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Dominique Perben, un visiteur qui nous veut du bien

mardi 31 octobre 2017

dominique perben

Dominique Perben, à présent proche du gouvernement d’Emmanuel Macron, mène à Tahiti des rencontres avec les membres du gouvernement et quelques acteurs économiques. Une rencontre entre le président de la République et Édouard Fritch pourrait avoir lieu dans les semaines qui viennent. En jeu, l’application réelle de l’accord de l’Élysée. (© Caroline Perdrix)


Dominique Perben est à Tahiti pour une dizaine de jours. Quatre fois maire de Châlon-sur-Saône et quatre fois député de Saône-et-Loire, il fut aussi quatre fois ministre : DOM-TOM (1993-1995), Fonction publique (1995-1997), Justice (2003-2005) et enfin Transports, Équipement et Tourisme ( 2005-2007). Sa dernière visite au fenua remonte à juillet 2016, en tant que membre de la campagne d’Alain Juppé pour la primaire de la droite. En mars 2017, il déclare son soutien à Emmanuel Macron dans l’élection présidentielle.

Que venez-vous faire en Polynésie française ?

Voir un certain nombre d’amis polynésiens, en particulier l’équipe du président Fritch, pour une raison toute simple : ici, comme dans beaucoup d’autres collectivités d’outre-mer, les responsables politiques et économiques ont besoin de retisser des liens avec Paris.

Sans avoir de mission officielle, je suis disponible pour aider à ça, pour des raisons d’amitié, pour que le gouvernement ne perde pas de temps dans des impasses et que les dirigeants d’ici trouvent très vite leurs interlocuteurs et sachent comment présenter les choses.

 

Avez-vous rencontré Édouard Fritch ?

Oui, je viens de déjeuner avec lui et quelques ministres, et je vais sans doute revoir plusieurs d’entre eux dans les jours qui viennent. Je vais également rencontrer un certain nombre de personnalités du monde économique.

 

Quelles sont les préoccupations principales du gouvernement polynésien ?

Je les trouve très constructifs et assez sereins. Il y avait déjà eu avant l’été un très bon échange, que j’avais un peu suscité, entre Édouard Fritch et Édouard Philippe.

Je crois savoir que M. Fritch doit voir le président bientôt. Ce qu’il souhaite légitimement – et je l’avais dit au Premier ministre –, c’est de ne pas avoir à tout recommencer : il y a eu les accords de l’Élysée, il y a des choses qui ont été actées, il faut partir de là pour aller plus loin.

 

Édouard Fritch a-t-il des craintes sur le plan budgétaire ?

Il ne les a pas exprimées. Mais il souhaiterait que l’enveloppe de la DGA (dotation globale d’autonomie, NDLR) soit sanctuarisée.

Je pense que cela fera partie de ses conversations avec le président de la République. Sur le nucléaire, il y a eu la modification de la loi Morin, c’est une belle étape, maintenant il faut avancer.

Personnellement, je pense qu’il faut sortir de l’incertitude annuelle, c’est insupportable. Sur les questions de contrats de développement, il faut là aussi éviter de réinventer le fil à couper le beurre.

 

Que pense Paris des velléités de surenchère institutionnelle, comme le statut de Pays associé ?

Je crois que Paris est plutôt – en accord avec le gouvernement local – dans une perspective de stabilité, quitte à ce qu’il y ait un toilettage du statut, mais sans modification constitutionnelle fondamentale.

Ce système d’autonomie marche plutôt bien. Je pense aussi que par rapport à la vision du président Macron sur le plan géopolitique, avoir un partenariat positif avec la Polynésie, qui est maintenant membre du Forum des îles du Pacifique, ça peut aussi compter, sachant que la Nouvelle-Calédonie est dans une phase particulière qui va forcément la mettre un peu entre parenthèses.

Donc je pense qu’il y a une vraie opportunité pour la Polynésie.

 

Quatre des parlementaires polynésiens sont restés à l’UDI. On ne leur en tient pas rigueur ?

J’ai été de ceux qui ont conseillé à l’équipe de Macron de ne pas embêter le président Fritch avec ça, en disant : écoutez, le président Fritch a joué le jeu, fichez-lui la paix, et à quoi cela servirait-il de soutenir des candidats venus d’on ne sait où, qui vont venir perturber le jeu politique ? L’autonomie, c’est aussi ça : n’essayons pas de transposer de façon systématique les débats hexagonaux en Polynésie.

 

Comment l’ancien ministre des DOM-TOM et du Tourisme que vous êtes voit-il le contexte économique actuel ?

On a l’impression, après une période politique compliquée, que le président actuel a apporté de la sérénité et une certaine stabilité. On est sorti d’une période agitée et c’est important pour les acteurs économiques.

Je pense que la Polynésie a une place incomparable dans le haut de gamme touristique, mais qu’il y a des possibilités de développement de la gamme moyenne, qui est prometteuse sur le plan de l’emploi. Il faut voir ce que ça implique en termes de capacités de transport, par exemple avec la desserte par une compagnie comme French Blue.

Mais il me semble qu’il y a un potentiel touristique absolument colossal. Après, il faut choisir les bons opérateurs, ce qui est facile à dire est plus dur à faire. Je crois aussi que l’aquaculture a un gros potentiel.

 

Quelle est l’opinion de Paris sur le projet chinois de Hao ?

Je ne suis pas sûr que l’État français ait une opinion. Il faut faire un peu attention quand on voit arriver ces gens-là. Je connais un peu l’Afrique, où les “cadeaux” chinois ont été nombreux, c’est catastrophique. Ce sont quand même de grands corrupteurs. Ils prennent, ils partent. Il faut faire attention.

 

Vous êtes aujourd’hui avocat dans un cabinet prestigieux, spécialisé dans les contrats internationaux…

Nos clients, ce sont les industries de défense, d’énergie, de construction ou de transports. Et les adversaires de nos clients sont parfois des États, avec qui, en général, on évite d’aller au contentieux.

Nous sommes dans la résolution de conflits – on se prépare à l’arbitrage, et puis on négocie. C’est un peu le même job que ce que j’ai fait toute ma vie.

 

Propos recueillis par Caroline Perdrix

 

 

 

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