Développement des flux maritimes : le défi sécuritaire

    mardi 20 octobre 2015

    Cluster maritime, Commission des ports d’outre-mer, South Pacific Cruise Forum… Les organisations n’en finissent plus de se réunir, à toutes les échelles, autour des problèmes posés par la redéfinition des routes maritimes. Les bateaux de croisière, comme les porte-containers, gonflent à vue d’œil, soulevant moult interrogations sur la capacité des infrastructures portuaires à les accueillir.
    Le Pacific Economic Cooperation Council, qui se réunit jusqu’à ce soir à Papeete, n’échappe pas à ces sujets. Mais hier, il s’est aussi arrêté sur les besoins de surveillance accrus par le développement de ces flux.
    Des représentants américains, japonais, coréens, canadiens, néo-zélandais et calédoniens ont assisté avec intérêt à une présentation des moyens dédiés à la sûreté et à la sécurité en Polynésie française. “Car, pas de développement économique sans sécurité”, a rappelé Marie Baville, la directrice de cabinet du haut-commissaire. Côté terre, elle a tenu à rassurer les croisiéristes en énumérant les mesures prises dans le centre-ville ou sur les quais, notamment la vidéosurveillance et des patrouilles de police dédiées à la sécurité des passagers.

    “Le défi, c’est de garder un œil partout”

    Côté mer, si un expert américain a rappelé que les actes de piraterie étaient en pleine expansion en Asie du Sud-Est, où naviguent 50 000 bateaux par an (30 % du commerce mondial), le risque de brigandage est inexistant dans les eaux polynésiennes.
    “Ici, ce qui nous inquiète, c’est la pêche illégale et le trafic de drogues en provenance d’Amérique du Sud qui irrigue l’Australie notamment”, a expliqué le commandant de la frégate Prairial, Nicolas Rossignol. “Le défi, c’est de garder un œil partout alors qu’on a plus de 50 % de la zone économique exclusive française”, précise-t-il. Sans surprise, le fenua ne dispose pas de 50 % des moyens français dédiés à la surveillance maritime…
    “Ça nous a permis de réfléchir à comment mieux utiliser nos outils”, assure le commandant, qui se félicite d’une bonne coopération interministérielle. “On travaille avec la gendarmerie, les affaires maritimes, les douanes… Et on a un système multicouche. On regarde ce qui se passe sur des moniteurs. Ensuite, on a des images satellites. On fait voler des avions et on envoie des bateaux.”
    Résultat, affirme-t-il, “on n’a pas de trou dans la raquette. Il n’y a pas de pêche illégale dans la ZEE de la Polynésie française. On est dans un système efficient, optimal en termes de rapport coût/efficacité.”
    Le commandant a donc balayé la possibilité de s’équiper de drones, partagés avec les États voisins, une solution jugée “intelligente” mais “un peu chère”… Il a préféré vanter le système d’observation satellite mis en place depuis le début de l’année au fenua, et qui sera pérennisé l’année prochaine. “Ce n’est pas juste pour savoir ce qui se passe, mais aussi pour cibler les actions de nos bateaux et de nos avions.” Les images sont également échangées avec “nos partenaires de l’est, de l’ouest et d’Hawaï”, ajoute Nicolas Rossignol, qui se félicite d’une intense coopération dans le Pacifique.
    “La France mène des opérations conjointes avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour aider les petites îles qui ont moins de moyens, comme les Cook, les Kiribati, le Vanuatu, dit-il. On sait que notre ZEE est bien défendue. Il ne faudrait pas reporter le problème chez nos voisins…”

    Marie Guitton

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