Des œuvres contemporaines s’invitent dans la collection permanente

    jeudi 19 novembre 2015

    Le Musée de Tahiti et des îles accueille jusqu’au 21 février prochain les œuvres de l’artiste contemporain Jean-Paul Forest, au sein même de sa collection permanente. Pour exprimer son rapport à l’immensité, l’artiste se sert d’un médium : le galet, qu’il ramasse dans les rivières ou sur la plage, et qu’il travaille “en le fragmentant, en le réparant, en lui trouvant des parents…” En regard de l’exposition “Face à l’immensité”, a eu lieu hier, à l’UPF, un colloque sur le thème “Figures et trajectoires de l’immensité”,  organisé par Richard Conte, directeur de l’institut ACTE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne-CNRS.

    Le Musée de Tahiti et des îles accueille jusqu’au 21 février prochain les œuvres de l’artiste contemporain Jean-Paul Forest, au sein même de sa collection permanente. “Le concept même de l’exposition a été fait il y a quatre ans, avec le conférencier Marcel Hotte. Ça a été un peu long à mettre en route, justement parce que la mise en résonance d’œuvres contemporaines et d’œuvres classiques n’a jamais été faite ici. Il a fallu réussir à convaincre le musée. Heureusement, la directrice actuelle du Musée de Tahiti et des îles, Theano Jaillet, est assez sensible à cette mouvance et c’est grâce à elle si ce projet a pu voir le jour”, explique l’artiste Jean-Paul Forest.
    C’est donc la première fois que le public pourra découvrir une installation d’art contemporain parmi les objets de la collection permanente du musée. Cette démarche originale permet d’instaurer un dialogue esthétique entre deux univers culturels radicalement opposés et contribue ainsi à porter un autre regard sur les œuvres traditionnelles pré-européennes. Le thème de l’exposition “Face à l’immensité” fait écho à l’individu jeté dans un univers sans limite, tiraillé entre la peur de l’inconnu et sa fascination pour l’insondable.

    Quête de l’immensité

    “Pour moi, la quête de l’immensité est vraiment fondatrice de l’aventure humaine et individuelle. C’est quelque chose qui a été un fil conducteur dans tout mon travail d’artiste plasticien. Si je vis en Polynésie depuis 35 ans, c’est parce qu’entre autres, on est en contact permanent avec une forme physique d’immensité, beaucoup plus que n’importe où dans le monde. L’état insulaire est en contact permanent, que ce soit physiquement ou visuellement avec cette sensation d’immensité”, affirme l’artiste.
    Les œuvres de Jean-Paul Forest s’insèrent naturellement dans les vitrines, se mêlent au patrimoine du musée en toute harmonie… et incitent le visiteur à prendre conscience de l’immensité qui l’entoure, de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. “Mon but est avant tout de créer une harmonie fertile pour l’imaginaire et la sensibilité du spectateur”, confie-t-il.
    Pour exprimer son rapport à l’immensité, l’artiste se sert d’un médium : le galet, qu’il ramasse dans les rivières ou sur la plage et qu’il travaille “en le fragmentant, en le réparant, en lui trouvant des parents…”.
    Jean-Paul Forest immortalise ses œuvres et son travail en cours, à travers des clichés photographiques grand format. “C’est important de créer une image, parce que, des fois, des œuvres ne peuvent pas être conservées ou montrées. Ce qui m’intéresse aussi, c’est la chronologie dans la réalisation d’une œuvre, je veux en garder une trace, parce que, dans le fil de la création, tu passes à côté de choses essentielles qui, parfois, ne sont révélées qu’au travers de l’image que tu vas prendre. Cela permet également parfois de faire revivre quelque chose que tu as senti au moment de la création. La photographie est associée à l’œuvre.”

    É.P.

    Une journée d’étude consacrée aux “figures et trajectoires de l’immensité”

    En regard de l’exposition “Face à l’immensité”, a eu lieu hier, à l’Université de la Polynésie française (UPF), un colloque sur le thème “Figures et trajectoires de l’immensité”, organisé par Richard Conte, directeur de l’institut ACTE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne-CNRS.
    “L’idée, aujourd’hui, n’est pas de faire une apologie de l’œuvre de Jean-Paul Forest, mais plutôt de s’en servir comme d’un prétexte pour réfléchir sur les figures et les trajectoires de l’immensité. Mon centre de recherche et l’UPF ont créé une équipe sur la question de la création insulaire. “Qu’est-ce que ça signifie, “créer dans les îles” ?” C’est la seule équipe au monde qui s’occupe de ça. Notre équipe travaille avec la Polynésie, les Caraïbes, l’Indonésie… On essaie de comprendre si le fait d’être né dans une île, d’y avoir vécu ou d’y revenir, a une incidence sur les formes de création”, raconte Richard Conte.
    Tout au long de la journée, plusieurs intervenants locaux ou métropolitains, venus spécialement pour l’occasion, se sont exprimés sur cette notion d’“immensité”, en tant que source d’inspiration plastique, intellectuelle ou métaphysique. Parmi eux, des artistes, des maîtres de conférence, le directeur de l’observatoire géodésique, des professeurs d’université…
    “L’enjeu, c’est de savoir si, à l’échelle du monde, on fait un art différent dans les îles. Les îles, on y naît, on en part, on y revient. Il y a des trajectoires qui se produisent et c’est cela que nous voulons étudier”, affirme Richard Conte.
    Le président de l’université, Éric Conte, en a profité pour s’exprimer au sujet de la création de la future maison des sciences de l’Homme, qui devrait voir le jour au sein du campus d’ici quelques années. “Ce sera un lieu où seront basées des recherches sur tout ce qui touche la société humaine. Un des axes de cette maison des sciences de l’Homme portera sur la création insulaire. Pour cela, nous avons un partenariat privilégié avec l’institut ACTE. Ce colloque préfigure ce que pourrait être, à l’avenir, l’activité commune que nous pourrions avoir sur des thématiques liées à la création insulaire.”

     

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