Don de sang : les besoins sont urgents

    mardi 29 novembre 2016

    La collecte, la conservation  et la distribution des produits sanguins doivent répondre  à une demande grandissante et respecter des conditions  de conservation et des délais de péremption draconiens. (© DR)

    La collecte, la conservation et la distribution des produits sanguins doivent répondre à une demande grandissante et respecter des conditions de conservation et des délais de péremption draconiens. (© DR)

     

     

    Le centre de transfusion sanguine du centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) renouvelle régulièrement ses appels aux dons du sang. C’est encore une fois le cas, avec une urgence particulière pour les groupes A+ et O+. Si la Polynésie compte de nombreux donneurs et que les Polynésiens répondent bien aux appels, il n’en reste pas moins que les besoins persistent et grandissent, particulièrement en globules rouges. Le Dr Julien Broult, chef du centre de transfusion sanguine, explique.

     

     

    Votre service continue d’appeler aux dons du sang, pourquoi ?
    Parce que la population vieillit. C’est une catastrophe sanitaire en préparation. Il y a également l’amélioration du plateau technique : des pathologies qui n’étaient pas prises en charge ici le sont maintenant, comme les greffes rénales, la chimiothérapie, les pathologies cancéreuses, les maladies métaboliques comme le diabète… Il y a aussi l’augmentation de la population : en 1988, on était 168 000 habitants, maintenant, on est près de 300 000.

     

    Comment faites-vous ?
    Un jour ou l’autre, il va falloir qu’on augmente la puissance. Il va me falloir un médecin en plus et une infirmière supplémentaire si on veut ouvrir au-delà des heures actuelles. Nous sommes actuellement 23 personnes, on travaille en flux tendu. J’essaie toujours de me débrouiller, mais à un moment donné, le système D, le bricolage, le colmatage, ce n’est pas suffisant. Maintenant, le centre de transfusion sanguine a acquis ses lettres de noblesse, on met en place les bonnes pratiques. À l’heure actuelle, j’ai deux formateurs de métropole, un médecin général du centre de transfusion sanguine des armées et une collaboratrice de l’Institut national de transfusion sanguine qui sont ici pour former mon personnel.

     

    Dans vos précédents appels aux dons, vous demandiez également du plasma AB+, est-ce toujours le cas ?
    Ça, c’est autre chose. J’ai mis en place ici, depuis mai 2015, une filière plasma thérapeutique qui fonctionne à plein régime, mais qui permet surtout d’éviter que j’en importe de métropole, ce qui coûte très, très cher en fret aérien parce qu’il y a la chaîne du froid. J’ai un listing de donneurs, on produit autant de plasma que nous en avons besoin. Les plaquettes aussi, on arrive à suivre, mais les globules rouges, c’est toujours très tendu. Globalement, les besoins augmentent de 5 % par an.
    Quand j’ai commencé en 1996, ici, nous étions à 2 000 poches, maintenant, on est à 6 000. Et il faut préciser que le centre de transfusion sanguine gère également trois dépôts de sang, aux Marquises, à Raiatea et, depuis mai, à Moorea. Ça aussi, ça consomme.

     

    On recense 25 000 donneurs de sang en Polynésie, mais combien sont réguliers ?
    Il faut préciser que la population de Polynésie est une population généreuse. Le Polynésien, quand vous l’appelez, il vient. Et c’est vrai que je ne peux pas non plus trop stocker, parce que ce sont des produits sanguins labiles et que les dates de péremption seront dépassées. Il nous faut un flux régulier et de la réactivité. Il faut toujours avoir 200 poches d’avance en stock et réapprovisionner régulièrement.

     

    Comment faire pour atteindre cet objectif ?
    Ce que j’aimerais mettre en place, c’est une plateforme SMS. J’ai un logiciel à qui je demande par exemple 20 donneurs avec certaines caractéristiques, j’appuie sur le bouton et les 20 donneurs sélectionnés reçoivent un SMS. C’est un bon système, car téléphoner est très chronophage et, souvent, je n’ai pas de personnel pour le faire. Les réseaux sociaux, c’est bien, mais ça part dans tous les sens, soit ça ne marche pas, soit ça marche trop bien. Les SMS ciblés, c’est mieux.

     

    Propos recueillis par C.P.

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