Donald Trump élu président

    mercredi 9 novembre 2016

    Donald Trump est le 45e président des États-unis. (© DR)

    Donald Trump est le 45e président des États-unis. (© DR)

     

     

    À l’heure où nous mettions sous presse, Donald Trump venait d’emporter les dix grands électeurs de l’État du Wisconsin, une victoire qui le donne vainqueur de cette élection. Il est devenu hier soir le 45e président des États-Unis. Il prendra officiellement ses fonctions le 20 janvier 2017.

    Euphoriques, les partisans de Donald Trump agitant pancartes et casquettes marquées de son slogan “rendre à l’Amérique sa grandeur” laissaient exploser leur joie hier à mesure que le candidat républicain se rapprochait de la Maison Blanche.
    “On est vraiment surpris, on s’attendait à une course très serrée”, se réjouissait Aliza Romanoff à la “fête de la victoire” organisée à New York pour l’équipe de campagne du milliardaire, ses partisans et des bénévoles venus de tous les États-Unis.
    Élégante et posée, cette mère de deux enfants originaire de Long Island, non loin de New York, est venue avec ses parents et son époux au Grand Ballroom du Hilton Midtown, près de Central Park, pour assister à la victoire du candidat républicain, que sa famille connaît depuis des années.

    Après des débuts plus timides, la fête s’est enfiévrée à mesure que Donald Trump remportait des États. Animée par l’avalanche de résultats que certains n’attendaient pas aussi bons face à une Hillary Clinton donnée favorite, la foule grossissait. Elle commençait à s’impatienter peu avant 2 heures locales (7 heures GMT) lorsque seuls une poignée d’États restaient à décider, réclamant le résultat final aux cris de “Donnez-le, Donnez-le”.
    “C’est incroyable, je ne pensais pas que Trump allait vraiment réussir”, confiait Glenn Ruti, employé du secteur des télécommunications. Ohio, Caroline du Nord, Floride… À mesure que les écrans retransmettaient ses victoires, les cris de joies retentissaient, certains scandant “USA ! USA !” “Il va gagner et ma vie va changer pour toujours”, criait un supporteur dans son téléphone sans avoir l’air d’y croire.

     

    “Révolution des travailleurs”

     

    “On est aux anges”, disait Jesse Singh, 46 ans, venu de Baltimore. Certains participants reprenaient le slogan “drain the swamp” (“curer le marigot”), devenu leitmotiv de sa fin de campagne, témoin de sa volonté de secouer l’establishment à Washington.
    Plusieurs étaient venus en famille, une femme tenant son nouveau-né en écharpe. Tous étaient d’accord sur un point : les États-Unis ont voté pour le changement. Ils expliquent sa victoire en citant l’opposition de Donald Trump à la réforme de l’assurance-santé de Barack Obama, sa promesse de créer des emplois, de vaincre les jihadistes et de combattre la corruption, en plus d’années de difficultés économiques après la crise de 2008.

    Si la foule était en grande majorité blanche, elle était plus diverse, avec des Américains d’origines asiatique, hispanique, que celles rassemblées lors des grands meetings de campagne du républicain. Des couples aisés se mêlaient à des supporteurs plus modestes.
    Donald Trump est-il raciste? Un mensonge des démocrates, assuraient ses partisans, qui dénonçaient aussi des médias ayant largement soutenu sa rivale et n’ayant pas su prévoir le séisme politique de la victoire qu’ils lui prédisaient. “Les sondages se sont trompés”, a souligné James Davis, pasteur noir américain de 46 ans venu de l’État-clé de l’Ohio pour assister à la soirée en costume et nœud papillon. “Je dirais que c’est d’abord à cause des stigmates attachés au fait d’être un supporteur de Trump et en conséquence il y a un énorme mouvement sous-terrain qui est arrivé de nulle part”, analysait-il.

    “C’est une révolution des travailleurs en Amérique”, assurait John Fredericks, animateur de radio et président de la campagne de Donald Trump en Virginie.
    “Les commentateurs ne le comprennent pas, les médias généralistes ne le comprennent pas. Ils ne parlent pas aux vrais électeurs”, ajoute-t-il. “Ils parlent juste aux autres membres de l’élite.”  

     

    AFP

     

     

    Fusillade près de bureaux de votes : un mort, deux blessées

    Une fusillade ayant entraîné le confinement de deux bureaux de vote à Azusa en Californie, en pleine élection présidentielle, a fait un mort et deux blessés. Le tireur, qui était lourdement armé, a été trouvé décédé dans une maison où il s’était retranché, après plusieurs heures d’échanges de tirs avec les forces de l’ordre, d’après la police, qui n’était pas mesure de dire s’il s’est donné la mort ou a été tué par des agents.

    Le communiqué du shérif du comté de Los Angeles précise que la mort d’un homme a été prononcée à son arrivée à l’hôpital et deux femmes étaient hospitalisées dans un état qualifié de critique.
    L’incident survenu dans un quartier résidentiel d’Azusa, bourgade située à une heure à l’est de Los Angeles, a entraîné le confinement de deux bureaux de vote en pleine élection présidentielle, et celui de deux écoles. La police a indiqué sur Twitter que l’incident avait démarré vers 14 heures locales (21 heures GMT). Les premiers agents arrivés sur les lieux ont trouvé “plusieurs victimes” et ont “essuyé des tirs”. Aucun d’entre eux n’a été blessé.

    Un électeur qui se trouvait dans l’un des bureaux de vote a dit à la chaîne CNN, sous couvert d’anonymat, avoir entendu une série de tirs avant que les autorités ne condamnent les portes.
    Une autre électrice, qui a elle aussi requis l’anonymat, a déclaré à CNN avoir cru “au début qu’il s’agissait de (bruits venant) d’un chantier de construction mais des gens ont commencé à accourir en disant qu’ils avaient vu un homme avec un gilet pare-balles”. “Ils nous gardent dans la salle de vote et essaient de nous faire (garder notre) calme”, a-t-elle ajouté, soulignant que les gens n’avaient pas le droit de sortir mais pouvaient continuer à voter.

     

    AFP

     

     

    Marijuana, peine capitale et armes : quelques autres scrutins américains

    • Marijuana

    La Californie est devenue hier le cinquième État à autoriser l’usage récréatif de la marijuana, après le Colorado, l’Oregon, l’Alaska et l’État de Washington, ainsi que la capitale fédérale. L’Arizona, le Nevada et le Massachusetts ont également approuvé par référendum la pleine légalisation de la petite feuille étoilée, selon les résultats préliminaires, mais le scrutin était encore serré dans le Maine, même s’il penchait en faveur du oui. La Floride est par ailleurs le premier État du sud à adopter un programme de marijuana médicale, déjà légal dans 25 États de l’Union. Elle a été imitée par le Dakota du Nord. L’Arkansas pourrait suivre mais le vote était serré. Les victoires du “oui” hier dans les États géants de Floride et Californie devraient avoir un effet domino et rendre “inévitable” la légalisation du cannabis dans d’autres États, selon les experts.

    • Contrôle des armes à feu

    La Californie, déjà dotée de lois parmi les plus restrictives sur les armes à feu aux États-Unis, a ajouté à son arsenal législatif l’obligation de passer une vérification d’antécédents judiciaires pour pouvoir acheter des munitions. L’État voisin du Nevada a de son côté adopté des contrôles d’antécédents judiciaires lors d’achats d’armes, mais le Maine, un État rural du nord-est, était en passe de rejeter une mesure similaire selon des résultats préliminaires.

    • Peine de mort

    Trois États votaient sur la peine de mort hier. Les électeurs d’Oklahoma ont voté pour renforcer la peine de mort, l’inscrivant dans la Constitution, et le Nebraska l’a rétablie. Les Californiens devaient se prononcer sur deux mesures contradictoires : l’une, qui visait à interdire la peine de mort, a été rejetée à 55,4 % des votes d’après un décompte provisoire et une autre visant à en accélérer la procédure a été adoptée. Le grand État de l’ouest américain détient le couloir de la mort le plus peuplé des États-Unis, avec 740 condamnés. Personne n’a été exécuté en Californie depuis 2006 en raison de litiges sur la constitutionnalité du mode d’injections létales.

     

    AFP

     

     

    Une onde de choc dans le monde

    Le républicain populiste Donald Trump, sans aucune expérience politique, a remporté l’élection présidentielle américaine, un séisme politique sans précédent qui plonge les États-Unis et le monde dans une incertitude vertigineuse. Les marchés avaient dévissé avant même l’annonce de sa victoire, scellée hier à l’issue d’une soirée électorale déjouant tous les sondages.
    Huit ans après l’élection de Barack Obama, premier président noir qui avait suscité une immense vague d’espoir à travers le pays, Donald Trump, 70 ans, taxé de sexisme et de xénophobie par ses adversaires, l’a emporté sur la démocrate Hillary Clinton qui espérait devenir la première femme présidente des États-Unis.
    Il avait fait campagne comme l’outsider déterminé à mettre fin à la corruption des élites politiques qui ont selon lui “saigné le pays à blanc”.
    Ce milliardaire imprévisible, que personne n’avait vu venir, avait annoncé lundi un “Brexit puissance trois”, référence au vote surprise des Britanniques pour sortir de l’Union européenne.
    Sa victoire choc intervient à l’issue de 18 mois d’une campagne électorale qui a profondément divisé les États-Unis et stupéfié le monde par ses outrances et sa violence. Plus de 60 % des Américains pensaient que Donald Trump n’avait pas le caractère pour devenir président. Mais il a réussi à capter la colère et les frustrations d’une partie de l’électorat.
    Ses propositions restent vagues dans un certain nombre de domaines, comme la politique étrangère. Et elles suscitent l’inquiétude dans d’autres, comme l’économie.
    Sans attendre la confirmation de sa victoire, la présidente du Front national Marine Le Pen a adressé hier sur Twitter ses “félicitations au nouveau président des États-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre”.
    La possibilité d’une présidence Trump a violemment secoué les marchés. Le dollar a chuté alors que les investisseurs se précipitaient sur les valeurs refuges comme l’or et les marchés obligataires.

     

    AFP

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