiscaux du Pays qui, les premiers, avaient alerté le parquet de Papeete après avoir épluché les comptes de diverses sociétés. La Polynésie est d’ailleurs partie civile dans l’affaire puisqu’elle n’aurait pas perçu le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les différents projets.
    “Nous sommes sur des faits avérés d’escroqueries. Il y a eu des émissions de fausses factures qui ne correspondent pas à la réalité des infrastructures qui ont fait l’objet de défiscalisation”, a estimé l’avocat de la collectivité, Me Gilles Jourdainne.
    Le procès, dont l’épilogue est prévu vendredi, se poursuit aujourd’hui. 

    Compte rendu d’audience J.-B.C.

     

    jefh 2015-10-14 18:35:00
    Décidément ce pays est pourri depuis sa racine jusqu'aux feuilles, l'escroquerie, les détournement de fond, abus de pouvoir etc.. sont devenus un sport national, pratiqués depuis le bas peuple jusqu'au sommet du pouvoir. Quelle tristesse........
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