Détournement de fonds publics présumé : Marcelin Lisan risque cinq ans d’inéligibilité

    mardi 27 janvier 2015

    Le tribunal correctionnel rend ce matin son délibéré dans l’affaire de détournement de fonds publics présumé visant le maire de Huahine, Marcelin Lisan. Le procureur de la République avait requis à l’audience, en novembre dernier, un an de prison avec sursis, 100 000 Fcfp d’amende et cinq ans d’inéligibilité contre l’élu Tahoeraa Huiraatira. Marcelin Lisan est poursuivi pour détournement, complicité de détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts dans cette affaire qui remonte à sa première mandature, entre 2005 et 2008.
    La justice lui reproche une série de délits présumés. Le premier d’entre eux : avoir fait embaucher une vahine avec qui il entretenait une liaison comme collaboratrice à l’assemblée de la Polynésie française et alors qu’elle n’avait aucune compétence pour le poste.
     
    « Des broutilles » qui méconnaissent la vie des îles selon son avocat
     
    Marcelin Lisan est également sous la menace d’une condamnation pour avoir fait acheter par la mairie deux véhicules de fonction à deux de ses adjoints qui les utilisaient comme leurs véhicules de tous les jours, d’avoir privilégié le supermarche Fare Nui, dont il est co-gérant, pour assurer la bonne tenue des réceptions et cérémonies organisées par la municipalité et, enfin, d’avoir favorisé la petite entreprise de pompes funèbres du compagnon de sa première adjointe qui utilisait des véhicules de la commune et les services des mutoi pour s’occuper du transport des cercueils et des défunts, prestation qu’il facturait à son crédit.
    A l’audience de novembre, Me Quinquis, avocat de Marcelin Lisan, s’était attaché à rappeler le contexte particulier de ces îles « loin de tout » où se côtoient quelques milliers de personnes pour les plus peuplées et « où tout le monde a un intérêt dans l’épicerie du coin ».
    « La justice a été instrumentalisée dans le cadre d’un règlement de compte politique ou un opposant avait livré une liste de 16 ou 17 infractions supposées à la justice en se disant qu’il en resterait bien quelque chose », avait ajouté l’avocat. Ironie de l’histoire, l’opposant politique de l’époque à l’origine de la procédure s’est aujourd’hui rapproché du tavana.
     
    Raphaël Pierre

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