Ébola : le cas espagnol ne permet pas d’anticiper une diffusion du virus en Europe

mardi 7 octobre 2014

La contamination par Ébola d’une aide-soignante en Espagne, premier cas de contagion hors d’Afrique, ne permet « absolument pas » d’anticiper une diffusion du virus en Europe ou dans le monde, a affirmé mardi le patron de l’Institut Pasteur.
« Le fait qu’il y ait eu deux ou trois personnes au contact de personnes malades en Espagne ne veut absolument pas dire que l’on va avoir une diffusion dans toute l’Europe et dans le monde entier », a estimé le Pr Christian Bréchot, directeur général de l’Institut Pasteur, dans un entretien téléphonique avec l’AFP.
Ce premier cas « autochtone » de fièvre Ébola hors d’Afrique, n’est pas « très surprenant malheureusement », selon le Pr Bréchot.
« L’augmentation du nombre de cas (en Afrique, ndlr) et la longueur de l’épidémie favorise statistiquement le risque de contaminations. Ce n’est pas très surprenant, malheureusement, qu’il y ait de façon isolée quelques cas de contagions dans des pays d’Europe », indique-t-il.
« Je pense qu’il y en aura d’autres. C’est à la fois préoccupant, cela confirme la gravité de l’épidémie », souligne-t-il. Mais « les mesures d’isolement qu’on peut prendre dans un pays comme la France ou dans d’autres pays d’Europe sont efficaces et personnellement, je suis convaincu que l’épidémie sera contenue », ajoute-t-il.
L’important est « une forte prévention du risque de transmission » en Europe, « sans tomber dans une psychose qui n’est pas justifiée », juge-t-il.
Le fait que le virus ne se transmette pas par voie respiratoire mais par contact direct, et que la transmission ne soit possible qu’une fois la personne malade, et non pas durant la période d’incubation, « sont des éléments favorables pour contenir une épidémie », a encore souligné le Pr Bréchot.
La fièvre hémorragique Ébola a fait 3 439 morts en Afrique de l’Ouest, sur 7 478 cas enregistrés dans cinq pays (Sierra Leone, Guinée, Liberia, Nigeria, Sénégal), selon un bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) arrêté au 1er octobre.
Des experts européens ont pointé des failles dans le système de prise en charge de l’Espagne, où trois personnes supplémentaires ont été hospitalisées mardi à Madrid, après l’annonce de la contamination d’une aide-soignante. Celle-ci avait soigné un des deux missionnaires malades, rapatriés en Espagne et décédés.

AFP

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