Dix ans de prison pour “l’homme au couteau” de Tautira

    jeudi 1 décembre 2016

    À l’issue du procès,  A.S. a été conduit à Nuutania. (© Florent Collet)

    À l’issue du procès, A.S. a été conduit à Nuutania. (© Florent Collet)

     

    La justice est passée, mais la douleur et la colère demeurent. À l’issue du verdict, tee-shirt noir en hommage à leur fils, frère ou neveu, la famille de la victime ne cache pas son amertume.

    “Il a  ôté la vie de mon fils, il n’est pas venu me demander pardon. Maintenant, il nous demande pardon. C’est trop tard”, explique la maman d’une voix posée.

    “Il avait un an pour le faire, il était dans le même quartier, il n’est jamais venu nous voir”, rajoute un autre membre de la famille de Boss, comme on l’appelait dans le quartier de Tautira, car il inspirait le respect de tout le monde pour son implication auprès des plus démunis, sans jamais s’en vanter. Un surnom que l’avocat de la famille a opposé à celui de A.S. appelé Al-Qaeda, l’homme au couteau ou encore le Samouraï.

    Si le procès n’aura pas permis de déterminer avec certitude comment A.S. a frappé d’un couteau de boucher sa victime, pour Me Dubois, les constatations de l’autopsie donnent la certitude que les coups étaient volontaires. La lame de 24 cm avait en effet perforé le ventre, le poumon et cassé une côte.

    “Quand on prend un couteau, on sait qu’on prend des risques, même si l’on n’a pas l’intention de s’en servir”, a plaidé le conseil de la partie civile qui a rappelé les nombreux témoignages indiquant qu’aucune raison n’expliquait ce drame.

    “Il avait le choix de tracer sa route et rentrer chez lui, personne n’avait rien à faire de lui.”

    “C’est une peine à perpétuité pour la famille”, a clamé, de son côté, l’avocat général particulièrement remonté contre l’attitude de A.S., et de demander aux jurés “de pas juger l’accusé comme une victime, qui n’a cessé de dire que ce n’était pas lui”.

    L’homme sur le banc des accusés a indiqué, au sujet de l’agression, “que le motif est si futile qu’il ne s’en souvient même pas, qu’il n’avait pas de problème avec la victime”.
    Selon l’avocat général “les coups et leur force étaient volontaires” et la “qualification de meurtre aurait été la bonne”.

    Un point qui a fait tiquer l’avocat de l’accusé qui a expliqué ne pas l’avoir envisagé au départ mais a finalement plaidé la légitime défense. Me des Arcis a repris, lui aussi, un autre aspect de l’expertise médicale qui expliquait que la blessure mortelle aurait pu aussi être due à la chute de la victime de tout son poids sur la lame. L’avocat a repris “le dossier pas à pas” pour rappeler notamment que l’accusé était rentré et que trois personnes étaient chez son beau-père sans rien avoir à y faire.

    Il a également fait cas de la tension régnant à ce moment-là, et que son client avait pris un couteau en pensant pouvoir rentrer tranquillement chez lui, mais qu’il avait pris une boule de pétanque dans le thorax avant que les trois hommes ne lui sautent dessus pour le rosser.

    Il a aussi souligné que 22 témoignages dressent le portrait d’A.S. comme “un homme cool, gentil, quand il n’a pas bu”. “On ne peut pas juger les faits sans connaître l’homme. On ne peut pas juger l’homme sans connaître ses qualités.”

    Finalement, les jurés ont suivi les réquisitions de l’avocat général qui demandait au moins dix ans de prison.

    Par ailleurs, A.S. a été condamné à payer 10,9 millions de francs au titre des différents préjudices subis par la famille. Il a indiqué à son avocat son intention de faire appel de cette décision.

     

    F.C.

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