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Deux ans de prison pour trafic de paka

mardi 5 décembre 2017

trafic paka

À l’issue de l’audience, le prévenu a été reconduit par les gendarmes à la prison d’où il devait ressortir libre dans la soirée. (© Benoît Buquet)

Le tribunal correctionnel de Papeete a été clément avec Henri (prénom d’emprunt). Cet homme de 50 ans, employé de la commune de Mahina, était jugé hier en comparution immédiate pour un trafic de cannabis depuis début 2016.

Pour lui éviter de perdre son emploi, les juges ont condamné Henri à deux ans de prison ferme, mais sans maintien en détention.

“Votre peine est aménageable. Vous verrez cela rapidement avec le juge d’application des peines”, a expliqué le président du tribunal à l’issue de l’audience. Avant d’ajouter : “Le tribunal n’a pas retenu la demande d’interdiction d’exercer votre fonction. Ce sera au maire de Mahina de décider.”

Début novembre, Henri est interpellé à la suite d’une dénonciation d’un revendeur. Lors d’une perquisition, les enquêteurs trouvent à son domicile 1,7 million de francs et 85 boîtes d’allumettes.

Il reconnaît rapidement les faits mais demande, le 6 novembre, en comparution immédiate, un délai pour préparer sa défense. En détention provisoire depuis un mois, il a finalement été jugé hier.

À l’audience, Henri préfère s’exprimer en tahitien, avec un interprète. Il confirme à nouveau tout ce qui lui est reproché. Et laisse le président diriger les “comptes d’apothicaire” : “Vous achetiez 4 000 F vos boîtes d’allumettes à un fournisseur de Huahine. Vous les revendez 7 000 F. Ce qui fait un bénéfice de 3 000 F par boîte d’allumettes.”

Plus tard, Henri explique qu’il vendait “60 à 80 boîtes par mois” et se procurait un revenu complémentaire de “200 000 F par mois”.

“Je vends du paka pour jouer au kikiri”, raconte le prévenu à la barre.

D’ailleurs, “vous avez spontanément déclaré aux enquêteurs que s’ils étaient arrivés plus tôt, ils auraient trouvé dans votre coffre, non pas 1,7 million, mais 8 millions de francs”, dit le juge, éberlué.

Le procureur fulmine. Il souligne dans son réquisitoire le salaire de l’agent communal, 280 000 F par mois, au bout de 26 ans d’ancienneté. Et s’étonne qu’après trois condamnations pour trafic de stupéfiants, Henri ait conservé son emploi de fonctionnaire territorial.

Ses réquisitions sont dures : quatre ans de prison ferme, avec mandat de dépôt, interdiction d’exercer toute fonction publique et saisie des véhicules du prévenu, en plus de l’argent liquide et des boîtes d’allumettes.

L’avocat de la défense, Vincent Dubois, rappelle l’enjeu familial : “Si (Henri) reste en prison ce soir, c’est sûr qu’il perd son emploi. S’il sort, il a des chances de le garder. Si vous lui confisquez ses voitures, comment fera-t-il pour chercher du travail ? Comment fera sa famille pour vivre demain ? Il subvient seul aux besoins de sa femme et de ses cinq enfants.”

Finalement, les juges coupent la poire en deux : deux ans de prison ferme mais qui peuvent être aménagés et une seule voiture saisie sur les deux retrouvées à son domicile.

À l’issue de l’audience, hier soir, à 18 heures, le prévenu a été reconduit à la prison, d’où il devait ressortir libre dans la soirée.

 

Benoît Buquet

 

 

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