E Rua ia here, un spectacle né entre Tahiti et Aotearoa

    mercredi 6 janvier 2016

    Des étudiants tahitiens et maori ont monté une comédie musicale, E Rua ia here, qu’ils présenteront vendredi prochain au grand théâtre de la Maison de la culture. Un projet artistique qui s’inscrit dans un plus grand projet de liaison, Te Hono Hau, entre
    l’Université de la Polynésie française et l’Université de Waikato, en Nouvelle-Zélande. Après cette représentation unique au fenua,
    nos étudiants rejoindront leurs homologues maori en Nouvelle-Zélande le mois prochain afin d’y présenter également ce spectacle.

    S’il était des spectacles à ne surtout pas manquer, E Rua ia here en ferait assurément partie ! Cette comédie musicale, qui mêle chants, danses et théâtralité en langues tahitienne et maori, ne sera jouée qu’une unique fois, vendredi 15 janvier, au grand théâtre de la Maison de la culture. Un spectacle inédit monté de toutes pièces par des étudiants de l’Université de la Polynésie française et de l’Université de Waikato, en Nouvelle-Zélande, et qui met en scène “une histoire d’amour entre une jeune princesse tahitienne et un jeune prince maori qui, malheureusement, ne pourront pas s’aimer”, raconte Taoahere Maono, étudiant en master métier de l’éducation et de la formation 2nd degré et chef de projet de la délégation locale.
    “La princesse, comme c’est prévu par les coutumes anciennes, a déjà été fiancée – on appelle ça le momo’ara’a -, et donc ça va être compliqué pour le prince maori de la prendre pour épouse.”
    Monter ce spectacle n’aura pas été de tout repos, autant pour les 24 étudiants d’ici, que les 18 qui arrivent mardi prochain de Nouvelle-Zélande. “Nous avons travaillé ensemble sur la trame de l’histoire, ensuite nous nous sommes organisés pour que la délégation tahitienne puisse travailler de son côté, en tout cas pour les danses tahitiennes, et que la délégation maorie puisse travailler sur sa partie à elle”, poursuit Taoahere Maono. “Par ailleurs, nous avons quand même pu travailler ensemble grâce aux réseaux sociaux. C’est-à-dire qu’on s’est filmé en répétition, on leur a transmis les vidéos, et ils ont fait de même. On a travaillé par Skype, ça a été toute une organisation, et je peux vous dire qu’à certains moments, c’était très compliqué, surtout à cause du décalage horaire.”
    Si ces jeunes se sont donnés tant de mal, c’est parce que ce projet artistique sert un projet bien plus grand dénommé Te Hono Hau. “Le projet Te Hono Hau est né il y a plus d’un an, suite à notre rencontre avec le professeur Te Manaaroha Rollo, qui est docteur en philosophie à la faculté de l’éducation de l’Université de Waikato”, explique le chef de projet. “Lors de sa visite à l’Université de la Polynésie française, nous avons parlé de la situation des langues polynésiennes, notamment la situation de la langue maori en Nouvelle-Zélande, où les Maoris et les locuteurs de la langue maori sont minoritaires. Il nous a paru important de travailler sur un projet qui puisse permettre de discuter de ces sujets importants, même à Tahiti. Nous avons donc essayé d’imaginer un projet qui pourrait allier une liaison culturelle, artistique et intellectuelle.” Et c’est ainsi que E Rua ia here a vu le jour.
    Après la représentation unique de vendredi prochain au grand théâtre, c’est à Aotearoa que cette comédie musicale sera ensuite jouée. “La délégation tahitienne se déplacera en Nouvelle-Zélande du 13 au 28 février. Pour l’instant, nous avons quatre représentations prévues, au grand théâtre de la ville de Hamilton, au théâtre de l’université de Waikato et dans plusieurs autres places publiques”, conclut Taoahere Maono.

    Vaiana Hargous

    Le pitch

    L’histoire de la comédie musicale E Rua ia here a été inventée par les étudiants des deux pays. Elle prend place dans des temps oubliés, des temps où les peuples du Ao uri et Ao tea se rassemblaient encore sur le divin marae Taputapuatea pour célébrer l’unité des peuples du grand océan Te-Moana-Nui-a-Hiva. Les nobles et les tahu’a s’étaient rassemblés et toute la foule venait prendre part à la grande cérémonie avant le grand retour. Des incantations s’élevèrent au ciel, ils remerciaient les dieux pour tous les bienfaits, l’abondance, la fertilité des terres, la grande pirogue, l’unité, la vie…
    Tout le monde suivait attentivement les fa’ateni (louanges) et autres pure (prières) que le tahu’a déclamait. Ruahere suivait elle aussi chacun des faits et gestes du tahu’a et buvait chacune de ses paroles, jusqu’à ce que son regard tombe sur celui de Kahurangi. Comme dans un présage divin, ils tombèrent amoureux.
    Le grand retour arrive et c’est la grande déchirure. Ils se cherchent, se manquent. Ils se mettent à chanter dans le vent, pensant qu’il porterait jusqu’à l’être aimé les nobles symboles de l’amour. Du plus profond de leur âme, ils s’aimaient.
    Kahurangi décide alors de rejoindre Tahiti et d’unir leurs deux peuples. Les pirogues voguaient déjà sur le grand océan. C’est l’amour qui conduit le cortège, la quête de Kahurangi semble inébranlable. Cependant, Ruahere, comme l’exigent les tapu anciens, était déjà momo’a (promise) à un guerrier du nom de Hoatapu. Tous ceux qui brisaient un tapu, provoquaient la colère des dieux. Mais Kahurangi est plus que jamais déterminé. Arrivera-t-il à gagner le cœur de son aimée ? À quel prix ? Qu’adviendra-t-il ?

     

    Pratique

    E Rua ia here, une comédie musicale de 1 h 45 en langue tahitienne et maori, réalisée et mise en scène par des étudiants de l’Université de la Polynésie française et de l’Université de Waikato, en Nouvelle-Zélande.
    Tarifs : 2 000 F / 1 000 F pour les étudiants et moins de 12 ans.
    Billets en vente à la Maison de la culture.
    Renseignements au 40.544.544 ou 87.779.288.

     

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