Habillage fond de site

Douze mois de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité requis contre Gaston Flosse

vendredi 10 février 2017

gaston flosse justice cour d'appel affaire de la vaisselle

En première instance, Gaston Flosse avait écopé de 2 millions de francs d’amende. (© Florent Collet)


Septembre 2014, Gaston Flosse est forcé de quitter le pouvoir et les locaux de la présidence. Lors de son déménagement à Erima, sa compagne Pascale Haiti ordonne que soient emballés et ramenés au domicile conjugal, vaisselle, couverts, verres et objets de cristal d’une valeur estimée à 6 millions de francs.

Jusqu’à l’audience hier, l’ex-ministre de l’Artisanat a toujours soutenu mordicus que cette vaisselle appartient à Gaston Flosse. Un argument pour sa défense qui voit ici la preuve de sa bonne foi et la dédouane de toute intention de vol.

Lors de son retour au pouvoir, Gaston Flosse retrouve une présidence vide. “Il n’y avait plus un stylo, plus une feuille, plus un ordinateur.”
Soucieux de mettre les petits plats dans les grands pour la réception d’une délégation chinoise, il demande à deux hommes d’affaires locaux, Franklin Siu et Jules Changues, de payer de quoi faire belle impression.

Pour aider leur ami, puis pour soutenir la reprise économique de la Polynésie, diront les deux mécènes.
Un flou entretenu par la “personnalisation du pouvoir”, comme l’a souligné Me Mestre, avocat du Pays, et illustré une nouvelle fois par Gaston Flosse. “Lorsqu’un donateur me donne des tee-shirts et drapeaux du Tahoera’a, il ne les reprend pas après la campagne. Ils sont à moi”, justifie-t-il à la barre.
“Non, ils sont à votre parti”, lui rétorque le président de la cour d’appel.

Les avocats des deux parties ont ainsi repris les arguments défendus en première instance, l’avocat du Pays se basant en revanche sur une jurisprudence de 2016, et de souligner l’attitude vengeresse de Pascale Haiti, reprenant les phrases de cette dernière durant l’audience et l’attitude d’Édouard Fritch au moment de la passation de pouvoir.
“Lors de la campagne 2013, c’est nous qui avons travaillé, lui n’a rien foutu. Je ne voulais pas que d’autres s’en servent, le nouveau président n’a qu’à se débrouiller.”
Me Quinquis, le conseil de Gaston Flosse, a maintenu qu’en l’absence d’un arrêté pris en conseil des ministres acceptant ce don au Pays, la vaisselle continuait d’appartenir à Gaston Flosse, à qui les cadeaux avaient été faits.

Quant au fait que ce soit le Pays qui avait payé les frais de dédouanement, Me Dubois, l’avocat de Pascale Haiti, a rappelé que sa cliente avait l’intention de les rembourser et que cela n’avait de toute façon pas créé de manque à gagner pour le Pays.

Le conseil a également fait part avec beaucoup de véhémence de la portée politique de cette affaire et de cet appel, soulignant qu’en l’absence de nouveaux éléments dans le dossier, les réquisitions de l’avocat général avaient doublé les peines par rapport au procès en première instance.
Me Dubois s’est également interrogé sur l’absence de poursuites à l’encontre du prédécesseur de Gaston Flosse, qui avait également vidé les locaux.
Quelques minutes plus tôt, l’avocat général avait en effet requis un an de prison, cinq ans d’inéligibilité et deux millions de francs d’amende contre Gaston Flosse, et un an de prison avec sursis et 2 millions de francs d’amende à l’encontre de Pascale Haiti.
Le délibéré sera rendu le 23 mars. 

 

F.C.

32
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

La pose des silhouettes noires peut-elle avoir un impact sur les habitudes de circulation ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete