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Donald Trump dénonce une chasse aux sorcières

vendredi 19 mai 2017

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“Il n’y a absolument aucune collusion entre les Russes et ma campagne. Entre les Russes et moi-même, je ne peux que parler en mon nom”, explique Donald Trump. (© DR)

Le président des États-Unis Donald Trump s’est posé hier en victime d’une chasse aux sorcières sans précédent au lendemain de la nomination d’un procureur spécial dans l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle.

La campagne Trump aurait eu 18 contacts avec la Russie, selon certaines sources.

Donald Trump avait partagé une première réaction laconique mais mesurée mercredi soir via un communiqué de la Maison Blanche.

Il affirmait souhaiter une enquête minutieuse qui montrera “ce que nous savons déjà : il n’y a eu aucune collusion entre ma campagne et une quelconque entité étrangère”.

Mais le président républicain a opté à l’aube pour un autre registre sur Twitter, traduisant sa volonté de souder sa base électorale, mais aussi son agacement face à l’accumulation des révélations.

“C’est la plus grande chasse aux sorcières visant un politicien de l’histoire américaine !”, a-t-il lancé.

Accusant par ailleurs la campagne d’Hillary Clinton et la présidence de Barack Obama “d’actes illégaux”, il s’est indigné qu’aucun procureur spécial n’ai jamais été nommé pour les examiner.

“Toute cette histoire est une chasse aux sorcières (…). Je pense que cela divise le pays”, a-t-il encore affirmé lors d’une conférence de presse dans les salons de la Maison Blanche avec le président colombien Juan Manuel Santos.

“Il n’y a aucune collusion (…), zéro” avec Moscou, a-t-il martelé, tout en prenant soin de souligner qu’il ne pouvait parler que pour lui-même.

“Avez-vous, à un moment ou un autre, demandé au directeur du FBI James Comey, d’une manière ou d’une autre, de clore ou ralentir une enquête concernant Michael Flynn et…?”, lui a demandé un journaliste hier. “Non, non. Question suivante ?”, a interrompu le président, visage fermé.

À la veille de son départ pour son premier voyage à l’étranger, qui le mènera dans cinq pays en huit jours seulement, le 45e président des États-Unis sait qu’il est dans une position très inconfortable et que l’affaire russe continuera à faire la Une des médias américains dans les temps à venir.

Mueller, directeur du FBI de 2001 à 2013 au poste de procureur spécial, a répondu hier aux questions pressantes des sénateurs. “Il a dit qu’il voulait être certain que l’intégrité du département de la Justice soit protégée, et que les Américains sachent que cela sera géré avec équité”, a rapporté le sénateur Dick Durbin à l’issue de cette réunion qui s’est tenue à huis clos dans une salle sécurisée du Capitole.

Mais le haut responsable s’est refusé, selon plusieurs élus, à commenter le fond de l’enquête, qui est désormais entre les mains de M. Mueller.

La nomination du directeur du FBI de 2001 à 2013 sous George W. Bush puis Barack Obama vise à isoler les investigations du pouvoir politique, en réduisant au minimum la supervision du ministère de la Justice, tutelle du FBI qui enquête depuis l’été dernier dans cette affaire mêlant politique et espionnage.

Robert Mueller est chargé d’enquêter sur “tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associés à la campagne du président Donald Trump”, mais aussi “tout sujet” découlant de ces investigations, ce qui lui donne de facto les coudées franches.

Sa désignation a été saluée par des parlementaires de l’opposition démocrate et des élus de la majorité républicaine. L’opposition réclamait la nomination d’un procureur spécial depuis le limogeage soudain du directeur du FBI James Comey le 9 mai, soupçonnant une tentative d’entrave à la justice.

Depuis lors, la presse a rapporté que Donald Trump aurait fait pression sur James Comey pour qu’il classe le volet de l’enquête concernant Michael Flynn, son éphémère conseiller à la sécurité nationale soupçonné de jeux troubles avec les Russes et contraint à la démission le 13 février. James Comey aurait refusé, mais consigné cette conversation dans des notes qui ont commencé à fuiter.

Donald Trump a déclaré hier qu’il était sur le point de choisir un nouveau directeur du FBI pour succéder à James Comey, et que son grand favori était l’ex-sénateur démocrate Joe Lieberman.

Lieberman, que Donald Trump a rencontré mercredi, fut le colistier du candidat démocrate à la Maison blanche Al Gore en l’an 2000. Prié par la presse de dire si c’était l’un de ses favoris, le président Trump a succinctement répondu d’un “oui”.

AFP

 

 

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