Deux ans de prison ferme requis contre Rere Puputauki

    mercredi 22 février 2017

    rere puputauki

    (© archives LDT)

    L’ancien chef des groupements d’intervention de la Polynésie (GIP), Rere Puputauki, comparaissait, hier matin, pour abus de confiance dans le cadre de sa gestion de la société civile immobilière (SCI) Romana, créée en 2005 pour développer un projet d’immobilier résidentiel sur un terrain de Fariipiti, à Papeete. La procédure, initiée par le ministère public, en mai 2014, a connu quatre renvois.

    Les 31 associés dans la SCI versaient une petite participation au capital et une somme mensuelle qui devait leur assurer, à terme, l’accession à la propriété d’un appartement à un prix très abordable.

    Certains versent des sommes conséquentes, dont Rere Puputauki dit avoir besoin pour les études.

    Entre 2005 et 2013, ce sont plus de 50 millions de francs qui s’évaporent et la justice estime que ces fonds ont été principalement utilisés à des fins personnelles, via des chèques et retraits d’espèces sans justificatifs sur le compte de la SCI.

     

    “Du grand n’importe quoi”

     

    En 2009, voyant que le projet n’avance pas, certains sociétaires cessent leurs versements. Seuls deux d’entre eux élèvent des objections.
    C’est alors que Rere Puputauki “efface d’un coup de baguette magique les comptes courants des associés”, relève la procureure, et transfère à son nom toutes les parts de la SCI.

    “Incontestablement, la comptabilité n’a pas été un souci permanent”, dit le président.

    Ce n’est qu’en 2010 que Rere Puputauki va s’en préoccuper : il demande à l’expert-comptable chargé de monter le dossier de défiscalisation d’établir le bilan 2009 de la SCI. Ce dernier est accusé de complicité d’abus de confiance. “Rere Puputauki n’a rien fait comme il faut, mais rien, c’en est confondant”, a estimé la procureure.
    “Tout se fait en liquide, même devant notaire. J’ai dans ce dossier des gens qui apportent des fonds au coup de sifflet. Au niveau comptabilité, c’est du grand n’importe quoi.” Titulaire “d’un casier un peu accablant, (Rere Puputauki) n’a pas les qualités d’un chef d’entreprise”, a-t-elle martelé.

    Mais le plus étonnant, a souligné la cour, c’est qu’aucune des victimes présumées ne s’est porté partie civile.

    Les deux avocats de la défense y voient la preuve qu’il n’y a pas eu abus de confiance, même si le concept de “Vefa à la tahitienne”, où tout serait fait sur accord verbal, a laissé la cour dubitative.

    “Où est l’abus de confiance ?”, a demandé Me Dubois. “Le dossier n’est pas terminé, le projet est toujours en cours, un nouveau permis de construire a été délivré l’année dernière. Rere Puputauki n’a jamais dit qu’il ne rembourserait pas les associés. Il leur a été demandé de se porter partie civile, mais ils ne l’ont pas fait parce qu’ils savent que Rere Puputauki va les rembourser.”

    “On n’est pas en Sicile, pourquoi prendre leur place ?”, a demandé Me Antz, sans doute en réponse au président qui, plus tôt, avait noté que “Rere Puputauki est quelqu’un d’extrêmement influent ici”.

    La procureure a requis deux ans de prison ferme à l’encontre de Rere Puputauki et une interdiction professionnelle.

    Pour l’expert-comptable, elle a requis quatre mois de prison avec sursis, un million de francs d’amende et un an d’interdiction professionnelle.
    Le délibéré sera rendu le 16 mai. 

     

     

    C.P.

     

     

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