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Elle détournait de l’argent au détriment d’associations

mercredi 8 novembre 2017

tribunal justice

Journée chargée au tribunal correctionnel de Papeete, hier. (© Christophe Cozette)

V.S. est née en 1987, est célibataire et sans enfant et semble aimer son prochain. Elle comparaissait hier, au tribunal correctionnel de Papeete, pour abus de confiance, vol, contrefaçon et falsification et usage de chèque, pour des faits commis entre 2013 et juillet 2015.

Pantalon noir, haut blanc, chignon impeccable, V.S. est à l’aise à la barre. Avec une licence en éco-gestion en poche, elle a travaillé notamment pour les communes de Punaauia et Raiatea, avant de devenir, à mi-temps, secrétaire de diverses associations, notamment de jeunesse comme Haka nui, dont le président la considérait “comme sa fille”.

Oui, mais voilà, on lui reproche d’avoir utilisé des chéquiers qui ne lui appartenaient pas, dont certains volés de sa propre main, tout en imitant les signatures de leurs propriétaires, mais aussi des retraits via cartes bancaires, non justifiés, bien sûr.

Au total, ce ne sont pas moins de 46 chèques qui ont été comptabilisés soit un préjudice de plus de 8 millions de francs sur trois ans. Plutôt prolixe et sans casier judiciaire, V.S. n’a pas contesté les faits.

“La signature était facile à imiter, je le faisais parfois quand la responsable n’était pas là pour signer”, a-t-elle tenté d’expliquer, à la barre.

Du fast-food au plein d’essence, en passant par l’alimentation, V.S. a précisé “aider les amis, la famille et assurer mes propres dépenses”, pour tenter d’expliquer ses gestes à répétition, tout en précisant qu’elle ne “gagnait pas assez aujourd’hui pour rembourser”.

Le président de l’association Haka nui, à la barre, semblait fort affecté par les conséquences de ce préjudice, sur le long terme. “On nous a salis, on n’a plus confiance en nous, on n’a plus de valeur”, a précisé l’homme, solide, à quelques centimètres de la prévenue.

Ironie du sort, il avait été placé en garde à vue pour tous ces chèques impayés dont il n’était pas signataire. Il a demandé 500 000 F de dommages et intérêts, dont plus de 93 000 F de frais bancaires.

“Elle navigue dans une décontraction généralisée, mais on a d’énormes dégâts, huit millions sur trois ans”, a précisé la procureure, avant de requérir deux ans avec sursis avec mise à l’épreuve de trois ans contre V.S..

La défense semblait s’interroger sur les préjudices.

“Six ou treize millions de préjudice”, s’est interrogé le conseil de V.S. au sujet d’une des deux associations flouées, avec “aucun bilan sur trois ans, c’est la porte ouverte à toutes les exactions”, tout en demandant que du sursis pour sa cliente.

Au final, le tribunal a suivi les réquisitions de la procureure et a condamné V.S. à deux ans avec sursis avec mise à l’épreuve de trois ans avec une obligation de travail et de formation, ainsi qu’à l’indemnisation de ses victimes – une dizaine – pour un montant total de près de 9 millions de francs.

 

Compte-rendu d’audience par Christophe Cozette

 

 

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