Deux jours de conférences sur la santé et la sécurité au travail

    jeudi 14 avril 2016

    La Caisse de prévoyance sociale (CPS), en partenariat avec la direction et la médecine du travail, organise les 19 et 20 avril les 3es journées Santé et sécurité au travail, au grand théâtre de la Maison de la culture. Les patrons des “temps moder­nes” seraient particulièrement démunis face aux risques émergents, touchant de près à l’humain, comme les risques psychosociaux qui feront l’objet de deux conférences. “Il y a peu de chiffres aujourd’hui, mais on commence de plus en plus à voir des arrêts de travail prescrits par des psychiatres”, souligne Régis Chang, directeur de la CPS.

    Le phénomène existerait partout, comme le rappelle le thème retenu cette année pour la journée mondiale de la sécurité au travail, le 28 avril : le stress. Mais les causes, difficiles à combattre, seraient bien plus multiples : personnelles, professionnelles voire conjoncturelles. “Il y a un peu de tout, explique le directeur de la Caisse. Mais c’est vrai qu’en Polynésie française, on a détruit près de
    9 000 em­plois entre 2008 et 2015. Forcément, les entreprises qui continuent de fonctionner le font avec moins de monde…”
    Et cela pèserait, in fine, sur le moral des troupes restantes, surchargées et soumises à des impératifs de rentabilité sans cesse rehaussés.

    Deux autres problématiques seront abordées par les intervenants les 19 et 20 avril : les addictions et les difficultés liées à la coactivité sur les chantiers (lorsque des salariés d’entreprises différentes, qui ne se connaissent pas, travaillent ensemble). “On souhaitait répondre aux sujets d’actualité qui intéressent les entreprises, qui remontent lors des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail”, explique Tekura Gay, à la tête du service de prévention des risques professionnels.

    Responsabiliser tous les acteurs

    “La promotion des bonnes pratiques est le sens même de ces journées”, rappelle le directeur de la CPS, qui les conçoit comme “une plateforme d’échanges autour de ces sujets”. La première, axée sur les risques, s’adressera en priorité aux salariés et représentants du personnel, tandis que la seconde intéressera plutôt leurs patrons, en quête de solutions. S’agissant des addictions, le problème doit être combattu “de façon globale, au niveau du Pays”, souligne Lovina Joussin, directrice adjointe du Travail. “Mais il y a des périodes où ça peut devenir une difficulté au travail, par exemple, lors des fêtes de fin d’année, rappelle Régis Chang.

    Les entreprises ont besoin de savoir quelle est la réglementation, quelle prévention mettre en œuvre, quelle est la conduite à tenir si un salarié revient à midi en ayant un peu trop “fêté” son repas… Car la responsabilité de la mise en sécurité du salarié incombe à l’employeur.”
    La Direction du travail emploie d’ailleurs huit agents de contrôle et les sanctions peuvent être très élevées. “Mais on ne va vers la sanction que lorsque l’employeur est vraiment récalcitrant, précise la directrice adjointe. Notre volonté, c’est de leur faire prendre conscience de leurs responsabilités.”

    Les 19 et 20 avril, les organisateurs espèrent donc les sensibiliser, ainsi que leurs salariés. “C’est un état d’esprit. C’est là, aujourd’hui, que nous mettons l’accent”, explique Edwin Faaruia, chef de l’unité Prestations santé et prévention à la CPS. “Avec la médecine du travail, nous pouvons leur apporter un soutien, mais ce sont eux les acteurs de la prévention.”

    Marie Guitton

    Des accidents nombreux, mais moins graves

    En 2003, un service prévention des risques professionnels était créé au sein de la Caisse de prévoyance sociale (CPS), afin “d’accompagner les entreprises et les salariés vers la sauvegarde de leur capital santé”. “Parce que les accidents du travail et les maladies professionnelles ont un coût pour la collectivité”, explique Régis Chang, directeur de la Caisse. “En termes de dépenses, c’est aujourd’hui 1,5 milliard de francs
    par an.”

    Entre 2007 et 2013, le nombre de sinistres (accidents et maladies confondus) a, en réalité, baissé au rythme de la destruction des emplois salariés. Il s’est, depuis, stabilisé autour de 2 200 par an, pour 61 000 salariés.
    Au final, donc, l’indice de fréquence (le nombre d’accidents du travail avec arrêt pour 1 000 travailleurs), n’a que légèrement reculé en dix ans, l’hébergement-restauration, le BTP et l’industrie restant dans le peloton de tête des secteurs à risque…

    “Les accidents, on ne peut pas toujours les éviter”, concède Edwin Faaruia, chef de l’unité Prestations santé et prévention à la CPS. “Mais on peut en amoindrir les conséquences, si on met les bonnes mesures de protection”, ajoute-t-il.
    C’est là le vrai bilan du service de préven­tion, un peu plus d’une décennie après sa création : “Au niveau de la gravité des accidents, on est bon.”

    En effet, deux indicateurs le prouvent : le nombre de jours d’arrêt et la somme des taux d’incapacité partielle permanente (IPP), en baisse notable entre 2011 et 2015. Et Edwin Faaruia de rappeler : “L’objectif, c’est le zéro accident mortel ou grave.”

    Informations utiles

    3es journées Santé et sécurité au travail
    Mardi 19 et mercredi 20 avril
    Grand théâtre de la Maison de la culture
    Entrée gratuite
    Inscription en ligne (jusqu’au 17 avril) et programme détaillé : www.cps.pf/jsst

    BERNARD 2016-04-15 13:17:00
    Régis CHANG constate qu'il y a de plus en plus d'arrêts de travail prescrits par des psychiatres. C'est tout de suite qu'il faut agir et sans attendre qu'il ne soit trop tard ou attendre une loi improbable. Il faut envoyer tout de suite des inspecteurs faire un contrôle dans l'entreprise ou l'administration concernées. Ils pourrons constater chaque fois que le coupable est un petit chef ou un grand chef psychopathe qui n'a peur de personne et qui même quand l'employé se plaint avec des arguments valables qui sont acceptés par une commission paritaire qui finit par donner souvent une conclusion sans suite et qui démontre une connivence avec les syndicats. Seul l'autorité de la CPS peut mettre un terme à ces événements souvent dramatiques qui peuvent durer des années.
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