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Difficile pour les artistes de se produire au fenua

mardi 14 mars 2017

maison de la culture

À quand de nouvelles salles de spectacle au fenua ? Compagnies, producteurs et artistes du spectacle vivant ont de plus en plus de mal à trouver des scènes dignes de ce nom pour se produire. (© Élénore Pelletier)


Le manque de salles de qualité au fenua pouvant accueillir des spectacles est criant. Compagnies et producteurs s’en plaignent. Mais les solutions concernant de nouveaux pôles culturels pouvant satisfaire les milieux artistiques comme les spectateurs, ne sont pas d’actualité.

À quand de nouvelles salles de spectacle au fenua ? Compagnies, producteurs et artistes du spectacle vivant ont de plus en plus de mal à trouver des scènes dignes de ce nom pour se produire.

Aujourd’hui, le petit et le grand théâtre affichent complets plus d’un an à l’avance, et c’est un vrai parcours du combattant pour obtenir les dates de son choix. Reste les hôtels qui offrent des espaces scéniques non équipés, hors de prix et la salle Manu Iti, à Paea, un peu trop excentrée pour le grand public…

Cela fait des années (depuis 1989 pour être plus précis), que le ministère de la Culture parle de la création d’un nouveau centre culturel … Mais aujourd’hui, rien n’est encore sorti de terre.

Devenu ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu a repris sérieusement ce projet en main avec la création de deux pôles culturels. Le premier, qui sera situé à Paofai, sur l’actuel parking du TNAD, devrait s’inscrire dans le décor d’ici 2020 et réunira en un même lieu une médiathèque flambant neuve, et deux salles d’expositions contemporaines.

Il est actuellement en phase de concours d’architecture, et les travaux devraient commencer en 2018.

Un autre pôle, destiné au spectacle vivant, devrait remplacer le petit et le grand théâtre… mais celui-ci est toujours à l’état de réflexion et n’est pas prêt de voir le jour.

Dans l’idée, il s’agirait de construire deux à trois nouvelles salles pour remplacer celles existantes : un “grand théâtre”, plus grand que l’actuel, et une salle polyvalente pouvant à la fois servir de “petit théâtre” et de salle de conférence…

Le ministère de la Culture assure qu’il impliquera les producteurs de spectacles du fenua dans la conception de ce dernier pôle. Une réunion est d’ailleurs prévue courant mai avec ceux-ci.

En attendant, les salles manquent, la création artistique se retrouve limitée et aucune solution n’est envisagée par les autorités locales ni même par la maison de la Culture.

Il faudra peut-être que celles-ci viennent du privé…

 

Élénore Pelletier

 

 

De la difficulté de trouver un créneau pour se produire à la Maison de la culture

grand théâtre

Elle-même productrice, la Maison de la culture bloque le petit théâtre et le grand théâtre en février, pour le Fifo, en mai pour le Heiva des écoles, en décembre pour le Hura Tapairu. (© Marie Guitton)

Se produire au petit théâtre et au grand théâtre n’est pas une mince affaire. Les compagnies doivent s’y prendre longtemps à l’avance (il faut compter entre un an et deux ans) pour espérer “booker” les dates qui leur conviennent.

Cette année, par exemple, les réservations ont été ouvertes fin janvier pour la programmation de toute l’année 2018.

Et aujourd’hui, alors que nous ne sommes qu’à mi-mars, il ne reste quasiment plus de créneaux disponibles.

“Il reste encore quelques dates, très peu certes, et qui se situent en semaine, ou durant les vacances scolaires… ce qui n’arrange pas du tout les producteurs de théâtre”, explique-t-on la Maison de la culture.

Pour les petites compagnies amateurs, qui ne font qu’une à deux créations par an, pas évident de se projeter aussi longtemps à l’avance. Les Comptineurs de Tahiti, par exemple, qui viennent de sortir leur tout nouvel album, ont failli se retrouver le bec dans l’eau cette année pour organiser leur futur concert, car plus aucune date n’était disponible au petit théâtre jusqu’en 2018.

Heureusement, un arrangement vient d’être trouvé avec une compagnie locale pour jouer en “doublette”, en matinée, au mois d’avril avec d’autres représentations.

Pour d’autres producteurs, qui invitent des artistes internationaux, l’ouverture du calendrier des réservations arrive trop tardivement, car il faut pouvoir “booker” les spectacles au moins un an et demi à l’avance, au moment où se dessinent les tournées des artistes.

“Bien souvent nous arrivons trop tard, après que les autres théâtres nationaux et internationaux aient réalisé leurs programmations, car nous ne pouvons pas avoir la certitude de pouvoir les accueillir dans telle ou telle salle. Les artistes ne sont plus disponibles parce que nous ne sommes pas dans le même temps de programmation que les autres professionnels”, argumente un producteur local.

Pas facile donc, pour la Maison de la culture de satisfaire tout le monde : d’un côté, ceux qui créent au jour le jour et de l’autre, ceux qui prévoient une programmation sur l’année entière.

“C’est pourquoi nous avons opté pour un ‘entre-deux’, avec l’ouverture des réservations en début d’année pour l’année suivante”, se justifie-t-on à Te Fare Tauhiti Nui.

Autre problème rencontré par les compagnies : plusieurs dates sont déjà indisponibles pour le petit et le grand théâtre.

“Nous sommes nous-même producteurs de spectacles et d’événements. Ça fait partie de nos missions. Donc, on bloque les salles en février pour le Fifo, en mai pour le Heiva des écoles, en décembre pour le Hura Tapairu. Quant aux mois d’avril et d’octobre, ils sont dédiés à la programmation de festivals à portée internationale, qui mobilise l’une des deux ou les deux salles une semaine entière. Parallèlement, nous avons des co- productions avec le conservatoire de musique et d’autres compagnies locales”, précise-t-on à la Maison de la culture.

Donc, au final, il ne reste plus beaucoup de dates sur le calendrier des réservations…

Ce qui fait également râler les théâtreux, c’est que le petit et le grand théâtre sont de plus en plus mobilisés pour des conférences, des débats, des projections de films, des manifestations sportives ou politiques…

Dommage, en effet, d’engager ces deux salles équipées et dédiées au spectacle vivant pour des manifestations qui n’en sont pas et qui pourraient se faire dans n’importe quel type de salle autre qu’un théâtre.

“Une Maison de la culture, c’est une Maison de la culture et non une maison polyvalente”, s’agace une compagnie locale.

Sur ce point, Te Fare Tauhiti Nui affirme qu’elle “essaie de satisfaire l’ensemble de la commande publique” et qu’aujourd’hui, le peu de disponibilité de ces deux structures est dû au fait qu’elle a un portefeuille client de 57 clients à gérer, contre seulement 10, il y a une dizaine d’années.

 

 

Des techniciens du spectacle aux horaires “de bureau”

technicien

À la Maison de la culture, 25 techniciens de qualité s’occupent du son, de la lumière, du montage des décors, de préparer les salles en fonction des demandes des différents prestataires… (© Élénore Pelletier)

La location des petit et grand théâtres et de To’ata inclut la prestation des techniciens de la Maison de la culture. Ceux-ci, au nombre de 25, s’occupent du son, de la lumière, du montage, des décors, de préparer les salles en fonction des demandes des différents prestataires… 

Si toutes les compagnies reconnaissent la qualité professionnelle des techniciens de la Maison de la culture, ils se plaignent cependant de la réglementation dont ils dépendent et qui les empêche de travailler en adéquation avec la réalité du monde du spectacle.

“Ils ont des horaires de bureau. Ils travaillent de 8 à 17 heures. Alors, si tu veux répéter au-delà de 17 heures, tu paies des heures supplémentaires, même si tu n’as pas eu besoin d’eux le matin. Sachant que beaucoup de compagnie fonctionnent avec des artistes qui travaillent en journée et qui ne peuvent se rendre disponibles qu’en soirée. De même, lorsque tu veux faire une représentation le dimanche, tu es majoré”, dénoncent les troupes. 

“Nous sommes un établissement public administratif et l’ensemble de notre personnel relève du statut de la fonction publique territoriale. Le technicien qui œuvre aujourd’hui pour le petit ou le grand théâtre peut demander une mutation dans un autre service public. C’est un fonctionnaire. Nous ne pouvons pas aménager ses horaires en fonction des productions”, se justifie la Maison de la culture.

 

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