Deux ans de prison ferme pour un crochet du droit fatal

    jeudi 15 septembre 2016

    assises

    À l’issue de deux journées de débats, Michel, 59 ans, a été condamné à deux années de détention pour un coup de poing qui avait mortellement terrassé l’un de ses amis en 2013, à Taha’a. (Photo : archives LDT)


    Michel, 59 ans, avait mortellement frappé son ami à Taha’a

     

    Arrivé libre devant la cour d’assises, mardi, il a quitté, hier, le palais de justice sous escorte des gendarmes pour être conduit à Nuutania. Michel, 59 ans aujourd’hui, a été condamné par les jurés à cinq années de prison, dont trois avec sursis, pour “violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner”.

     

    En 2013, cet ancien boxeur, dépeint comme quelqu’un de “gentil” et “d’investi”, avait décoché un violent crochet du droit à l’un de ses amis, sur l’île de Taha’a, coup dont Gaston, la victime, ne se relèvera jamais. L’accusé avait été rendu fou de rage par les moqueries de ce dernier qui venait d’obtenir l’autorisation d’implanter un parc à poissons non loin du sien, sur un motu de l’île Vanille.

    La victime laissait même entendre, lors d’une fête arrosée, qu’elle pourrait s’approprier celui de Michel qui, lui, n’avait sollicité aucune concession auprès du Pays, comme le veut la loi. Propos que ce dernier avait vécu comme une véritable “trahison”. “Il n’a pas compris l’humour de Gaston. Le coup est parti. Malheureusement. C’était un accident. Il n’a pas voulu sa mort”, a plaidé, hier, l’avocate de l’accusé, ajoutant que son client avait immédiatement regretté son geste et tenté de secourir son ami qui rendait son dernier souffle.

    C’était un coup volontaire”, au contraire, pour l’avocat de la famille du défunt. “L’accusé a voulu protéger ses intérêts personnels. Les mots n’ont pas pu trouver un terrain d’entente. Sa seule réponse a été la violence”, a soufflé le pénaliste qualifiant “d’impardonnable” le geste du quinquagénaire.

     

    “Réduire l’autre au silence”

     

    Bien que le passé et la personnalité de l’accusé aient joué en sa faveur, “verser le sang de l’autre ne peut avoir qu’un prix dans une société démocratique, celui de sa propre liberté”, a tonné la procureure générale. Rappelant que Michel pratiquait la boxe dans ses jeunes années, elle en a conclu qu’il savait “placer” et “recevoir” les coups : “Ce jour-là, il a choisi de donner le maximum de puissance dont il était capable (…) Il a frappé, peut-être pas pour tuer, mais en tout cas pour faire très mal et réduire l’autre au silence”.

    Certes, a reconnu la magistrate, l’homme est décrit positivement par son entourage, a émis des “regrets sincères” et n’est pas connu pour sa consommation d’alcool ou de stupéfiants, mais il présente néanmoins, selon elle, une personnalité plus “complexe” qu’il n’y paraît. “L’expert psychiatre a dit qu’il ne recommencerait pas mais a ajouté que, pour ce faire, la sanction devait être dissuasive”, a lancé, en guise de conclusion, la représentante du parquet général en réclamant une peine comprise entre 5 et 7 ans de détention.

    Les jurés ont finalement été en deçà des réquisitions. Michel ayant déjà effectué un an de détention provisoire à l’occasion de l’instruction de l’affaire, il lui restera donc encore 12 mois à purger à la maison d’arrêt de Faa’a avant de pouvoir prétendre à recouvrer la liberté. Le dernier procès de cette session d’assises débute demain. Un homme sera jugé sur deux jours pour un viol sur mineur.

     

    Compte rendu d’audience
    J.-B.C.

     

     

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