Des tests sur 1 188 enfants sur 35 écoles

    mardi 27 janvier 2015

     La direction de la santé a lancé depuis le 12 janvier une enquête d’évaluation, permettant de déterminer le taux de prévalence du virus de la filariose chez les jeunes polynésiens. Cette enquête a pour but d’évaluer les cinq dernières années de campagnes de distribution supervisée des médicaments antifilariens. En fonction des résultats,  la prise observée directe n’aura peut-être pas lieu sur la zone urbaine, soit de Mahina à Punaauia.

    La direction de la santé a lancé, grâce à une collaboration entre les ministères de la Santé et de l’Éducation, une enquête sur la filariose en milieu scolaire.
    Cette enquête, débutée le 12 janvier, se déroule exclusivement en zone urbaine, c’est-à-dire de Mahina à Punaauia et uniquement dans les classes de primaires, auprès d’enfants âgés de 6 à 7 ans. Celle-ci devrait durer jusqu’au mois de mars. La direction de la santé a besoin de tester 1 188 enfants dans les 35 écoles de la zone.
    Cette enquête a pour but de vérifier l’absence du parasite de la filariose chez les enfants et d’évaluer le dernier cycle quinquennal des campagnes de distribution supervisée des médicaments antifilariens qui s’est déroulée au cours des cinq dernières années.
    Depuis l’an 2000, pour lutter contre la filariose en Polynésie, les autorités sanitaires du Pays ont mis en place un plan régional, piloté par l’Organisation Mondiale de la Santé afin d’éradiquer la maladie.
    Pour ce faire, deux médicaments ont été distribués, l’albendazole et le citrate de diéthylcarbamazine. De 2000 à 2007, ces comprimés étaient distribués à tous ceux qui le voulaient sans vérification de la prise par l’individu.
    En 2008, la direction de la santé organise une enquête pour déterminer le taux de prévalence du virus chez les Polynésiens. Le résultat révèle que 11,3 % de la population est infectée or l’OMS préconise un taux en dessous de 1 %.
    Une nouvelle campagne est donc menée en 2010. Cette fois la stratégie a changé, la Prise Observée Directe, la POD, voit le jour. Désormais la prise des médicaments doit se faire sur place. Des ambassadeurs bénévoles sont formés au sein des communes et partent à la rencontre de tous, en faisant du porte à porte ou en s’installant à des points stratégiques pour toucher le plus de monde possible.
    Une enquête préliminaire a lieu entre 2012 et 2013 auprès d’un échantillon de personnes. Hommes, femmes et enfants de plus de 2 ans sont testés à Tahiti et dans les îles. L’enquête révèle que le taux de prévalence du virus est passé à 5 % sur l’ensemble de la Polynésie et à 1,4 % en zone urbaine.
    Jean-Marc Segalin, médecin de santé publique à la direction de la Santé explique ce que révèle ces premiers résultats “la façon dont cela diminue tend à montrer que nous n’avons pas encore atteint le seuil de 1 % dans les îles, autres que Tahiti. La seule zone où il semble probable d’avoir atteint ce seuil, c’est la zone urbaine”.
    Fin 2014 une nouvelle évaluation, exclusivement en zone urbaine, est réalisée. Le Taux de prévalence du virus est alors de 0,3 %.
    L’enquête donc menée depuis 15 jours en milieu scolaire a pour but de confirmer ces bons résultats, et de voir si la jeune génération, qui a pris depuis 5 ans les médicaments contre la filariose, présente ou non des microfilaires.
    En fonction des résultats obtenus la direction de la santé déterminera si la distribution massive de médicaments est reconduite en zone urbaine ou pas. Les résultats permettront aussi d’élaborer de nouvelles stratégies dans le cadre de la lutte contre la filariose. Les autres communes et îles de Polynésie continueront par ailleurs la POD comme les autres années.

    Jennifer Rofes

    Lire nos interviews sur le sujet dans La Dépêche de Tahiti de mardi 27 janvier ou au feuilletage numérique

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete