Ébola : décès du patient au Texas, renforcement des contrôles dans les aéroports américains

    mercredi 8 octobre 2014

    Les États-Unis vont renforcer leurs contrôles des voyageurs en provenance d’Afrique de l’Ouest dans cinq grands aéroports du pays, alors qu’un patient atteint d’Ébola est décédé mercredi dans un hôpital de Dallas (Texas).
    Thomas Eric Duncan, qui avait contracté le virus au Liberia avant de ressentir les premiers symptômes après son arrivée aux États-Unis, est mort mercredi matin. Il était hospitalisé à Dallas depuis le 28 septembre.
    Comme attendu, la Maison Blanche a annoncé peu après un renforcement des contrôles des passagers en provenance du Liberia, de la Sierra Leone et de Guinée dans cinq des plus grands aéroports du pays : JFK à New York, Newark dans le New Jersey, en banlieue de New York, Washington-Dulles près de la capitale fédérale, et les aéroports internationaux d’Atlanta et de Chicago.
    Ces cinq aéroports accueillent plus de 94% des voyageurs arrivant aux États-Unis en provenance du Liberia, de Sierra Leone et de Guinée. Selon la Maison Blanche, la mesure concernera environ 150 passagers par jour : leur température sera contrôlée et ils seront soumis à un questionnaire sur les contacts qu’ils auraient pu avoir avec des malades dans le pays de provenance.
    Si des personnes ont de la fièvre ou d’autres symptômes suspects, ou ont eu des contacts suspects, elles seront placées en quarantaine par les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).
    « Nous pensons que ces nouvelles mesures vont protéger davantage la santé des Américains », a déclaré le Dr Tom Frieden, le directeur des CDC. Mais « il faut comprendre qu’il n’y a pas de risque zéro tant que l’épidémie d’Ébola ne sera pas stoppée en Afrique de l’Ouest ».
     

    Incinération du corps

     
    Au cours des deux derniers mois, environ 36 000 personnes ont fait l’objet de vérifications au départ des trois pays les plus touchés (Liberia, Sierra Leone et Guinée), a-t-il précisé. Seule une petite proportion se rendaient aux États-Unis.
    Sur ces 36 000 personnes, seulement 77 avaient de la fièvre ou d’autres symptômes suspects mais aucune n’avait Ébola, selon le Dr Frieden.
    Mardi, il avait indiqué rejeter, tout comme le président Barack Obama, une interdiction des vols vers et depuis les pays d’Afrique affectés, comme le demandent certains membres du Congrès, car cela aggraverait la crise sanitaire en réduisant la capacité de ces nations à lutter contre l’épidémie.
    Après le diagnostic de M. Duncan au Texas, des voix se sont élevées au Congrès pour demander un resserrement des contrôles afin de réduire davantage le risque que des personnes infectées puissent entrer sur le sol américain.
    M. Duncan était arrivé à Dallas le 20 septembre sans symptôme, en provenance du Liberia via Bruxelles. Il avait commencé à avoir des symptômes le 24 septembre. Il a été finalement hospitalisé le 28 septembre et placé en quarantaine.
    Il s’était rendu aux urgences une première fois mais avait été renvoyé chez lui alors qu’il était déjà contagieux. Une personne infectée devient contagieuse dès qu’elle présente les premiers symptômes de la maladie.
    Les autorités sanitaires surveillent de près 48 personnes ayant été en contact plus ou moins rapproché avec M. Duncan, notamment dix considérées à haut risque d’infection : trois membres de sa famille et sept personnels soignants. A ce jour, aucune d’entre elles n’a présenté de symptômes.
    Les autorités sanitaires du Texas ont indiqué que le corps de M. Duncan serait transporté dans deux sacs mortuaires scellés et qu’il serait incinéré, en accord avec la famille.
    « L’incinération détruira tout virus restant dans le corps, ce qui permettra de remettre les cendres à la famille », précisent-elles.
    Par ailleurs, un policier de Frisco, près de Dallas qui s’était rendu dans l’appartement de la famille du patient décédé mercredi et avait eu des contacts avec des membres de cette famille, mais pas avec le malade, a été hospitalisé mercredi alors qu’il ne se sentait pas très bien, ont indiqué les autorités.
    Mais selon le maire de cette localité, il y a un « un risque minimum » que cette personne ait été infectée.
    Enfin, une personne qui a récemment voyagé au Liberia, arrivée dans la nuit de mardi à mercredi à l’aéroport international de Los Angeles, a été transportée à l’hôpital de Inglewood pour être testée pour Ébola. Cette personne n’a aucun symptôme, ont indiqué les responsables de cet hôpital.

    AFP

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