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Deux ans d’inéligibilité requis contre Benoit Kautai

mardi 21 août 2018

 

ARCH LDT 1 bis Kautai

“Kautai n’était pas dans l’opérationnel. Il laissait ses équipes techniques gérer. Lui, il s’occupait de la politique”, a plaidé l’avocat du tavana de Nuku Hiva.

“C’était vraiment pour le bien-être de ma population, qui est toujours dans l’attente de l’amélioration de son bien-être.” Entre chaque mot, les secondes s’étirent. Benoît Kautai pèse chacun des mots mais ne parlera jamais de l’intérêt général. Un manquement dont le procureur lui a fait le reproche, quelques minutes plus tôt : “Je n’avais pas l’intention de requérir une peine d’inéligibilité, mais pas une seule fois, aujourd’hui, à la barre, vous n’avez parlé d’intérêt général”, a expliqué le représentant du ministère public, qui a comparé l’attitude et les déclarations du tavana de Nuku Hiva à celles d’une anguille, avec des réponses “difficiles à attraper”.

Le procureur a requis dix mois de prison avec sursis, 5 millions d’amende avec sursis et deux ans d’inéligibilité. Il a ainsi fait part de sa déception de la posture du maire à l’audience, après “une bonne instruction avec des éléments matériels”. (…) “J’en attendais bien plus, qu’il reconnaisse sa faute. Qu’il ne se soit pas enrichi ne le dédouane pas, mais je n’ai pas entendu parler d’intérêt général car c’est ce dont il est question au fond de ce dossier.”

Le juge d’instruction l’avait d’ailleurs souligné : le préjudice était faible. Sur le fond, l’affaire concernait l’obtention de subvention par le Pays pour le bétonnage des routes Hakapehi et Taukua II, entre 2012 et 2014.

Mais le montant de la subvention avait été gonflé de deux à cinq fois par rapport au coût réel, notamment en faisant valoir son intention d’avoir recours à des entreprises privées.

 

“C’est une leçon pour moi”

 

Aucun appel d’offres ne sera lancé pour cela, et c’est finalement en régie, avec les employés de la mairie que les travaux seront réalisés. Les quantités de béton commandées, subventionnées et payées par le Pays avaient très largement suffi pour le chantier, et ce, d’autant plus que certaines portions de route s’étaient faites avec une épaisseur moins importante que celle annoncée dans le projet initial.

Les experts avaient ainsi estimé, durant l’enquête, qu’une route facturée 16,1 millions avait un coût réel de 8,7 millions, l’autre avait été facturée 52,5 millions pour un coût réel de 12 millions.

Plaidant d’abord le complot politique, le tavana a finalement reconnu sa faute durant l’enquête, puis hier, à la barre, tout en se défaussant sur ses équipes, et notamment son secrétaire général, décédé depuis, affirmant leur faire confiance. “C’est une leçon pour moi, en tant que maire, pour l’avenir. Il faut être bien entouré de cadres compétents et de qualité. C’est le problème des petites communes, il est difficile d’embaucher des juristes”, s’est défendu le tavana des Marquises.

“Kautai n’était pas dans l’opérationnel. Il laissait ses équipes techniques gérer. Lui, il s’occupait de la politique”, a ainsi défendu son avocat, pour qui ce dossier a été instrumentalisé politiquement par l’administrateur des Marquises, “affilié au Tahoeraa”.

Le tavana avait ensuite profité des restes de matériaux et des crédits alloués pour faire travailler la régie à construire deux autres routes et plusieurs accès privés.

Durant l’enquête, le secrétaire général avait expliqué que ce chantier n’était pas étranger à l’approche des élections municipales.

“Il faudrait alors arrêter tout travaux un an avant les élections pour éviter d’être incriminé”, s’est interrogé l’avocat, avant de rappeler que sur les neuf accès bétonnés vers des terrains privés, trois concernaient des personnes handicapées.

À la barre, l’ancienne directrice administrative et financière de la commune a elle aussi plaidé sa bonne foi, arguant qu’elle n’était chargée de contrôler que la cohérence entre les dépenses de la mairie et ce qui avait été budgété par le Pays.

“C’est un dossier monté avec préméditation. Elle était étrangère à tout cela. Ce n’était pas intentionnel.” Cinq mois de prison et 5 millions d’amende avec sursis ont également été requis à son encontre. Le jugement sera rendu le 4 septembre.

 

F. C.

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