Échanges himalayens dresse le bilan de ses actions

    jeudi 26 mai 2016

    Un an après les deux tremblements de terre qui ont dévasté le Népal en avril et en mai derniers, l’association Échanges himalayens dresse le bilan des actions qu’elle a menées sur place, depuis l’an dernier.
    Suite aux tragiques événements, l’association avait collecté plus de deux millions de francs auprès d’une centaine de donateurs du fenua. Un vrai élan de générosité venu d’un pays isolé au milieu de l’océan Pacifique, au profit d’un tout petit État étouffé par deux géants : l’Inde et la Chine.

    “À Tahiti, les gens sont généreux, dès qu’il y a une cause humanitaire, ça les touche. On a vécu la même chose avec le tsunami qui a marqué l’Inde, l’Indonésie et la Thaïlande, en 2004. On avait reçu énormément de dons à cette époque-là. C’est vrai qu’un tsunami, c’est un phénomène qui nous concerne directement, parce que nous vivons sur des îles” , explique Daniel Monconduit, président de l’association.
    “Concernant le Népal, on fait pas mal d’actions dans les écoles, pour relier les enfants tibétains et népalais à nos enfants. On fait régulièrement des expositions… Et puis, il y a une communauté bouddhiste à Tahiti, qui a forcément été sensible au drame népalais”, poursuit-il.

    Dans un premier temps, l’argent collecté a permis à l’association de venir en aide à trois régions : Sindhupalchowk Piskar à 50 kilomètres  au nord-est de Katmandou, très touché par la catastrophe, Gurkha au nord-ouest de Katmandou, zone montagneuse avec de nombreux morts ensevelis par les avalanches, et la vallée du Langtang. Riz, matériel de survie, vêtements et médicaments ont été délivrés à la population.

    Redonner un toit aux maisons

    “Au début, dans la phase d’urgence, les gens n’avaient plus de riz, puisque les réserves avaient été ensevelies sous les maisons écroulées. Il y avait une pénurie alimentaire. Notre équipe au Népal et un collège de médecine avec qui on est en lien à Katmandou sont intervenus très vite, dès le début auprès de la population”, raconte Daniel Monconduit.
    Une fois l’urgence médicamenteuse, vestimentaire et alimentaire passée, l’association a décidé de centrer son action à Mahageon, situé dans la vallée de Langtang.

    Dans ce village, 13 personnes avaient péri, 18 avaient été blessées et plus de la moitié des habitations avaient été détruites par les tremblements de terre.
    Premier impératif : redonner un toit aux 77 maisons détruites. Près de quatre tonnes de tôles ont ainsi été acheminées jusqu’au village, par Daniel Monconduit lui-même et son équipe népalaise en juillet 2015.
    Deuxième action : la mise en place d’un plan d’aide médicale, au profit de tous les blessés du tremblement de terre. Des soins adaptés ont été apportés à chacun et l’association s’est engagée à prendre en charge les frais des victimes ayant besoin de suivi en réadaptation fonctionnelle ou de visite médicale.

    “Un moment très touchant de cette mission, au cœur de notre plan d’aide médicale, fut la rencontre avec un adolescent de 16 ans, Tigaray, qui nous a été signalé comme étant paralysé. Nous l’avons fait évacuer dès le lendemain vers un hôpital proche de Katmandou pour y passer radios et IRM.”
    La troisième action a été de mettre en place une aide sociale pour les familles endeuillées.

    “Le lien humain face à ce drame a été incontestablement ce qui a le plus touché les villageois. Ils ont réalisé que des familles de France et de Polynésie venaient jusqu’à eux pour leur prendre la main et les soutenir, leur redonner du courage”, précise Daniel Monconduit.
    Une prochaine mission sur place est prévue entre octobre et février prochains, l’objectif étant de revoir les gens, de faire un bilan avec eux de ce qui a été fait et d’étendre l’action de l’association, notamment médicale, aux autres villages de la région.
    Échanges himalayens a reçu les félicitations de l’ambassade de France au Népal, car elle est la seule association dans cette région.

    É.P.

    Où sont passées les aides internationales ?

    Le Népal a touché 420 milliards de francs de la communauté internationale, mais les dissensions politiques sur le contrôle de cette manne ont paralysé sa distribution aux sinistrés. Seules quelques centaines de familles ont reçu l’équivalent de 60 000 F, alors que le gouvernement népalais avait promis 240 000 F pour chaque logement détruit.
    Pour Daniel Monconduit, les fonds versés par la communauté internationale ont été utilisés par le gouvernement en place à d’autres fins et notamment pour payer ses fonctionnaires. Seules les associations qui ont une emprise sur place ont pu mettre en œuvre des actions concrètes, comme cela a pu être le cas avec Échanges himalayens. “Pour les Népalais, cette situation est insupportable. Il y a un an, d’ailleurs, ils interprétaient les tremblements de terre comme étant la colère des dieux face à l’incompétence, aux problèmes de corruption des gouvernants…”, explique Daniel Monconduit, président de l’association.              É.P.

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