Discours d’ouverture : Marcel Tuihani marche sur quelques orteils

    vendredi 16 septembre 2016

    discours

    Marcel Tuihani a tenu un discours radicalement différent de celui d’Édouard Fritch à la tribune. (Photo : Bertrand Prévost)

     

    Ouverture d la nouvelle session à l’assemblée de la Polynésie française

     

    Le pays va mal”, a déclaré en préambule d’un discours offensif le président de l’assemblée, premier à prendre la parole lors de l’ouverture de la session budgétaire.

     

    Marcel Tuihani s’est targué de “savoir écouter la rue” pour affirmer que les chiffres “faiblement optimistes” mis en avant par le gouvernement ne résistent pas à l’épreuve de la réalité : “la reprise n’est pas véritablement au rendez-vous.” C’est également sur cette note qu’il a terminé son intervention, voyant dans la précarité et la misère les ferments de la division et de l’exclusion.

    Pour Marcel Tuihani, fidèle de Gaston Flosse, “la dynamique de 2013 est enrayée”. Et la rue qu’il écoute, donc, dénonce “le spectacle décalé que nous donnons de nous-mêmes”, assemblée comprise. “Il ne suffit pas de dire qu’on va être en rupture pour que ça change. Il ne suffit pas de dire qu’on va rompre avec les pratiques passées pour qu’elles n’existent plus.

    Ses propres tentatives de “faire craquer doucement les vieux clivages”, comme il l’avait souhaité en mars en proposant une répartition des présidences de commission proportionnelle au poids de chaque groupe, voire même un gouvernement d’union, ont échoué – sans doute que ses collègues y auront décelé un argumentaire cousu de fil orange au lieu de faire preuve de la “maturité politique” qu’il appelle de ses vœux.

     

    Victime de l’ “hystérie juridique”

     

    Dans son pré carré, les initiatives de l’assemblée elle-même, Marcel Tuihani s’estime dénigré et entend défendre son turf. “Je reste persuadé que la création de la commission d’enquête sur la fiscalité et la protection sociale généralisée aurait permis de faire avancer cette réforme difficile. (…) Au terme d’une bataille qui relève de l’hystérie juridique, cette commission a été torpillée puis enterrée”, a-t-il déclaré.

    Et il a déjà choisi le terrain du prochain affrontement, la modification prochaine des conditions d’inscription au RSPF.

    Mesdames et messieurs les représentants, il nous appartiendra, aux termes des débats qui auront lieu ici, oui nous et personne d’autre, de fixer ces conditions d’inscription. (…) Le suivi des politiques publiques est un élément essentiel de cette noblesse que l’entend redonner à notre institution. Ce n’est pas une ingérence dans l’exécutif (une référence à la décision du tribunal administratif qui avait enterré son projet de commission d’enquête, NDLR), ce n’est que la continuité de l’action législative.

    ll a donc annoncé son intention de renforcer, dans le règlement intérieur de l’assemblée, la dimension de contrôle et de suivi des politiques publiques, notamment par “des déplacements dans les archipels pour se rendre compte de certaines situations”. Il a ainsi annoncé son désir de mettre en place un comité de suivi des nombreux schémas directeurs élaborés par le gouvernement.

    Bref, ni flicage, ni campagne électorale déguisée en missions parlementaires, c’est la “complémentarité gagnante” que Marcel Tuihani veut faire vivre entre Tarahoi et la caserne Broche.

     

    C.P.

     

     

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