Deux frères kamikazes au coeur des attentats de Bruxelles et liés aux commandos de Paris

    mercredi 23 mars 2016

    Liés aux commandos de Paris, les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, qui se sont fait exploser mardi à Bruxelles, ont un passé de criminels endurcis. Pourtant, le « testament » laissé par l’aîné donne l’impression d’un fugitif aux abois juste avant de passer à l’acte.

    Ibrahim El Bakraoui, 29 ans, et son frère Khalid, 27 ans, se sont fait sauter mardi matin, le premier à l’aéroport de Bruxelles (au moins 15 tués), le second dans une rame de métro en plein quartier européen (une vingtaine de morts).

    La police a retrouvé mardi ce qui est qualifié de « testament » rédigé par Ibrahim, sur un ordinateur abandonné dans une poubelle dans la commune bruxelloise de Schaerbeek, au pied de l’immeuble où les assaillants ont notamment fabriqué leurs bombes et d’où ils sont partis en taxi vers l’aéroport au petit matin, avec trois valises noires bourrées d’explosifs.

    Le « kamikaze », condamné en 2010 pour avoir tiré sur des policiers après un braquage, y dit « être dans la précipitation, ne plus savoir quoi faire » car il est « recherché de partout » et estime « ne plus être en sécurité », a raconté le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw.

    Le message d’Ibrahim El Bakraoui ne comporte apparemment aucune référence à l’organisation Etat islamique (EI) qui a revendiqué les attentats de Paris et Bruxelles, mais fait état de la capture, vendredi après quatre mois de cavale, du suspect-clé des attentats du 13 novembre, Salah Abdeslam.

    Il stipule que « +s’ils (les frères El Bakraoui) s’éternisent, ils risquent de terminer à côté de lui (Abdeslam) dans une cellule+ », a expliqué le procureur.

    Les deux frères avaient « de lourds antécédents judiciaires non liés au terrorisme », a-t-il souligné.

    Ibrahim El Bakraoui a formellement été identifié, comme son frère, grâce à ses empreintes digitales retrouvées sur les lieux des attentats. Mais son apparition sur un cliché extrait de la vidéo-surveillance de l’aéroport au milieu de deux autres assaillants avait dès mardi intrigué les experts du grand banditisme bruxellois.

    -Fausse identité-Ibrahim est bien connu de la police belge après sa condamnation à neuf ans de prison en octobre 2010 pour avoir tiré sur des policiers à la kalachnikov alors qu’il venait de braquer un agent de change à Bruxelles, selon le journal La Dernière Heure.

    Khalid a lui été condamné en février 2011 à cinq ans d’emprisonnement pour des vols de voitures avec violence.

    Les noms des deux frères El Bakraoui étaient apparus dans les médias la semaine dernière lorsque la traque de Salah Abdeslam s’était brusquement accélérée après qu’une perquisition dans un appartement à Forest, une commune de Bruxelles, eut dégénéré en fusillades.

    Khalid El Bakraoui, fiché pour « terrorisme » par Interpol selon une fiche consultée mercredi par l’AFP, est soupçonné d’avoir loué ce logement sous une fausse identité, et la police a fait le lien avec un autre appartement loué par ses soins à Charleroi (sud) également avec de faux papiers.

    C’est de Charleroi qu’étaient partis certains des commandos juste avant de commettre les attentats à Paris (130 morts), notamment Chakib Akrouh, membre du trio ayant semé la mort sur les terrasses parisiennes, et Abdelhamid Abaaoud, considéré comme l’un des principaux organisateurs des attaques.

    A Forest, la police a retrouvé les empreintes de Salah Abdeslam, ce qui a relancé la traque de ce Français de 26 ans surnommé « l’ennemi public numéro un » par les médias.

    A l’issue de l’opération antiterroriste de Forest, un des occupants de l’appartement avait été tué mais deux autres, dont probablement Salah Abdeslam, avaient réussi à fuir.

    Salah Abdeslam aurait été dénoncé alors qu’il contactait des proches à Molenbeek, le quartier bruxellois où il a grandi, en leur demandant de l’aider à trouver un nouveau point de chute.

    Sur l’image diffusée mardi par la police, Ibrahim, habillé d’un pull noir, porte un gant à la main gauche qui pourrait cacher un détonateur.

    Il marche entre deux autres assaillants, dont l’un est mort en kamikaze mais n’a pas été identifié. Le troisième homme, portant une veste claire et un chapeau, reste « activement recherché » après avoir abandonné son bagage bourré d’explosifs dans le hall des départs de l’aéroport.

     Agence France-Presse

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