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Un dispositif pour prévenir les violences faites aux femmes

jeudi 22 décembre 2016

femmes battues

D’après le haut-commissariat, chaque jour en Polynésie française, trois femmes sont victimes d’actes violents, avec
une moyenne de 1 250 femmes victimes de violences par an. (© archives LDT)

 

 

Instauré en métropole depuis août 2014, le dispositif “Téléphone grave danger” (TGD) fait, aujourd’hui, son apparition au fenua.

Le haut-commissaire René Bidal, le président de la Polynésie française Édouard Fritch et le procureur général de la cour d’appel de Papeete François Badie ont présenté hier à la presse ce dispositif, destiné à améliorer la protection des femmes victimes de violences intraconjugales.

Il s’agit d’une des premières opérations concrètes mises en place dans le cadre du plan de prévention de la délinquance, présenté en mars par le comité du même nom. D’ici une quinzaine de jours, 20 TGD seront donc déployés dans l’ensemble de la Polynésie française.

Ces appareils mobiles sont destinés aux victimes de violences intraconjugales graves. Celles-ci ont été identifiées au préalable dans le cadre de procédures judiciaires : il s’agit soit de victimes dont le procureur connaît les auteurs des faits (ceux-ci étant capables de réitérer, car n’étant pas en prison), soit des femmes qui ont été signalées par le juge des affaires familiales, dans le cadre de procédures de divorce difficile, et dont la situation est conflictuelle et peut potentiellement dégénérer.

Le TGD est un dispositif simple et discret qui s’appuie sur deux techniques : la téléphonie mobile et la géolocalisation. Sa forme n’a pas été dévoilée à la presse pour éviter qu’il ne soit repérable par les auteurs de violences.

Côté utilisation, il suffira à la victime en cas de danger extrême, de presser un bouton de l’appareil. Celui-ci donnera alors l’alerte aux forces de police et de gendarmerie qui reconnaîtront directement la propriétaire du TGD. Elles pourront ainsi intervenir directement sur les lieux grâce à la géolocalisation (sans que la victime n’ait besoin de parler, ni de présenter la situation) et ainsi éviter le drame.

 

Priorité “aux cas extrêmes”

 

Ce dispositif qui s’adresse “aux cas extrêmes” permettra à la police et à la gendarmerie d’identifier les situations de graves dangers et de prioriser leurs interventions. En effet, avec le “17”, les forces de l’ordre réceptionnent tout un tas d’appels : accidents de la circulation, agressions, autres violences conjugales… Et ces appels peuvent être simultanés. Avec ce dispositif, ils pourront directement identifier l’identité de la victime et la gravité de la situation.

Pour Cécile Moreau, directrice de l’association polyvalente d’action judiciaire (APAJ), “ce dispositif est très attendu par un certain nombre de victimes qui se sentent en danger au quotidien. Il y a des femmes victimes potentiellement en danger, mais qui ne sont pas prêtes à se séparer de leur concubin, et malheureusement, celles-ci ne pourront pas disposer de ces appareils. En revanche, pour celles qui ont fait la démarche de se séparer et qui sont dans une logique de s’éloigner du conjoint violent, elles pourront en bénéficier. On a entendu parfois certaines victimes reprocher aux forces de l’ordre que leurs interventions étaient trop longues. Avec ce dispositif, ce ne sera plus le cas”.

Ce dispositif sera également un bon moyen de dissuasion pour les auteurs de violence, car, grâce à cet appareil, ils savent désormais que leur chance d’être arrêté est multipliée.

Aujourd’hui, les chiffres des violences faites aux femmes en Polynésie française sont alarmants. En effet, d’après le haut-commissariat, chaque jour en Polynésie française, trois femmes sont victimes d’actes violents, avec une moyenne de 1 250 femmes victimes de violences par an. Pour l’année 2014, on ne comptabilise pas moins de 785 procédures pour violences conjugales.

Pour le moment, seuls 20 appareils seront en circulation. Cela peut paraître peu, mais les expérimentations menées dans l’Hexagone montrent qu’il s’agit d’un nombre suffisant. Cependant, en cas de besoin, le procureur a affirmé que de nouveaux appareils seront commandés.

 

Élénore Pelletier

 

 

 

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