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Deux employés d’Air Moorea et la compagnie condamnés, le pilote relaxé

mercredi 25 octobre 2017

air moorea tribunal

(© archives LDT)

Le 3 octobre comparaissaient, à la barre du tribunal correctionnel de Papeete, d’anciens salariés d’Air Moorea – un pilote, un mécanicien et un contrôleur de production de la compagnie – après des faits survenus en 2007, quelques mois après le crash d’Air Moorea, qui avait fait 20 victimes.

Un copilote en formation s’était inquiété de la raideur des commandes du twin otter qui assurait la rotation vers la Terre des hommes, en plein Festival des Marquises.

Pour le mécanicien, prévenu dans cette affaire, cette difficulté, toute subjective, était due au remplacement récent d’une chaîne. Le pilote, lui, n’avait pas signalé le problème tout de suite et ne l’avait fait qu’avant une révision complète de l’appareil.

C’est à ce moment-là que le câble à l’origine de cette dureté dans les commandes avait été retrouvé en dehors de la poulie où il devait se trouver, avec un degré d’usure bien trop important puisqu’il était effiloché.

“S’il avait cédé, cela aurait été une nouvelle catastrophe aérienne, au pire moment. Quand on attend de la compagnie qu’elle surveille de manière accrue la maintenance des appareils, il est difficile d’expliquer un tel dysfonctionnement”, s’était indigné le procureur lors de ses réquisitions.

Ce dernier avait reproché au mécanicien d’avoir maintenu l’avion en circulation sans avoir vérifié le cheminement des câbles suite au problème signalé par les pilotes, et d’avoir minimisé les choses.

Il était reproché au contrôleur de production de ne pas avoir opéré correctement le contrôle des procédures et “validé un travail qui n’a pas été vérifié par une personne habilitée”, avait notamment estimé le procureur, selon qui la situation de l’entreprise dans les mois qui avaient suivi le crash et la suspension de sa licence de vol n’était pas étrangère à des dysfonctionnements.

“C’est une question d’argent où l’on n’hésite pas à mettre en danger la vie des personnes.”

Un an de prison avec sursis avait été requis à l’encontre des trois prévenus, un an d’interdiction d’exercer contre le chef de production et le mécanicien, et trois ans contre le pilote.

Il avait également été demandé l’amende maximum, soit 1,5 million de francs, à l’encontre d’Air Moorea.

Des réquisitions qui ont été suivies partiellement par le tribunal qui a rendu son délibéré, hier, puisque le mécanicien et le chef de production ont écopé d’un an de prison avec sursis et un an d’interdiction d’exercer. La compagnie a été condamnée à payer une amende de 1,5 million de francs. En revanche, le pilote a été relaxé. 

 

F.C.

 

 

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