Ébola : la France va mettre à son tour un dispositif de contrôle dans ses aéroports

    mercredi 15 octobre 2014

    La France a annoncé mercredi la mise en place d’un dispositif de contrôle sanitaire à l’arrivée sur son sol des vols en provenance des zones touchées par Ébola, après l’instauration de mesures similaires aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
    Cette annonce est intervenue à la veille du premier point presse hebdomadaire sur Ébola, annoncé la semaine dernière par la ministre, Marisol Touraine, qui réunira le Directeur général de la Santé, Benoît Vallet, ainsi que les responsables des agences sanitaires (Institut de veille sanitaire, agence du médicament…).
    Les ministres européens de la Santé doivent également participer jeudi à Bruxelles à une « réunion technique » sur un éventuel renforcement des contrôles des voyageurs en provenance des pays africains touchés par Ébola. 
    François Hollande a « indiqué que la France allait mettre en place un dispositif de contrôles à l’arrivée des vols en provenance de la zone touchée par le virus », dans un communiqué qui ne précise pas la date et la nature des contrôles.
    Celui-ci a été publié à l’issue d’un entretien avec le président américain Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et les chefs de gouvernement britannique et italien David Cameron et Matteo Renzi.
    Le Royaume-Uni avait été le premier grand pays a annoncé, jeudi dernier, un dépistage renforcé des voyageurs en provenance des pays affectés par l’épidémie (Liberia, Sierra Leone et Guinée) dans certains de ses aéroports (Heathrow et Gatwick), ainsi que dans les terminaux Eurostar.
    Les contrôles britanniques consistent à interroger les passagers sur leurs voyages récents, les personnes avec lesquelles elles ont été en contact et la suite de leur voyage. Ils pourront aussi prendre la forme d’un contrôle médical réalisé par du personnel médical.
    Aux États-Unis, le dépistage a commencé samedi à l’aéroport J.F. Kennedy de New York. Il devrait être étendu « jeudi » aux quatre autres aéroports prévus (Newark, Atlanta, Chicago, Washington).
    Il s’agit, dans les aéroports américains, de répondre à un questionnaire de santé et d’une prise de température. En cas de suspicion, les passagers sont dirigés vers un spécialiste des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).
    En Europe, la République tchèque a également annoncé mercredi que tous les voyageurs arrivant à l’aéroport de Prague en provenance des zones touchées seront soumis à des contrôles avec notamment des formulaires médicaux. 
    La Commission européenne a cependant souligné mercredi qu’elle ne recommandait pas la mise en place de contrôles aux arrivées.

    « Pas de solution miracle »
     
    Elle souhaite une meilleure information des voyageurs en provenance des zones touchées, et plaide pour plus d’engagement des États membres sur le terrain. La ministre de la Santé, Marisol Touraine avait déclaré la semaine dernière que pour lutter contre la propagation d’Ébola, le contrôle à l’arrivée des voyageurs « n’est pas la solution miracle ». Elle avait indiqué qu’elle travaillait à obtenir un renforcement des contrôles au départ auprès des pays touchés par l’épidémie.
    Avant l’annonce de contrôles dans les aéroports, la France avait « vivement déconseillé » les voyages vers les zones contaminées.
    De son côté, Air France a rappelé avoir en Guinée des dispositifs sanitaires, mis en place avec les autorités locales. Ainsi, aucun passager qui présente un symptôme de fièvre ne peut embarquer tandis que les passagers doivent remplir un questionnaire, qui doit être visé par les autorités. Ils doivent aussi se soumettre à une prise de température, pour obtenir leur carte d’embarquement.
    En Europe, les dessertes aériennes directes avec les pays affectés (Liberia, Sierra Leone, Guinée) ne sont pour le moment assurées que par Air France, qui relie Roissy à Conakry, en Guinée, et Brussels airlines qui dessert Monrovia au Liberia et Conakry au départ de l’aéroport de Bruxelles. Mais des compagnies africaines, comme Royal Air Maroc, desservent aussi les pays affectés, avec des liaisons ensuite sur l’Europe. 
    De retour d’une zone contaminée, les voyageurs sont invités à surveiller quotidiennement leur température. Toute fièvre supérieure ou égale à 38°C est considérée « suspecte ». Le malade (ou sa famille) doit obligatoirement se signaler au Centre 15.
    Douze hôpitaux de référence sont prêts pour recevoir des cas suspects ou avérés d’Ébola, dont les hôpitaux Bichat et Necker à Paris. Un numéro vert (0800 13 00 00) a en outre été mis en place afin de répondre aux questions du public.
    François Hollande a par ailleurs réaffirmé mercredi que Paris « répondrait favorablement à la demande guinéenne de construction de nouveaux centres de traitement anti-Ébola, en plus de celui en cours de déploiement à Macenta, en Guinée forestière ».
    Il a également « fait part du déploiement de personnels de la protection civile pour mener des actions de formation auprès des autorités guinéennes », toujours selon l’Élysée.
    Un seul cas d’Ébola a été soigné en France jusqu’à présent, celui d’une jeune infirmière de MSF, contaminée lors d’une mission au Liberia, rapatriée à Paris et aujourd’hui guérie.
    La fièvre hémorragique Ébola a fait 4 493 morts sur 8 997 cas enregistrés dans sept pays (Liberia, Sierra Leone, Guinée, Nigeria, Sénégal, Espagne et États-Unis), selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), arrêté au 12 octobre et publié mercredi à Genève.

    AFP

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