Dieudonné sur Charlie Hebdo: enquête ouverte pour apologie du terrorisme

    lundi 12 janvier 2015

    Une enquête a été ouverte lundi pour apologie du terrorisme à l’encontre du polémiste Dieudonné, qui a écrit dimanche sur sa page Facebook : « Je me sens Charlie Coulibaly », a annoncé à l’AFP le parquet de Paris.
    « Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly », a écrit Dieudonné, détournant le slogan de soutien à Charlie Hebdo, « Je suis Charlie », en l’associant au nom du jihadiste Amédy Coulibaly, auteur de la prise d’otages au cours de laquelle quatre juifs ont été tués à Paris vendredi.
    « La décision a été prise (d’ouvrir une enquête) dès ce (lundi) matin », a indiqué le parquet. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé les propos du polémiste comme une « abjection », lundi en marge d’une visite à la communauté juive rue des Rosiers à Paris.
    L’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP).
    Dans sa déclaration sur Facebook, qui a ensuite été supprimée, Dieudonné assure avoir participé à la manifestation historique dimanche en hommage aux victimes du terrorisme, tout en la tournant en dérision, la qualifiant d' »instant magique comparable au big-bang », « comparable au couronnement de Vercingétorix ».
    Lundi, dans une autre déclaration en réponse à M. Cazeneuve, diffusée sur internet, Dieudonné déplore que l’État « continue » de lui « pourrir la vie » alors qu’il ne « cherche qu’à faire rire ». « On me considère comme un Amédy Coulibaly alors que je ne suis pas différent de Charlie », ajoute-t-il.
    Adepte des provocations, le polémiste a déjà été condamné par la justice pour des propos antisémites. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour le même délit d’apologie du terrorisme début septembre après la diffusion d’une vidéo où Dieudonné ironisait sur la décapitation du journaliste américain James Foley par l’organisation État islamique (EI).
    Dans une autre vidéo en 2010, l’humoriste controversé avait aussi appelé à la libération de Youssouf Fofana, condamné pour le meurtre d’Ilan Halimi, jeune juif séquestré, torturé et tué en 2006. Poursuivi pour cette vidéo, il a été relaxé début février mais doit comparaître en appel jeudi sur le volet civil de ce dossier.
    Dans le viseur du gouvernement fin 2013, Dieudonné M’Bala M’Bala avait vu plusieurs de ses spectacles interdits par la justice. Parmi d’autres déboires judiciaires, il a été mis en examen en juillet par le juge financier Renaud van Ruymbeke pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux.
    Selon une source proche du dossier, il est soupçonné d’avoir minoré ses revenus à l’égard du fisc et ses biens vis-à-vis de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui s’applique aux patrimoines supérieurs à 1,3 million d’euros. Contacté par l’AFP, son avocat, David de Stefano, avait répondu que son client était « totalement en règle au niveau fiscal » et assurait qu' »il (n’était) pas soumis à l’ISF ».

    AFP

    MANUEL VALLS : « Ne pas confondre la liberté d’opinion avec l’antisémitisme »

    « Il ne faut pas confondre la liberté d’opinion avec l’antisémitisme, le racisme, le négationnisme », a déclaré lundi le Premier ministre Manuel Valls, interrogé sur l’ouverture d’une enquête pour apologie du terrorisme à l’encontre du polémiste Dieudonné.
    « Le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme, l’apologie du terrorisme ne sont pas des opinions, ce sont des délits », a-t-il poursuivi, en réponse à une question de la presse sur Dieudonné.
    Dans l’État de droit, a dit Manuel Valls lundi, il y a « une lutte impitoyable bien sûr contre le terrorisme, contre toutes les violences, mais aussi contre la parole qui tue, la parole de haine ».
    « Et je veux vous dire notre très grande détermination, avec la garde de Sceaux (Christiane Taubira), dans le respect de nos lois et de nos procédures, à combattre ces discours de haine et les individus qui les portent », a ajouté le Premier ministre.
    Le chef du gouvernement était interrogé à sa sortie de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation, à laquelle participait également Mme Taubira.
    En janvier 2014, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Manuel Valls avait fait tout son possible pour faire interdire le spectacle de Dieudonné, saisissant notamment le Conseil d’État.

    AFP

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