Diplomatie – Visite officielle de l’ambassadeur de la République populaire de Chine

    mardi 19 juillet 2016

    Zhai Jun a été nommé ambassadeur de la République populaire de Chine en France en 2014. (Photo : John Hiongue/LDT)

    Zhai Jun a été nommé ambassadeur de la République populaire de Chine en France en 2014. (Photo : John Hiongue/LDT)


    Zhai Jun : “Le président Fritch et moi, nous sommes comme des amis”

     

    Quelle est votre première impression de la Polynésie ?

    C’est un très grand plaisir pour moi de venir visiter la Polynésie française. La Polynésie française est un paradis sur terre et je crois qu’elle mérite bien cette appellation. Ce qui m’a beaucoup impressionné, c’est l’environnement qui est très bien préservé ici ainsi que la présence de différentes communautés qui cohabitent. C’est la première fois que je viens et j’espère que ce n’est pas la dernière fois (rire).

     

    Vous avez rencontré Édouard Fritch lorsqu’il était à Paris. Là, vous venez pour un séjour extrêmement bref. Quel est le motif de votre venue ?

    J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer Édouard Fritch à Paris et nous avons eu des entretiens très amicaux. Il m’a laissé un très bon souvenir, un accueil chaleureux et il m’a invité à venir en Polynésie française. J’ai rempli ma promesse aujourd’hui.

     

    Qu’attendez-vous de la part du gouvernement d’Édouard Fritch et de la Polynésie ?

    Ma visite en Polynésie française à deux objectifs. Premièrement, c’est de mieux explorer les coopérations entre la Chine et la Polynésie française et deuxièmement, de rendre visite à la communauté chinoise de Tahiti dont j’ai déjà entendu parler en France.

    Le président Fritch et moi, nous sommes comme des amis et cela, dès notre première rencontre. Dès mon arrivée, Édouard Fritch m’a reçu avec un accueil très chaleureux, amical. Avant même que je vienne à Tahiti, il m’a laissé une très bonne impression sur la Polynésie française.

     

    Comment expliquez-vous le retrait des investisseurs chinois du projet Mahana Beach ?

    Je pense que ce sont des actes commerciaux et c’est tout à fait normal de se retirer si on le souhaite. Il y aura d’autres opportunités à travers d’autres entreprises chinoises de participer à l’activité économique en Polynésie française.

    Il me semble que la Polynésie française souhaite lancer un nouvel appel d’offres et j’ai beaucoup entendu parler de l’intérêt que portent les entreprises chinoises à la Polynésie.

     

    Les investisseurs chinois ont-ils été effrayés par le coût de la main-d’œuvre en Polynésie ?

    Ils ont leurs propres raisons que je ne connais pas.

     

    Qu’en est-il du projet aquacole à Hao ?

    On m’a dit que ce projet a déjà obtenu deux permis et un troisième doit encore être délivré avant la fin de l’année.

     

    Où est le projet de rachat d’hôtels par des investisseurs chinois ?

    Je suis au courant qu’un groupe chinois a racheté deux hôtels en Polynésie française. Cela montre l’intérêt de la coopération entre la Chine et la Polynésie française. C’est 120 millions de touristes chinois qui voyagent à l’étranger.

     

    Mais comment se fait-il que la Polynésie française ne reçoit pas beaucoup de touristes chinois ?

    Ceux qui viennent en Polynésie française ne sont pas très nombreux, mais la vitesse de croissance est très rapide comparée aux années précédentes. En 2015, il y a eu 5 555 touristes chinois qui ont visité la Polynésie française et ce chiffre est appelé à être doublé pour cette année, alors qu’il n’y avait que 1 000 touristes chinois il y a quelques années.

    J’ai eu des échanges avec le président Édouard Fritch sur cette question et je suis entièrement d’accord avec lui. Il faut savoir aussi que la Polynésie française vise un tourisme de haut de gamme et pas un tourisme de masse.

     

    Est-ce que ce n’est pas le fait que la Polynésie française n’est pas connue des Chinois de Chine ?

    C’est vrai que, dans le passé, la Polynésie n’était pas connue en Chine, mais aujourd’hui, elle est de plus en plus connue. Nous avons même mené une enquête sur Internet et 4 millions de Chinois ont répondu qu’ils connaissent la Polynésie française.

     

    Certaines personnes craignent l’expansion économique de la Chine dans le Pacifique. Que dites-vous à ces gens ?

    En fait, la présence économique de la Chine n’est pas très rapide même dans l’ensemble du Pacifique.

     

    Il s’agit de votre tout premier voyage en Polynésie française, quel message souhaitez-vous donner à la communauté chinoise ?

    Je souhaite saluer cette communauté chinoise de Tahiti, leur dire que je suis fier d’elle. Il y a 150 ans lorsque les premiers Chinois sont arrivés, ils étaient des coolies. Aujourd’hui, ils ont eu beaucoup de succès sur le plan économique, sur le plan social et leur situation s’est beaucoup améliorée.

     

    Comment qualifieriez-vous les relations diplomatiques aujourd’hui entre la Chine et la Polynésie française ?

    Des relations très amicales, mais aussi une relation importante afin de contribuer au développement économique.

     

    Un mot sur l’institut Confucius à l’Université de Outumaoro. Est-ce que ce programme sera pérennisé ? Y aura-t-il des nouveautés ?

    L’institut Confucius a été créé il y a trois ans en Polynésie et il est devenu très populaire d’après ce qu’on m’a dit et rapporté. Il y a beaucoup de contributions entre les étudiants polynésiens et la Chine sur le plan éducatif.

    Nous avons d’autres coopérations à développer comme les campus d’été et nous allons continuer à développer ces échanges.

     

    À quand des étudiants chinois qui viendront apprendre la langue française à l’Université de Outumaoro au lieu d’aller à Paris ?

    La plupart des étudiants chinois qui partent étudier en France ne viennent pas pour apprendre à parler le français, mais font des études dans d’autres domaines comme la médecine. Il n’y a pas beaucoup d’étudiants chinois à Paris, mais il y a 40 000 étudiants chinois répartis dans toute la France.

     

    Pour finir, quel est votre sentiment suite à l’attentat de Nice ?

    Nous avons appris avec beaucoup d’émotions ce qui s’est passé à Nice. Nous partageons la douleur du peuple français. Le terrorisme est notre ennemi commun et le président chinois a adressé un message au président français, François Hollande.

     

    Propos recueillis
    par notre correspondant J.H.

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