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Comment “développer sa nature avec la permaculture”

vendredi 5 octobre 2018

P Darius 1

Un stage à la Petite Ferme du Tahara’a a enseigné la pratique qui associe permaculture et écoconstruction. (Photo : Claude Jacques)

C’est bien sûr dans la terre que poussent les plantes qui nous nourrissent et qui peuvent nous soigner. Mais on a un peu trop oublié, avec l’utilisation généralisée du béton, qu’elle peut être aussi un matériau de construction. Un stage de quelques jours, destiné à mieux faire connaître les nombreux bienfaits offerts par une terre vivante, était organisé récemment à La Petite Ferme du Tahara’a. Philippe Darius, qui anime le collectif La vie en abondance (qui compte aujourd’hui près de 5 000 membres), a ainsi proposé plusieurs séquences de travaux théoriques et pratiques à une petite équipe de stagiaires intéressés d’en savoir plus à propos d’une pratique qui associe permaculture et écoconstruction. Une manière d’apprendre à “cultiver l’autonomie et la résilience tout en régénérant les écosystèmes, les corps et les âmes”.

 

La terre pour se nourrir

 

Le premier principe consiste à savoir observer : “Qu’est-ce qui se passe dans la nature quand on n’intervient pas ? Par quels stades de développement passe-t-elle ?”, interroge Philippe Darius. Il est nécessaire – si l’on veut interagir harmonieusement avec la nature – quand on est face à un terrain, de comprendre où il en est dans son évolution en tant qu’écosystème et dans son niveau de fertilité. “Cela permet, à partir de ce site précis, de disposer d’éléments pour imaginer ce qui pourrait être un fa’a’apu idéal.”

Les fondamentaux de la permaculture ont été abordés lors de ce stage. Cette pratique, qui est aussi une science, associe cultures et lieux de vie au sein de systèmes agricoles humains utilisant des principes d’écologie et le savoir des sociétés traditionnelles. L’objectif étant de reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels.

On y évoqué le type de plantes qu’il est souhaitable d’y cultiver – prioritairement celles qui sont adaptées aux conditions locales (endémiques ou adaptées) ; leurs différentes parties (feuilles, bourgeons, fruits, fleurs…) ; leur utilisation et leur conservation sans feu ni électricité (germination, trempage, fermentation…) ; leurs aspects nutritionnels et thérapeutiques, etc. Et, naturellement, tout cela ne pouvait se terminer sans une appréhension gustative de toutes ces merveilles avec la réalisation, notamment, d’un kimchi : un processus de fermentation coréen, sorte de choucroute épicée qui est “une mine d’or” pour le corps.

De notre correspondant C.J.

 

 

La terre pour construire

Dans un environnement de permaculture, on est amené à envisager la construction avec un autre regard. “La composition de la meilleure terre pour planter représente un équilibre qui est le même que celui qui est nécessaire pour avoir la terre la plus apte à construire”, a encore expliqué Philippe Darius.

La terre crue offre des possibilités aujourd’hui largement oubliées. Utilisée depuis les temps les plus reculés dans de nombreuses régions du monde pour la construction, cette matière naturelle possède de sérieux arguments écologiques, esthétiques et de confort. C’est un matériau abondant, qui nécessite beaucoup moins d’énergie pour sa fabrication que la chaux, les briques cuites ou le ciment (très peu d’émissions de CO2) et qui ne génère pas de déchets.

Un savant mélange de terre argileuse, de sable, de limon et de cailloux (des éléments que l’on trouve à Tahiti) a ainsi permis aux stagiaires de construire un muret de bordure pour établir une planche de biodiversité au pied d’un arbre. Dans la planche ont été plantés des rea (tinito et Tahiti), du miri, des œillets d’Inde…

 

 

Techniques idéales pour petites surfaces

Ces techniques, agriculture et construction, sont adaptées à de petits terrains. Ce qui représente un intérêt pour les particuliers qui voudraient créer une configuration écologique et équilibrée de leurs jardins et potagers. « On peut planter n’importe où, même en appartement, sur un balcon par exemple », précise Philippe Darius. « Les problématiques que l’on rencontre sur un micro-espace, on les retrouvera sur un terrain à plus grande échelle : la question des flux d’eau, la question de la terre et de sa fertilité, celle de l’ensoleillement et de l’ombre… Si on intègre bien tout ça à petite échelle, on est capable de le déployer sur de plus grandes surfaces, avec des règles particulières bien sûr. » Le groupe de stagiaires a eu ainsi à examiner un cas pratique pour un terrain de 3 000 m2. La personne qui le possède a dessiné un plan et donné des indications le concernant puis tous ont réfléchi à la création d’un micro-espace sur ce terrain en tenant compte de l’ensoleillement, du type de végétation, etc.

 

 

Informations pratiques

Un nouveau stage est programmé en novembre. Le nombre de participants est limité afin de privilégier la qualité des échanges.

Renseignements sur la page FB de Philippe Darius

 

 

 

 

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