Deuxième édition des Journées polynésiennes du handicap

    jeudi 1 décembre 2016

    journée handicap

    Édouard Fritch a répondu aux attentes d’Henriette Kamia, notamment en ce qui concerne la création d’un poste de délégué interministériel. (© Jean-Luc Massinon)

     

    La 2e édition des Journées polynésiennes du handicap se déroule jusqu’à demain à la pointe Vénus à Mahina. Présidente de la fédération Te niu o te huma, Henriette Kamia a demandé l’égalité des droits, d’accessibilité, de logement, d’éducation et d’insertion professionnelle. Édouard Fritch a promis des formations, un guichet unique, une rénovation des textes et la nomination d’une déléguée interministérielle.

     

     

    L’année dernière, lors de la première édition des Journées polynésiennes du handicap, les participants avaient attrapé des coups de soleil, sur la plage de Mahina. Mais cette année, la deuxième édition de cet événement a débuté sous la menace de gros nuages chargés d’eau.

    Malgré le temps, de nombreuses associations se sont retrouvées au pied du phare pour célébrer ces journées. On est même venu de Moorea et de Bora Bora.
    Le président Fritch et sa ministre de la Solidarité étaient également présents autour d’Henriette Kamia, la présidente de la fédération Te niu o te huma.

    Heureusement, aucune goutte n’est venue perturber la matinée d’inauguration organisée dans les jardins de la pointe Vénus. Et comme l’année dernière, ce sont les enfants des écoles de la commune qui ont ouvert les festivités, d’abord par le chant des hymnes interprétés par les élèves de l’école Amatahiapo, où la levée des couleurs n’a plus de secret.

    Les élèves handicapés de la classe Ulis ont bravé le public pour montrer qu’eux aussi pouvaient déclamer un ’orero.
    Les élèves de Nuutere ont chanté puis dansé, avant que les danseuses et danseurs de l’association Huma Mero effectuent un haka et la danse de l’oiseau “rare”.

    La tradition des discours n’a pas manqué. D’abord, c’est Marie-Pauline Cojan, 4e adjointe au maire en charge du handicap, qui s’est félicité de l’organisation de cette manifestation à Mahina, commune qui a été la première à signer la charte du handicap afin de faciliter l’accès dans les services communaux mais aussi dans les établissements privés.

     

    Égalité des droits

     

    On pouvait ensuite s’attendre à un discours sans concession d’Henriette Kamia qui a rarement sa langue dans sa poche pour dire ce qui ne va pas.

    La présidente a préféré faire lire son discours dans lequel elle demande avec force l’égalité “des droits pour tous”, en matière d’accessibilité, de logement, d’éducation, d’insertion professionnelle et de droits sociaux.

    Mais pour répondre à un gros travail sur un schéma directeur de mise en œuvre des actions en faveur des personnes handicapées, Henriette Kamia a demandé au président, la création d’un poste de délégué interministériel.

    À son tour au micro, le président Fritch a montré sa volonté d’engager la Polynésie française à prendre toutes les mesures qui s’imposent afin que personne ne soit laissé pour compte. Intégration des plus jeunes en milieu scolaire ordinaire, accès aux études supérieures et à la formation, insertion professionnelle des travailleurs handicapés, accès au logement, aux loisirs, au sport et à la culture… le président n’a pas caché que les mesures restaient insuffisantes et que les textes restaient trop théoriques et pas assez pratiques.

     

    Manifester davantage leurs besoins de travailler

     

    Si de gros efforts ont été accordés aux centres d’accueils spécialisés, et pour intégrer et accompagner les enfants porteurs de handicap en milieu ordinaire, Édouard Fritch a reconnu que le problème ne pouvait pas être réglé globalement et que chaque enfant devait être traité au cas par cas.

    Quant au fonds d’insertion pour travailleurs handicapés qui permet l’adaptation des postes de travail et la prise en charge partielle des salaires, le président constate qu’il est peu utilisé, car seules 723 des 2 530 personnes reconnues travailleurs handicapés ont été insérées dans le marché de l’emploi.

    Édouard Fritch déplore aussi que seuls 14 % des demandeurs d’emploi porteurs d’un handicap sont en recherche d’un emploi : “En d’autres termes, les handicapés ne se manifestent pas ou pas suffisamment pour dire
    qu’ils sont là et qu’ils ont besoin de travailler comme tout le monde”.

    Aussi, pour renforcer l’employabilité des personnes handicapées, le gouvernement s’attachera, dès 2017, à la mise en place d’un programme conséquent de formation (13 formations et un parcours complet d’insertion).
    Le président a également annoncé la mise en place d’un guichet unique afin de faciliter l’accès aux droits des personnes handicapées.

    Et en réponse à Henriette Kamia, Édouard Fritch a assuré qu’il demanderait à réformer les textes en vigueur qui ne seraient pas suffisamment adaptés, et convenu qu’il était devenu indispensable de nommer une déléguée interministérielle, chargée du handicap.

    C’était certainement la meilleure nouvelle de la matinée, car la météo s’est dégradée et a quelque peu perturbé le programme des activités qui se prolongeront jusqu’à demain. 

    J.-L.M.

     

    Superbe ’orero de la classe Ulis, qui accueille des enfants porteurs de handicap. (© Jean-Luc Massinon)

    Superbe ’orero de la classe Ulis, qui accueille des enfants porteurs de handicap. (© Jean-Luc Massinon)

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