Habillage fond de site

Dix-huit mois ferme pour le chauffard ivre de Moorea

vendredi 1 mars 2019

YR CI Chauffard Moorea

Le chauffard, en détention provisoire depuis les faits, est retourné en cellule, hier, au terme de sa comparution. Il a été condamné à 36 mois de détention dont 18 ferme. (Photo: Yan Roy)


C’est un jeune homme, grand et costaud qui pourtant n’en menait pas large, hier, à la barre du tribunal correctionnel de Papeete. Pétri de remords, avouant tous les faits qui lui sont reprochés, le prévenu a dû utiliser son débardeur à plusieurs reprises pour essuyer les larmes qu’il ne pouvait contenir. Sa condamnation – 36 mois dont 18 avec sursis, mise à l’épreuve de trois ans, obligation de soins, son maintien en détention -, il l’a acceptée sans sourciller.

Le 26 décembre dernier, à Moorea, après une fête sur la plage au cours de laquelle il boira une demi-bouteille de rhum, il décide de rentrer chez lui avec sa copine. Il prend le volant de la voiture. Les virages sont négociés avec difficulté. Un automobiliste témoignera plus tard avoir vu la voiture circuler en faisant des zigzags. Ce qui le poussera à faire demi-tour car il redoute alors le pire. Et le pire, en effet, survient. Le conducteur perd le contrôle et vient percuter un homme qui range les quads de son entreprise touristique de découverte de l’île. Une journée de travail qui s’achève.

Survient un choc, terrible. L’homme est projeté, sous les yeux de sa femme, affairée à l’intérieur de leur local commercial. Ses blessures sont multiples. Un trauma crânien, notamment. Et une fracture ouverte tibia-péroné. Le conducteur est choqué par la scène qu’il vient de provoquer. La victime, elle, n’a pas eu le temps de comprendre ce qu’il se passait. Évasané, le propriétaire de la société de location de quads Moorea Tours est depuis deux mois hospitalisé dans l’Hexagone. Il a fallu l’amputer sous le genou. Et il sera peut-être nécessaire de l’amputer prochainement au-dessus. Sa femme est à ses côtés, leur fille lycéenne aussi.

Pour cette famille, les conséquences sont terribles, ont rappelé hier la procureure comme l’avocat de la partie civile. Arrivant au bout de six années de crédit et d’efforts, ils commençaient à pouvoir vivre sereinement de leur activité, rachetée six ans plus tôt. “Le préjudice est psychologique, physique et économique”, entendait-on hier en salle d’audience.

À la barre, le prévenu avoue à nouveau : “J’étais bourré. J’avais fumé une pipette, aussi.” Depuis ce drame, le lendemain de Noël, “je fais des cauchemars”, dit-il. “Je pense à ma victime. Je prie pour lui.”

La voiture qu’il conduisait n’était pas la sienne. Il n’a jamais eu le permis. “Je m’entraînais à conduire depuis un mois”, a-t-il concédé hier. En conséquence, l’assurance n’a pris en charge aucun des frais consécutifs de l’accident. Et le fonds de garantie, censé prendre le relais, n’a pas suivi. Pour faire face à la détresse économique de la famille brisée (l’activité est fermée depuis l’accident et la famille n’a plus de ressources), l’avocat de la partie civile a demandé six millions de francs de provision. Pour faire face à l’urgence.

Il a obtenu gain de cause auprès du juge. Le fonds de garantie va devoir verser la somme. D’ici l’audience concernant les intérêts civils, une expertise médicale sera menée à Paris auprès de la victime.

Yan Roy

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Pensez-vous que la visite de la ministre de la Justice au fenua pourrait régler le problème foncier ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete