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Deux ans de prison ferme pour une agression au coupe-coupe

mercredi 8 août 2018

Maltraitance, troubles mentaux, arme blanche, alcool, paka... Tout était réuni pour que Christian M. finisse en prison. (© Caroline Perdrix)

Maltraitance, troubles mentaux, arme blanche, alcool, paka… Tout était réuni pour que Christian M. finisse en prison. (© Caroline Perdrix)

Le 5 août 2017, à Faa’a, un homme de 33 ans avait blessé au coupe- coupe deux compagnons de beuverie rencontrés ce jour-là. Accusant l’un des hommes de boire sans avoir participé à l’achat d’alcool, Christian M. a immédiatement sorti un coutelas de son sac et porté plusieurs coups à ce dernier, puis à un autre homme qui tentait de s’interposer.

Ils auront besoin de multiples sutures pour des plaies profondes à la tête, au cou et aux bras, et d’interruptions totales de travail de dix et quinze jours. Les tests réalisés à l’hôpital montreront, chez l’accusé, une alcoolémie de 2g/l et la prise de cannabis. Après presque un an de détention provisoire – l’affaire avait été renvoyée à l’instruction par le parquet –, Christian M. comparaissait pour violences avec arme.

Hier matin, comme lors des premières auditions, il disait ne pas bien se souvenir des faits.

 

Un cas d’école

 

Le parcours du jeune homme est presque un cas d’école : originaire des Gambier, abandonné à la naissance, maltraité par ses oncles après la mort de sa grand-mère, il finira son adolescence en foyer.

Son père fait douze ans de prison pour le viol d’une de ses filles. Christian M. fait une tentative de suicide à 17 ans, et plus tard un long séjour en hôpital psychiatrique. Il est SDF à Tahiti et prétend subsister en vendant des fruits. Depuis 2004, il a accumulé huit condamnations liées aux stupéfiants et à des violences. La dernière – dix mois de prison – date de mars lorsqu’il a été pris, à Nuutania même, en possession de 2,25 g d’ice et d’une douzaine de grammes de paka.

L’expertise psychologique décrit un homme “frustre, influençable et fragile”, très isolé socialement, porteur de carences éducatives et affectives, qui minimise sa consommation d’alcool et reste “imperméable à l’injonction judiciaire”. Surtout, l’expert estime que Christian M. présente un risque important de récidive.

La cour a suivi les réquisitions du procureur et condamné l’homme à quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis, une mise à l’épreuve de trois ans avec obligation de soins et de formation ; une interdiction de détention d’une arme pendant cinq ans a été prononcée, et il devra payer 400 000 F de dommages et intérêts à chacune des deux victimes.

 

C. P.

 

 

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