Ébola : cinq questions-clés

    mercredi 22 octobre 2014

    Le virus Ébola, responsable de l’épidémie qui a fait plus de 4 500 morts en Afrique de l’Ouest depuis décembre 2013 et suscite la peur dans le monde, est l’un des plus dangereux pour l’homme, combinant un caractère hautement contagieux à un fort taux de mortalité.
     
    • D’OU VIENT-IL?
    Comme le sida, parti de Kinshasa dans les années 1920 avant de se propager à la planète, selon une récente étude sur les origines du VIH, Ebola s’est d’abord manifesté en Afrique centrale.
    Le virus doit son nom à une rivière du nord de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), où il a été identifié en 1976.
    Depuis, cinq espèces ont été répertoriées (Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston, Forêt de Taï), la première particulièrement redoutable, avec des taux de mortalité pouvant atteindre 90% chez l’homme, autour de 70% pour l’épidémie actuelle, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
     
    • COMMENT SE TRANSMET-IL ?
    Le virus circule parmi les chauve-souris frugivores, considérées comme son hôte naturel, qui ne développent pas la maladie. D’autres animaux – grands singes, antilopes, porc-épics… – sont également susceptibles de le véhiculer et de le transmettre à l’homme.
    Dans l’actuelle épidémie, un seul cas de contact avec un animal est avéré, au tout début de la chaîne, en Guinée, le virus s’étant ensuite propagé entre humains.
    Fortement contagieux, Ébola se transmet pourtant moins facilement que nombre de maladies courantes (environ deux personnes par malade), en raison notamment de son mode de contamination, par contact direct avec les fluides corporels (sang, sperme, vomissures, matières fécales, voire salive et sueur), mais pas par voie aérienne.
    Les malades ne deviennent contagieux qu’après l’apparition des symptômes, pour atteindre leur taux maximal de contamination juste après la mort, d’où des risques accrus lors des funérailles.
    Après une période d’incubation de deux à 21 jours – en moyenne autour de cinq jours, selon les travaux de chercheurs suisses – Ébola se caractérise souvent par une brusque fièvre, avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, céphalées et maux de gorge. Elle est souvent suivie de vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, insuffisance rénale et hépatique et hémorragies internes et externes. 
     
    • QUELS TRAITEMENTS POSSIBLES ?
    Faute d’investissements des laboratoires pharmaceutiques, il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué, les soins consistant essentiellement à hydrater les malades.
    Deux vaccins jugés « prometteurs » par l’OMS sont en cours de développement : le VSV-EBOV, au Canada, dont un millier de doses vont être envoyées à l’OMS à partir de cette semaine, et le cAd3-ZEBOV du britannique GlaxoSmithKline (GSK), qui ne devrait pas être prêt avant 2016.
    En revanche, il existe une série de traitements encore expérimentaux mais qui ont donné des résultats sur plusieurs patients.
    Le plus connu est le ZMapp, un cocktail de trois anticorps « monoclonaux », un partenariat américano-canadien, dont quelques centaines de doses devraient être disponibles d’ici la fin de l’année.
    L’Avigan, antiviral homologué pour la grippe, de la société japonaise Toyama Chemical, dont l’efficacité sur Ebola doit encore être testée, est le seul traitement potentiel susceptible d’être rapidement produit, le groupe assurant disposer de « réserves suffisantes pour plus de 20 000 personnes ».
     
    • COMMENT S’EN PROTÉGER ?
    Les consignes reposent sur des mesures préventives (lavage des mains, désinfection avec des gels ou solutions hydro-alcooliques…) simples mais rigoureuses, ainsi que sur la surveillance de l’apparition des symptômes, fièvre notamment.
    Il est recommandé de ne pas s’approcher des malades ni des cadavres à moins de plusieurs mètres et, pour les soignants, de porter des protections individuelles, y compris gants et masques. Les locaux contaminés doivent être désinfectés.
     
    • QUE MANQUE-T-IL POUR GAGNER LA BATAILLE ?
    Les malades doivent être isolés, ce qui implique de les identifier par un test de laboratoire, les symptômes ressemblant à ceux d’autres maladies, comme le paludisme.
    Les centres de traitement d’Ébola exigent d’importants effectifs : l’OMS estime entre 200 et 250 le nombre de personnels médicaux pour gérer en sécurité un établissement de 70 lits.
    Il faut également suivre pendant les 21 jours d’incubation tous les contacts des malades afin de s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs du virus. Pour pallier le dénuement des pays touchés, l’ONU évalue à un milliard de dollars (780 millions d’euros) les besoins de financement sur six mois, dont moins de 40% ont déjà été recueillis, pour porter notamment de 4 300 à 7 000 lits la capacité prévue au 1er décembre, avec les personnels médicaux nécessaires.

    AFP

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