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Drame d’Outumaoro : le père de famille placé en détention provisoire

mardi 3 janvier 2017

outumaoro

Le mis en cause, âgé de 54 ans, marié depuis trente ans, au casier judiciaire vierge et connu favorablement dans son quartier, pourrait être remis en liberté sous contrôle judiciaire, à la fin de l’enquête, selon son avocate, qui plaidera en ce sens dès le mois prochain. (© : Marie Guitton)

Monsieur T., le père de famille mis en cause pour avoir mortellement blessé le petit ami de sa fille, mercredi dernier à Outumaoro, a été placé hier en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.
“Les éléments de l’enquête n’ont pas encore permis d’établir clairement les circonstances du drame et toutes les confrontations n’ont pas encore eu lieu”, a expliqué la magistrate, qui a donc suivi les réquisitions du parquet afin d’éviter que le père influence les dépositions de ses proches ou que la famille se concerte avant la fin de l’enquête.

L’homme, âgé de 54 ans, marié depuis trente ans, au casier judiciaire vierge et connu favorablement dans son quartier, s’est effondré en larmes à cette annonce.
“Mais son côté catholique très pratiquant l’aide à assumer ce terrible accident et à attendre que les investigations soient menées, a déclaré son avocate Me Annabelle Roy-Cross. Même s’il considère que c’est un accident, il en porte la responsabilité.”
Au tribunal, la quinzaine de proches présents craignaient particulièrement que son état de santé se dégrade dans le “milieu insalubre” qu’est Nuutania, le mis en cause ayant été greffé du rein en 2005 et souffrant aujourd’hui de diabète.
“Nous sommes dans une affaire criminelle a toutefois rappelé le procureur en demandant son incarcération. La peine encourue est de 20 ans de réclusion. Et le risque de trouble à l’ordre public est extrêmement important, tant ce drame a suscité l’émoi de la population, des voisins et de la communauté dans laquelle vit monsieur T.”

Le parquet n’a pas retenu l’infraction la plus grave d’homicide volontaire, mais l’a mis en examen pour “violence avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. “Un jeune homme de 21 ans a tout de même perdu la vie dans des circonstances extrêmement tristes”, a souligné le magistrat.
L’avocate du mis en cause, un carrossier père de deux filles (30 et 23 ans) et d’un garçon (17 ans), réclamait de son côté qu’il soit libéré sous contrôle judiciaire, quitte à lui interdire provisoirement de se rendre dans son quartier et d’avoir des contacts avec les témoins.

“Monsieur T. regrette amèrement son geste”

 

“Son épouse a assisté à l’enterrement de la victime. On n’est pas dans une vendetta de famille à famille. Monsieur T. regrette amèrement son geste”, a-t-elle ajouté, en annonçant qu’elle tenterait de le faire libérer dès le mois prochain, moyennant par exemple le port d’un bracelet électronique.
Le jour du drame, la victime, un étudiant en gestion à l’Université de la Polynésie française âgé de 21 ans, était venue rendre visite à sa petite amie, qu’il côtoyait en cachette depuis sept ans (elle avait l’habitude de le rejoindre en sortant par la fenêtre).
Une bagarre s’était engagée entre lui, le petit frère et le père de la jeune femme, qui pensaient, dans un premier temps, avoir affaire à un cambrioleur.
Une fois les “présentations” faites et alors que le fils de 17 ans était à terre, un coup de couteau mortel lui aurait été porté par le père de famille dans la cuisse, à l’artère fémorale.

Monsieur T., qui “ne souhaitait pas que sa fille entretienne ce type de relations pour la protéger et qui souhaitait qu’elle privilégie d’abord ses études”, selon le procureur, aurait fait tournoyer son couteau en l’air pour menacer le prétendant.
Mais l’a-t-il ensuite planté volontairement dans la cuisse ? “Ou est-ce le jeune lui-même qui, en portant un coup de pied, s’est embroché la jambe ?”, s’interroge l’avocate, qui affirme que ce dernier faisait du taekwondo.
Les suites de l’enquête devront préciser ces circonstances, établir le profil de la victime et expliquer pourquoi sa petite amie avait caché leur relation amoureuse à son père.
“Je pense que c’était par peur de décevoir notre papa, raconte sa sœur. Il s’est sacrifié pour nous, et nous, on voulait quelqu’un à sa hauteur…”

outumaoro drame

Marie Guitton

 

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