Elle ébouillante son fils « pour le calmer »

    mercredi 26 octobre 2016

    Quatre ans de prison avec sursis et obligation de soins pour la maman. (© archives LDT)

    Quatre ans de prison avec sursis et obligation de soins pour la maman. (© archives LDT)

     

     

    Maman d’un deuxième garçon et enceinte d’un troisième enfant, une femme était à la barre du tribunal correctionnel, hier, pour des faits de violence sur son fils de trois ans en 2013. Elle-même victime de violence de la part de son conjoint, cette maman a craqué à l’époque des faits, s’en prenant à son petit garçon.

    Une semaine de coups, de maltraitance, qui succèdent pour le pauvre garçonnet à un début de vie déjà pas très enviable. Le tout pour se finir par une brûlure qui le marquera à vie, sur le sexe.
    Alors que le petit se masturbe comme de très nombreux enfants le font à son âge, sans conscience du côté intime de la chose, cette maman à bout de nerfs n’a rien trouvé de mieux pour calmer son fils que de lui poser une casserole de soupe brûlante sur les parties génitales “pour le calmer”, a-t-elle déclaré à l’époque des faits.

    Vu par un médecin, qui décide immédiatement de l’évasaner vers l’hôpital de Taaone, l’enfant est pris en charge pour de graves brûlures qui le marqueront à vie. Sur place, d’autres coups sont alors décelés. Dents abîmées, une otite non soignée, des bleus, des griffures, y compris au visage.

     

     

    « Je vais me racheter »

     

     

    Hier, à la barre, alors que le président du tribunal rappelle les faits, la jeune femme, qui attend un nouvel enfant pour le début du mois de février, écoute sans rien dire. Elle comprend son geste, ne peut l’expliquer et s’excuse. “Quand il sera plus grand, je lui parlerai”, explique-t-elle.
    Depuis, elle s’est séparée de son conjoint violent, s’est remise en ménage avec un autre homme avec qui elle a eu un autre garçon. Par mesure de précaution, l’enfant lui a été retiré. Mais elle est aujourd’hui enceinte d’un troisième enfant et les deux premiers lui manquent. “Il faut que je les revoie pour leur dire qu’ils sont l’amour de ma vie”, explique-
    t-elle au tribunal timidement.

    Visiblement cassée elle aussi par la violence de son ancien conjoint, cette maman suit aujourd’hui une thérapie, mais n’en a pas terminé avec les souvenirs de cette folle semaine. “Elle n’avait pas conscience de ce qu’elle faisait”, a expliqué dans son rapport l’expert psychiatre, qui a peur malgré tout que “cela puisse se reproduire un jour”.
    Cette semaine-là, les coups avaient été nombreux. Un peu avant cette terrible brûlure, le petit garçon avait déjà pris une sévère raclée parce qu’il était monté sur une carcasse de voiture. Il avait alors été frappé au dos, aux bras, sur les cuisses et à la tête avec un bâton… la punition pour avoir fait une cabriole comme tous les enfants de son âge. “C’est grave, ce que j’ai fait”, poursuit la mère. “Je vais me racheter.”

    La psychologue qui suit l’enfant parle aujourd’hui d’un gamin de six ans “qui n’a jamais plus reparlé de sa mère”. “Il rejette les femmes aujourd’hui… Il en a peur.”
    Comble de l’ironie, c’est le père violent envers son ancienne compagne, qui a hérité de la garde de l’enfant. Il ne s’en occupe pas, vit de ses nombreuses addictions et laisse la grand-mère seule s’en occuper. L’enfant est aujourd’hui en carence affective sévère. “Il a une mauvaise image de lui-même”, poursuit la psychologue. “Il est très en demande affectivement. Mais les violences l’ont marqué, dans sa chair et dans son âme.” “Il a des problèmes psychomoteurs.”

    Pour l’avocat de la mère, James Lau, la responsabilité de cette dernière ne fait aucun doute, mais il poursuit : “Le vrai responsable, c’est le père. C’est lui qui violentait la mère. C’est lui qui a installé ce climat et aujourd’hui il récupère un enfant dont il ne s’occupe même pas.” En larmes, la maman demandait hier encore à revoir ses enfants, peu après que le procureur ait requis trois ans de prison avec sursis. Elle a finalement été condamnée à quatre ans de prison avec sursis et mise à l’épreuve, obligation de soins et d’indemnisation des frais engagés par la CPS.

     

    Bertrand Prévost

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