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Développement des Marquises – Annick Girardin a entendu la demande des maires

mercredi 24 janvier 2018

kautai fritch girardin

(Jennifer Rofes)


Annick Girardin a achevé hier une visite de deux jours aux îles Marquises. Elle a attendu d’être à Nuku Hiva pour annoncer à la population et aux maires des Marquises Nord les éléments sur lesquels elle s’engageait auprès d’eux. Il a notamment été question d’établir un partage de compétences et de l’accompagnement de l’État à la candidature des îles Marquises au patrimoine mondial de l’Unesco.

“Votre accueil, il m’a touchée, je n’oublierai jamais ces moments passés avec vous.” Des mots forts, vrais, à l’image d’une ministre des Outre-mer qui, durant son court séjour aux Marquises, a su être à l’écoute des habitants de Hiva Oa et Nuku Hiva, venus à sa rencontre.

Annick Girardin a attendu d’être à Nuku Hiva pour annoncer à la population et aux maires des Marquises Nord, Benoît Kautai, Joseph Kaiha et Nestor Ohu, les éléments sur lesquels elle s’engageait auprès d’eux.

La ministre a dès lors assuré que l’État accompagnerait la candidature des îles Marquises au patrimoine mondial de l’Unesco. “Nous allons vous aider à monter les dossiers de candidature car ils sont complexes. Un comité local sera en lien direct avec le ministère de la Culture à Paris et un expert va arriver pour vous accompagner. Je suis optimiste, car tous ceux qui viendront voir ce que j’ai vu en deux jours ne pourront que dire que c’est exceptionnel et qu’il faut classer un certain nombre de sites, sans oublier bien sûr le patrimoine immatériel, vos danses, vos sculptures… Je veux donc vous dire ici que tous ensemble, on y arrivera.”

Annick Girardin s’est également dite sensible sur l’enjeu de la continuité territoriale et des évacuations sanitaires qu’elle connaît bien, du fait d’être elle-même une ultra-marine d’un territoire éloigné, Saint-Pierre-et-Miquelon.

“Ce sont des sujets que je connais bien. Je sais qu’ici, une femme doit partir de chez elle un mois avant pour mettre au monde son enfant. Je sais ce qu’est une évacuation sanitaire dans des conditions météorologiques difficiles, je vais donc voir avec le haut-commissariat et le gouvernement comment vous accompagner”, a-t-elle promis.

Et sur la question de l’éloignement, la ministre a tenu à apporter un soutien supplémentaire, qui ne se faisait pas jusqu’ici, en demandant à l’agence nationale du numérique de venir en Polynésie pour exercer ses compétences.

“Un rendez-vous va être rapidement fixé avec le gouvernement. Cela signifie que l’État sera davantage à vos côtés sur les projets numériques compte tenu de l’enjeu que j’ai vu ici, depuis deux jours.”

 

L’unité, une richesse unique

 

Enfin, la ministre était très attendue sur la question de l’évolution statutaire des îles Marquises. Une question portée par les maires des Marquises Sud, dès lundi soir.

Annick Girardin a joué la carte de la franchise en annonçant que l’État ne souhaitait pas voir remis en cause l’unité de la Polynésie française qui, selon elle, est une richesse unique.

Cependant, la ministre a annoncé qu’elle avait échangé avec confiance avec le chef du gouvernement sur les moyens de rendre plus efficace l’exercice de certaines compétences des élus locaux.

“Le président Macron souhaite aujourd’hui que la différenciation, territoire par territoire, puisse être prise en compte. Ça veut dire en Polynésie que les Marquises ont des spécificités et que les Marquises peuvent être accompagnées différemment des autres archipels. Le rôle de l’État, c’est d’adapter le cadre législatif de l’intercommunalité et d’ouvrir une collaboration plus soutenue entre le Pays et la Codim (Communauté de communes des îles Marquises, NDLR). J’ai annoncé hier (lundi, NDLR) soir aux maires et je le redis, nous nous reverrons dès le mois de juin, pour concrétiser ce nouveau cadre et permettre aux Marquises de se développer.”

Des annonces importantes qui ont résonné comme un véritable espoir pour un grand nombre de Marquisiens présents. 

 

Jen.R.

 

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PÊCHE – Le projet industriel aux Marquises fait toujours débat

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La jeune génération des pêcheurs (pêche artisanale) de Nuku Hiva était positionnée près du monument aux morts de Nuku Hiva, munie de banderoles, afin de sensibiliser la ministre dès son arrivée dans le village de Taiohae. (© Marie Edragas)

Le projet de développement de la pêche industrielle aux Marquises initié par la Communauté de communes des îles Marquises (Codim) continue de faire débat dans l’archipel. Depuis les manifestations organisées à Hiva Oa, Ua Pou, Nuku Hiva et Tahiti contre la pêche intensive, des collectifs de citoyens multiplient les efforts pour que ce projet ne voie pas le jour.

À l’occasion du déplacement de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, aux Marquises, plusieurs pêcheurs et citoyens de Nuku Hiva ont souhaité que le sujet, qui n’était pas à l’ordre du jour, soit abordé.

Des manifestants munis de banderoles liées au refus de voir s’installer des thoniers dans l’archipel avaient pris place sur la route principale de Taiohae. La ministre est allée à la rencontre des manifestants et s’est ensuite entretenue avec deux représentants des collectifs marquisiens : Pierre Tetohu et Debora Kimitete.

“Nous sommes opposés à ce projet, ont expliqué les intervenants des collectifs de citoyens des Marquises et de Tahiti, car nous sommes persuadés que les dégâts environnementaux occasionnés par un tel développement de la pêche intensive s’avéreront désastreux (…). La zone à l’est des Marquises a été identifiée comme une zone de reproduction du thon obèse (AER Marquises, 2015). Les études scientifiques démontrent que cette espèce, ciblée par la société Big Eye, a perdu 84 % de sa population naturelle dans le Pacifique et qu’il est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Par ailleurs, la pêche thonière à la palangre (longline) est responsable des 2/3 de la surexploitation du thon obèse et de 95 % de la pêche du thon germon dans le Pacifique (…)”.

Ainsi, les collectifs veulent proposer à la Codim, puis au Pays et avec le soutien de l’État, de se diriger vers une économie durable en mettant en place une grande aire marine protégée (AMP) aux Marquises.

“De nombreuses études scientifiques montrent les bénéfices des grandes AMP pour les poissons pélagiques migrateurs comme les thons, les espadons et les requins (…), a précisé le collectif dans un courrier adressé au président Emmanuel Macron, qui a été remis en main propre à madame Girardin, hier matin. (…) Nous sommes satisfaits d’avoir pu nous entretenir avec un membre du gouvernement central. Désormais, nous espérons que le président Emmanuel Macron, que le ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot et la ministre de l’Outre-mer, Annick Girardin soutiendront  nos efforts pour préserver notre archipel de la pêche industrielle.”

Annick Girardin a signifié au collectif des citoyens des îles Marquises qu’elle prenait au sérieux leurs inquiétudes : “Vous n’êtes pas sans connaître mon implication sur les questions de la mer”, a-t-elle indiqué, faisant référence à son discours d’il y a un an, lors du 2nd sommet sur l’économie bleue, à Abou Dhabi. Un sommet qui concernait la conservation et l’exploitation durable des océans.

Elle avait alors indiqué : “l’océan est le principal régulateur du climat mondial, à ce titre la première réponse au réchauffement climatique est une meilleure gestion des ressources marines.”

 

De notre correspondante Marie Édragas

 

Inauguration du plus grand tiki du Pacifique, Tuhiva

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Un guerrier marquisien s’extirpe du flanc de Tuhiva muni d’un grand casse-tête. Il regarde l’avenir. (© Marie Édragas/LDT)

C’est sous l’impulsion du maire de la commune de Nuku Hiva, Benoit Kautai, que le plus grand tiki du Pacifique a été réalisé sur les hauteurs du fort Collet à Taiohae. Achevé  il y a quelques mois, l’œuvre nommée Tuhiva a été inaugurée hier après-midi, en présence de la ministre de l’Outre-mer, Annick Girardin.

Pour ce faire, l’artiste concepteur de Tuhiva, Grégorio Grand-Midi a exposé, devant la ministre et les autorités locales, toutes les étapes de la réalisation de cette sculpture monumentale de 12 mètres de hauteur.

 

L’œuvre aura coûté 5 000 000 F

 

“Nous avons souhaité que le tiki soit de sexe féminin afin de rendre hommage à la femme, qui est la gardienne du savoir, de la culture et des traditions”, explique l’artiste.

Un choix dont se réjouit la ministre : “Le rôle des femmes dans le Pacifique est essentiel. Ce rôle n’est pas assez souvent mis en avant, alors que beaucoup de solutions sur les territoires sont trouvées par les femmes.”

Il aura fallu près de 7 km de fer à béton soudé, 300 m2 de grillage, 120 mètres de structure IPE (poutres en acier) et 230 sacs de ciment à l’artiste pour réaliser, avec trois sculpteurs tatoueurs marquisiens, ce tiki, fièrement installé sur un socle représentant un paepae (marae).  Au total, l’œuvre aura coûté 5 000 000 F.

Par ailleurs, Benoit Kautai a précisé à la ministre de l’Outre-mer que cette réalisation s’inscrivait dans un projet global consacré au sport. En effet, la commune de Nuku Hiva est en attente de subventions, afin de réaliser autour du fort Collet, et donc du tiki Tuhiva, un parcours de santé de 650 mètres, équipé de plusieurs éléments fixes de musculation, d’assouplissements et d’étirements.

“Il nous faut réunir 30 millions de francs pour réaliser l’aménagement du parcours et la mise en place des équipements sportifs”, détaille Benoit Kautai.

Les élus de Nuku Hiva espèrent bien voir achever cet ensemble au cours de cette année.

 

De notre correspondante Marie Édragas

 

 

 

 

 

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